[BEST-OF] La philanthropie hors-frontières vue par William Renaut

[BEST-OF] La philanthropie hors-frontières vue par William Renaut
Les secteurs du mécénat et de la philanthropie sont en perpétuelle évolution. Si la France est un pays qui regorge de spécificités dans ces domaines, qu'en est-il de nos voisins européens, et au-delà, de la philanthropie autour du monde ? Chaque mois, William Renaut dresse le portrait des us et des coutumes en dehors de nos frontières.


 

Philantrumpie ! La philanthropie nord-américaine à l'heure post-électorale


 

L’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis d’Amérique a été une surprise pour de nombreux observateurs. Élément nouveau cette année : l’attention portée aux activités philanthropiques des candidats. On peut dire qu'en la matière, Donald Trump possède des pratiques bien à lui. Au-delà de ces questions, c’est tout l’écosystème libéral américain qui a été pris au dépourvu. Parfois sous le feu des critiques pour entreprendre des actions qui ne rentrent pas dans le cadre des politiques décidées par les états où ils interviennent, les philanthropes américains voient aujourd’hui la question se poser avec une acuité nouvelle. Mais le problème pourrait aller au-delà du débat sur l’aspect parfois anti-démocratique de la philanthropie, laquelle reste une affaire privée.


 

À l'ombre des sakuras en fleurs, point d'association... Portrait de l'intérêt général au Japon


 

La France compte environ 1 300 000 associations. Le Japon, pays deux fois plus peuplé, à peine 50 000. Comment la 4e puissance économique mondiale peut-elle avoir un troisième secteur aussi embryonnaire ? Cela est déjà moins surprenant quand l’on sait que ces organisations n’avaient aucune existence légale avant 1998 et le vote d’une première loi sur la question. L’élan de solidarité suscité par le tremblement de terre de Hanshin en 1995 ou par des scandales sanitaires ont aidé au développement de la société civile japonaise. Une méconnaissance globale des organismes sans buts lucratifs et l'incertitude sur les mots qui les désigne s’accompagnent d’un manque de confiance criant dans ce type de structure, qui se traduit également dans le peu de dons réalisés.


 

La philanthropie au pays des kangourous : focus sur le géant Australien


 

Comment, combien et à qui donne un pays-continent ? Si les clichés d'un pays de surfeurs et de kangourous ont la vie dure, l'Australie est aussi un de la générosité : elle est systématiquement classée parmi les pays les plus généreux au monde par le World Giving Index. Spécificité locale, les entreprises australiennes donnent plus que les individus ! Ainsi, 70 % des entreprises de moins de 200 salariés donnent pour 95 à 99 % des moyennes et grandes entreprises. Il faut aussi souligner que les très grandes entreprises australiennes (0,2 % du secteur) donnent pour plus de 50 % du total : 9 milliards de dollars australiens.


 

Pologne : l'Européenne aux 18 000 fondations


 

Entrée dans l’Union européenne en 2004, la Pologne est alors le plus important des nouveaux entrants par la taille et la population. Avec des fondations créées dès le 17e siècle et une histoire de philanthropie très riche, le pays voit sa générosité se développer très rapidement. Le pays, sorti de l’URSS il y a 30 ans, où l’ensemble des biens des fondations avaient été nationalisés par décret en 1952, compte aujourd'hui plus de fondations que la France, la Belgique et l’Italie réunis ! Mais derrière les dons et les mécanismes de déduction fiscale, quelle est la réalité du complexe philanthropique polonais ? S’il connaît un développement important, des besoins de structuration semblent néanmoins caractériser un secteur philanthropique polonais parmi les plus dynamiques d’Europe.


 

God Save The Bénévolat ! Quid du mécénat de compétences au Royaume-Uni ?


 

La Grande-Bretagne est le pays où le fundraising et le secteur non-marchand sont les plus développés d’Europe. Mais dans un État qui compte 42 % de bénévoles, comment se portent le mécénat et le bénévolat de compétences ? Le besoin de volontaires des associations est extrêmement élevé : 93 % d'entre elles déclarent vouloir recevoir davantage de bénévoles. Au-delà des difficultés d’accès au mécénat de compétences, les besoins des associations ne rencontrent pas nécessairement les propositions des entreprises. Ces dernières offrent principalement des opportunités de travail en équipe sur des tâches “non-qualifiées” alors que les associations identifient davantage de besoins dans les domaines du fundraising ou de la passation de connaissances.


 

Qu'est devenu l'Or du Rhin ? Enquête sur la philanthropie allemande


 

Saviez-vous que Hambourg compte plus de 1 300 fondations sur son territoire ? Que le dynamisme de sa philanthropie fait de l’Allemagne l’un des leaders mondiaux sur ce sujet ? Avec un ratio de 24 fondations pour 100 000 habitants, le réseau des fondations allemandes est extrêmement large, mais c'est aussi le plus riche avec près de 100 milliards d’euros sous gestion. Les pratiques privées sont également différentes, avec une usage massif du legs, qui dépasse à présent l'ensemble des dons. Si le dynamisme du secteur est indéniable, le poids de l’histoire l’est aussi et, si le rideau de fer est tombé, celui-ci est encore bien visible sur le plan philanthropique. L’ancien ouest du pays compte 37% de donateurs et l’Est 27%, pour seulement 7% des sièges de fondations.


 

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