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[FOOTBALL DAY] La pollution, persona non grata des terrains de football

[FOOTBALL DAY] La pollution, persona non grata des terrains de football
À chacun son match. Pour Greenpeace, la compétition se joue aussi sur les terrains de football, mais avec d’autres acteurs : les pouvoirs publics. Alors que la France a récemment été renvoyée devant la Cour de Justice de l’UE pour le non-respect des normes de qualité de l’air (40 µg/m3 en moyenne d’émissions de particules fines PM10 et de dioxyde d’azote, ou NO2), l’ONPI en remet une couche en dévoilant ce mois de juin 2018 un rapport détaillé sur la présence de NO2 dans les stades de football. Déjà épinglées par l’Union Européenne, Marseille, Paris et Lyon sont cette fois-ci dans le viseur de l’organisation, qui a relevé des taux inquiétant de polluants atmosphériques sur plusieurs de leurs terrains de football. Greenpeace demande aux responsables politiques de s’emparer une bonne fois pour toutes du sujet.


 

La pratique sportive entachée par les risques liés à la pollution

 

Un rapport de Greenpeace sur l’exposition des sportifs aux polluants atmosphériques dans trois grandes villes de France, Paris, Lyon et Marseille, a été dévoilé ce mois-ci en marge de la Coupe du monde de football. L’ONGI a mesuré les concentrations de dioxyde d’azote “aux abords immédiats” de six terrains de football au cours de sessions de mesures de deux heures. Le constat est pour le moins alarmant : une très grande majorité des résultats se situent au-dessus de la “valeur limite annuelle” imposée par l’Union Européenne. Cerise sur le gâteau ? La présence de NO2 indique celle d’autres polluants tout aussi nocifs comme les particules fines. Si Greenpeace précise qu’il ne s’agit pas d’un dépassement sur l’année mais plutôt d’une “photographie” à des instants clés du quotidien de la pollution urbaine, la situation reste préoccupante. D’autant plus que la pratique sportive rend les personnes plus vulnérables aux méfaits du NO2, celles-ci pouvant alors “inhaler 4 à 10 fois plus de polluants atmosphériques” qu’au repos. “À l’état de repos, l’être humain ventile en moyenne 15 000 litres d’air par jour, détaille le Dr Gilles Dixsaut, médecin hospitalier AP-HP et président du comité francilien contre les maladies respiratoires. Quand on fait du sport, ce volume peut être multiplié par quatre de manière assez courante, ce qui fait qu’on va mécaniquement inhaler plus de polluants. (…) Aujourd’hui, faire du sport dans nos grandes villes, à proximité immédiate du trafic, présente des risques en termes de santé respiratoire : c’est tout particulièrement vrai pour les sports intenses qui impliquent de courir.”

 

Greenpeace veut alerter les pouvoirs publics

 

Greenpeace appelle donc les pouvoirs publics à agir, et vite. Comment ? En restreignant le trafic routier en ville et en encourageant les usagers à opter pour les transports en commun. L’urgence est réelle pour l’ONGI, qui rappelle que le dioxyde d’azote est responsable de plus de 8 000 morts prématurées en 2013*, les conséquences sur la santé pouvant aller de l’asthme au déclenchement de naissances prématurées, mais également de problèmes cardio-vasculaires et de cancers. “[Il faut] d’agir sur les causes structurelles de la pollution de l’air, au premier rang desquelles le trafic routier, explique Sarah Fayolle, chargée de campagne Climat et Transports à Greenpeace France. Les responsables politiques des grandes villes et agglomérations, les maires en particulier, ont le pouvoir et le devoir de rendre nos villes plus respirables en les libérant progressivement, mais rapidement, des voitures individuelles, diesel d’abord, puis essence. Ils doivent promouvoir les alternatives : transports en commun et vélo en tête.”

 

*Source : Agence européenne de l’environnement

 

 

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