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[TRIBUNE] Le train de l’engagement ne restera pas à quai !

[TRIBUNE] Le train de l’engagement ne restera pas à quai !
Je suis entrepreneur social depuis 2008 et je sais que l’engagement solidaire est un sujet qui a besoin d’avocats car jusqu’à récemment, il était un peu accessoire pour les entreprises. Cela fait une décennie que je vois les sujets qui concernent la générosité et la solidarité traités le plus souvent avec méfiance, ou parfois au contraire sans aucune gêne et l’on a vu fleurir les green, pink et bluewashing. Pourtant, en ce printemps 2018, je sens les choses changer et les signaux positifs se cumuler. Le salon PRODURABLE de l’économie durable et de la RSE bat d’ailleurs son plein et pour sa 11e édition rassemble 6 500 visiteurs !  On assiste à l’éclosion d’un engagement collectif, et en premier lieu de celui des entreprises. Le temps de la défiance semble révolu, et trois points essentiels le démontrent : l’engagement est désormais aussi l’apanage des grandes entreprises, il touche toutes les strates et devient protéiforme, et il a des ambassadeurs de talent.


 

L’engagement pénètre toutes les entreprises, de l’ESS au CAC 40

 

L’ESS, inconnue du grand public il y a peu, est en train de grandir et devient enfin visible. Jamais dans les médias on a tant parlé d’associations, d’entrepreneurs sociaux et d’innovation sociétale. Les startupers se sont emparés du numérique pour faire le bien. On parle de tech for good, de social good. Les fondations d’entreprise ont quitté un mécénat sans remou pour partir en quête d’innovation et les ESUS (entreprises solidaire d'utilité sociale), ovnis économiques, ont trouvé avec l’essor des licornes du secteur leurs lettres de noblesse. C’est un cercle vertueux qui se met en place : que toutes les entreprises soient potentiellement engagées va gonfler la voile de tout le secteur de l’économie sociale et solidaire. Il suffit de se laisser porter par le vent positif qui envahit les médias depuis quelque temps. Difficile de ne pas entendre la voix d’Emmanuel Faber, DG du plus gros groupe alimentaire français et précurseur du social business avec Danone communities, militant pour que les entreprises aient une utilité sociale ambitieuse. Emery Jacquillat est en train d’écrire une success-story à la française avec la reprise de la Camif dont il fait, avec ses équipes, une entreprise à mission, son objet social s’inscrivant désormais dans les statuts. Dans la même veine, citons les labellisés B-corp, communauté de pionniers souhaitant renforcer l’exigence du principe d’entreprise “citoyenne” qui a débarqué en France. Et de très grandes banques font de l’engagement un des piliers de leur stratégie, comme  BNP Paribas, financeur d’une start-up française sur trois, qui vient de créer une direction de l’engagement. Son pilote, Antoine Sire, est membre de son comex : le symbole est fort. Le mouvement est puissant, dans le fond comme dans la forme : c’est le signe que l’intérêt général, le désir d’engagement, qu’on croyait réservé aux acteurs de l’économie sociale et solidaire, se diffuse – enfin – dans les plus hautes sphères de l’entreprise.

 

Maintenant l’engagement touche toutes les strates de l’entreprise

 

Le temps de l’engagement, on l’a senti arriver depuis quelques années par le spectre de microDON. Il y a neuf ans, nous avions importé L’ARRONDI solidaire en France. Cela a permis à des millions de Français de faire plus de 18 millions de dons. Les besoins des entreprises ont changé, leurs pratiques aussi. C’est en étant à l’écoute que nous avons innové en lançant l’arrondi sur salaire et en facilitant le don de temps avec notre plateforme qui regroupe toutes les formes d’engagement solidaire destinées aux collaborateurs des entreprises (mécénat de compétences, journée solidaire, intrapreneuriat social, congé de solidarité...) –  plus d’1 collaborateur sur 2 souhaite s’investir dans les initiatives RSE de son organisation*. La performance sera solidaire ou ne sera plus, et c’est pour simplifier la gestion et le déploiement d’actions de mobilisation des collaborateurs en entreprise afin de maximiser leur impact RSE, crucial, que nous avons conçu cet outil. Il répond à un réel besoin, et fait déjà ses preuves dans des structures engagées comme la MAIF ou Bouygues Telecom. Et ce n’est que le début ! Ce n’est qu’une question de petites années pour que ces dispositifs se déploient à grande échelle afin de permettre à chacun de s’engager comme c’est largement le cas outre-atlantique.

 

L’engagement français a enfin des ambassadeurs de talent

 

Nous le constatons tous les jours : cet engagement global, ce n’est plus une promesse, c’est une pratique. Ce vent de l’engagement est porté par des ambassadeurs dont la France peut être fière. Alexandre Mars, entrepreneur à succès, s’est converti à la philanthropie. Il a décidé de faire du don la norme avec l’Epic Foundation, son véhicule de la venture philanthropy. Il y a vraiment, en ce début 2018, un alignement des étoiles et une énergie positive des pouvoirs publics avec la création d’un accélérateur de l’innovation sociale et le lancement de la bannière French Impact par le gouvernement. Comme du secteur privé avec le lancement du #MEB, le mouvement pour une économie bienveillante, qui en est une illustration parlante. Clara Gaymard concilie avec Raise l’intérêt général et l'entrepreneuriat. À travers son mouvement #MEB, elle fait le pari de l’économie bienveillante.

 

Alors oui, le temps de l’engagement solidaire est venu, et il s’accompagne d’une bienveillance : celle de l’économie sur les hommes et l’environnement qui l’entourent. Et celle que nous devons tous mettre en oeuvre afin d’inverser la suspicion ambiante pour voir ces signaux positifs réels qui s’expriment à tous les niveaux de l’entreprise et annoncent, cette fois, un réel changement de paradigme.  



 

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