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[HORS-FRONTIÈRES] Volontariat et mécénat de compétences au Royaume-Uni

[HORS-FRONTIÈRES] Volontariat et mécénat de compétences au Royaume-Uni
La Grande-Bretagne est le pays où le fundraising et le secteur non-marchand sont les plus développés d’Europe. Mais dans un État qui compte 42 % de bénévoles, comment se portent le mécénat et le bénévolat de compétences ? Malgré les 7 % de Britanniques ayant réalisé du bénévolat dans le cadre de leur emploi, quels progrès restent à faire ?


42 % de bénévoles au Royaume-Uni

En dehors de leur emploi, les Britanniques sont très nombreux à se porter volontaires auprès d’associations. 14,2 millions de Britanniques ont ainsi donné de leur temps au moins une fois selon le UK Civil Society Almanac de 2016. Cela représente 42 % des personnes âgées de plus de 16 ans dans le pays, un chiffre stable depuis 2001. Une fois valorisé, ce temps représenterait 23,9 milliards de livres sterling par an (1,5 % du PIB). Le volontariat “informel” (l’aide de personne à personne sans passer par une association) est aussi quantifié par le même sondage et serait pratiqué “au moins une fois par an” par 59 % de la population. Dans ce cadre, les entreprises sont de plus en plus nombreuses à proposer des programmes de bénévolat. 7,4 % des répondants ont pris part à un programme de ce type une fois au cours de l’année écoulée, un chiffre qui a presque doublé depuis 2009/2010.

 

93 % des associations ont besoin de mécénat de compétences

Dans ce cadre, l’étude récemment rendue publique par le cabinet de conseil Three Hands permet de mettre en lumière les aspects les plus intéressants de ce type d’échange associations/entreprises. En premier lieu, il faut souligner que le besoin de volontaires est ressenti par les associations répondantes comme extrêmement élevé. En effet, 93 % des associations déclarent avoir besoin de volontaires. Une demande en hausse de 11 points par rapport à l’étude de 2015. Les associations sont pourtant moins nombreuses à en recevoir qu’en 2015 : 75 % des répondants sont concernés, soit un repli de 7 points.  Dans ce contexte, deux tiers des associations répondantes ont déclaré vouloir recevoir davantage de bénévoles et une sur cinq déclarait ne pas s’être vu proposer d’aide. Les organisations de petite taille ou principalement implantées dans les zones rurales sont les premières à ressentir le manque de bénévoles.

 

Une offre et une demande qui peinent à se rencontrer

Au-delà des difficultés d’accès au mécénat de compétences, les besoins des associations ne rencontrent pas nécessairement les propositions des entreprises. En effet, ces dernières offrent principalement des opportunités de travail en équipe sur des tâches “non-qualifiées” (unskilled NDLA) type peinture ou jardinage. Si ce type de volontariat est demandé par 80 % des organisations, les associations identifient davantage de besoins dans les domaines du fundraising (51 %) ou de la passation de connaissances (47 %). Si cette seconde compétence est la deuxième plus offertes aux associations, l’offre ne couvre que 50 % de la demande. Au-delà des compétences, le format est aussi sujet à question : alors que 57 % des associations recevant du mécénat de compétences souhaiteraient se voir offrir un soutien dans la durée, elles ne sont que 20 % à en recevoir. Enfin, quand demande et offre correspondent, elles ne se rencontrent pas toujours : 50 % des associations ayant besoin de volontariat ponctuel ne s’en voit pas proposer.

 

 

Pourquoi recevoir du bénévolat d’entreprise ? Des motivations disparates

Pour ce qui est des motivations des associations qui souhaitent recevoir du mécénat/bénévolat de compétences, la première est avant tout l’espoir d’un engagement plus important de l’entreprise dans le projet associatif (51 %). Ces associations vont jusqu’à déclarer qu’elles accepteraient des missions même si les besoins n’étaient pas pressants. Aux second et troisième rang viennent des motivations plus attendues : les compétences issues de l’entreprise sont particulièrement bénéfiques à l’association (40 %) ou à ses bénéficiaires (28 %). Autre bénéfice, les volontaires permettent de “lever le nez du guidon”. Comme le souligne un répondant: “lLes organismes de bienfaisance sont souvent très axés sur le service rendu et les ressources sont limitées. Ils peuvent avoir peu de temps pour examiner de nouvelles idées ou des changements de processus - c'est là que les volontaires peuvent fournir une aide inestimable.

 

Le coût du mécénat de compétences

Si le mécénat de compétences apporte une réelle plus-value aux deux types d’acteurs, les associations pointent néanmoins le coût de ces opérations. 46 % considèrent qu’elles mobilisent des ressources “considérables” pour manager des volontaires d’entreprises et 7 % s’estiment même perdantes dans le processus. Ainsi, 40 % des associations déclarent ne pas avoir les ressources suffisantes pour encadrer davantage de volontaires, un chiffre qui a doublé en deux ans. Dans ce contexte, il apparaît que les associations sont de plus en plus nombreuses à faire payer les entreprises pour des opérations de ce type et notamment celle impliquant des tâches non-qualifiées. Que ce soit pour couvrir les coûts liés (20 %) ou pour lever davantage de fonds (10 %), l’étude identifie cette tendance comme possiblement structurante pour le secteur.

 

Deux mondes qui doivent encore apprendre l’un de l’autre

En conclusion, le rapport de Three Hands pointent les apprentissages réciproques qui restent à réaliser. La compréhension mutuelle des besoins (42 % des associations n’ont pas une idée claire de ce que les entreprises peuvent leur apporter) et des apports possibles (pourquoi vouloir se faire peintre si vous êtes notaire ?) reste à développer. Communication, transparence et buts fixés en communs sont les clés d’une bonne collaboration.

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