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L’hébergement intergénérationnel : partager bien plus qu’un toit

L’hébergement intergénérationnel : partager bien plus qu’un toit
Si la question du logement est un problème récurrent pour les jeunes, les personnes âgées, de leur côté, sont nombreuses à souffrir de solitude. Le réseau de COhabitation Solidaire Intergénérationnelle (COSI) a mis au point une formule innovante. Les jeunes logent « chez l’habitant » selon des modalités avantageuses, apportant au domicile une présence rassurante et conviviale. L’association est lauréate du programme La France s’engage, dont Total est le mécène privé historique*.


 

 

Un maintien à domicile des personnes âgées… dans la joie et la bonne humeur

Au lendemain de la canicule de l’été 2003, en France, Aude Messéan fonde le réseau COSI, pour que les personnes âgées ne restent plus seules à leur domicile. Afin de leur apporter convivialité et joie de vivre, elle leur propose d’accueillir chez eux, lorsqu’une chambre est disponible, un étudiant ou un jeune en recherche de logement. Non seulement le jeune assure une présence quotidienne – tout en gardant sa liberté d’aller et venir pour ses propres activités – mais en outre il s’engage à partager une heure et demie chaque soir, au moment du dîner, avec la personne qui l’héberge.

« À l’époque le courant ne passait plus entre les personnes âgées et les jeunes. On voulait recréer un pont entre les générations. ». Précédemment directrice de casting, Aude Messéan voit dans cette aventure une manière solidaire de mettre en relation des gens par affinités. Le réseau COSI, pour COhabitation Solidaire Intergénérationnelle, étudie chaque profil, chaque demande et les motivations de part et d’autre.

Lorsque le « matching » est réalisé, les deux parties adhèrent à l’association et signent une convention d’hébergement détaillée. Mais il y a derrière cela bien plus qu’un service donnant-donnant. Ce sont avant tout de belles aventures humaines. « On avait un jeune homme, venu pour une année au Conservatoire, raconte Aude Messéan. Il était chanteur lyrique et il cuisinait, il avait même eu des articles dans la presse. Immédiatement j’ai pensé à le présenter à un pharmacien retraité, sujet à des troubles de la mémoire. Le jeune homme a passé un an à cuisiner, à partager sa musique, son temps, à faire attention aux détails. Les petits-enfants débarquaient beaucoup plus souvent pour les repas de famille. Le vieux monsieur l’adorait. »

Contrairement aux idées reçues, les jeunes gens ne tournent pas les talons aussitôt l’hébergement arrivé à sa fin. Tous appellent, écrivent ou retournent rendre visite à la personne âgée avec qui ils ont partagé un temps leur quotidien. « On a beaucoup de belles histoires, et très peu de miscasting. »

Un maillage territorial exponentiel et de nouvelles perspectives de développement

Le réseau COSI compte aujourd’hui trente structures sur le territoire français, y compris en outre-mer. Récemment, l’association a conclu un partenariat avec des bailleurs sociaux. Les jeunes sont logés à moindre coût dans une chambre de service meublée et équipée, et en contrepartie, ils rendent visite aux personnes âgées de leur immeuble. « Certains vont prendre le thé, faire un tour le dimanche, d’autres promener le chien… ils font des activités de convivialité », explique Aude Messéan.

Et COSI ne s’arrête pas en si bon chemin. L’association travaille aussi avec les structures dédiées aux personnes âgées dans les communes. Les mairies mettent à disposition quelques logements dans les établissements, et les jeunes font acte de présence dans les salons communs, notamment le soir et le week-end lorsque les personnes âgées se retrouvent seules. « Ça redonne de la joie et de la fraîcheur ! On fait aussi ça dans les résidences pour personnes handicapées où ça crée une belle mixité, détaille Aude Messéan. On foisonne de projets ! Et on cherche dès maintenant de nouveaux partenaires financiers pour continuer notre action après la fin du programme La France s’engage. »

Le réseau COSI a d’ailleurs trouvé un écho bien au-delà de nos frontières : des structures similaires ont d’ores et déjà été créées en Belgique, au Japon, aux États-Unis et au Canada.

 

(*) Le programme La France s’engage se poursuit aujourd’hui avec la Fondation La France s’engage à laquelle se sont joints trois autres partenaires privés : BNP Paribas, Andros et Artémis.

 

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