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[SEXO] Sometimes, film poignant de sensibilisation au SIDA diffusé sur Netflix

[SEXO] Sometimes, film poignant de sensibilisation au SIDA diffusé sur Netflix
"Ce film est un travail de courage, le seul qui ose s'attaquer à un sujet aussi impopulaire", annonce la 74e édition des Golden Globe Awards où le long-métrage concourait au titre du meilleur film en langue étrangère. Huis-clos poignant mettant en scène un petit groupe de personnes confinées ensembles dans une salle d'attente, le film portrait le SIDA dans un canevas sociopolitique large voulant identifier le public au rejet qu'inspire la séropositivité. Sila Samanyangalil, titre original du film, prend place en Inde, dans un pays qui occupe la troisième place en termes de prévalence du virus du VIH dans le monde, avec plus de deux millions de personnes atteintes.



 

Le message : le virus du SIDA ne résulte pas nécessairement de la promiscuité sexuelle

 

Ils sont huit hommes et femmes d'âges et de milieux sociaux différents, dans la salle d'attente aseptisée d'une clinique bengalaise. Pour lutter contre l'interminable attente de leurs résultats au test ELISA, chacun opte pour des stratégies de fuite différentes, à l'instar de Bala, qui trouble l'anxiété générale en bavardant inopinément avec le groupe. Peu à peu, les langues vont se délier et le tabou se lever pour laisser place au témoignage.

 

Dans le microcosme créé avec brio par Priyadarshan, chaque personnage incarne un parcours de vie différent, comme cet avocat blessé par balle lors d'un procès ayant reçu plusieurs litres de sang potentiellement contaminé, ou ce jeune marié dont la précédente compagne, infirmière de profession, est récemment morte du virus du SIDA. Le film est fréquemment ponctué d'informations, relayées subtilement par les protagonistes, à propos des modalités de transmission du VIH ainsi que ses symptômes.


 

"Tout le monde est sauf, à l'exception de l'un d'entre vous"


 

Le petit groupe surprend, de l'autre côté du mur, la secrétaire médicale multipliant les appels téléphoniques afin de résoudre un problème financier majeur et urgent. Le groupe a alors l'idée de lui proposer un important pot-de-vin afin de connaître en avance les résultats de leurs tests. Après beaucoup d'hésitation, celle-ci finit par accepter, mais sa réponse ne vient aucunement à bout de la tension générale : "Tout le monde est sauf, à l'exception de l'un d'entre vous", souffle-t-elle sans aucune autre indication. À l'issue de la journée, chacun est appelé, tour à tour, pour s'emparer de sa feuille de résultats. Le spectateur scrute, à l'instar des autres patients, les réactions des protagonistes à la lecture du compte rendu. Le compte à rebours vers une possible sentence mortelle prend place.


 

Le virus du SIDA en Inde : problématique nationale qui mobilise les acteurs du cinéma engagé


 

En abordant le sujet particulièrement tabou du SIDA en Inde, le scénariste et réalisateur multi-primé Priyadarshan veut avant tout lutter pour la réhabilitation sociale des personnes séropositives, dans une société où la vie sexuelle est un sujet de honte et les rapports hors-mariage un prétexte de mise au ban. Le film, OVNI du cinéma indien qui se passe de musique chorégraphiée, vise à sensibiliser le public au rejet que suscite la séropositivité en diffusant un message clair : le VIH peut toucher n'importe qui.

 

Un message particulièrement important dans le pays. L’Inde occupe la troisième place en termes de prévalence du virus, alors que près de la moitié des personnes touchées l'ignorent : c’est ce que souligne le réalisateur à la fin du film, avec l'appui de la National AIDS Control Organisation.



 

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