[ÉCLAIRAGE] Appropriation des ODD par les acteurs non-étatiques : rapport 2018

[ÉCLAIRAGE] Appropriation des ODD par les acteurs non-étatiques : rapport 2018
Trois ans après l'adoption des Objectifs de Développement Durable (ODD), le rapport publié par le Comité 21 dresse le tableau de leur appropriation par les acteurs non étatiques français, avant la première grande évaluation par l'ONU, en 2020, au tiers du parcours. Le premier rapport publié en 2017 portait le constat assez mitigé d'une connaissance modeste et lacunaire des ODD par les acteurs non étatiques. De nombreuses contributions témoignent d'un besoin croissant de leviers intermédiaires pour poursuivre la lancée.




 

En France, la mobilisation de l'État est tangible. Le Comité interministériel de la coopération internationale et du développement (CICID) a d'ores et déjà décidé du nouveau cadre politique de mise en oeuvre de l'Agenda 2030. Élaboration d'une feuille de route, création d'un comité de pilotage interministériel pour poser les bases de la stratégie française 2020-2030, mise en cohérence des indicateurs de performances budgétaires avec les ODD... Ces décisions répondent à plusieurs rapports souhaitant une impulsion politique forte pour la mise en oeuvre des ODD.

 

Le rapport sur leur appropriation par les acteurs non étatiques se situe dans la double perspective d'être un complément au rapport officiel de la France pour l'évaluation par l'ONU, et de contribuer à l'élaboration de la feuille de route nationale décidée par le CICID en février 2018. Cette édition, dressée trois ans après l'adoption des ODD en 2015, succède à un premier rapport paru en 2017. Élargi à de nombreux acteurs et contributeurs, il présente la particularité novatrice d'une approche par types d'acteurs plutôt que par catégories d'ODD, favorisant ainsi les partenariats souhaités par l'ODD17.


 

Les ODD sont-ils objet de consensus social chez les acteurs non-étatiques ?

 

 

Pour les collectivités territoriales, on constate, trois ans après la réforme, une assimilation progressive, néanmoins contrariée par les questions budgétaires subséquentes qui semblent freiner toute prise en charge de nouveaux enjeux. On relève, à l'origine de ce constat, un déficit de portage politique de certaines associations d'élus. Il est globalement rapporté la nécessité de leviers intermédiaires. L'État s'étant toutefois mis en ordre de marche, on peut espérer un embrayage consécutif des collectivités.

 

Pour les entreprises et le secteur privé, l'appropriation semble plus manifeste, notamment facilitée par l'effet COP 21 et la prise de conscience émergente "d'opportunités business". On observe par ailleurs quatre niveaux d'intégration : l'affichage marketing, le reporting, le dialogue parties prenantes, et l'élaboration de nouveaux produits et services ODD. Mais, à l'image des collectivités, cette stratégie doit être consolidée par la montée en puissance de niveaux intermédiaires, particulièrement nécessaires pour les PME/ETI qui restent largement imperméables au mouvement d'appropriation des ODD.

 

Pour les établissement d'enseignement supérieur, les ODD sont un terreau fertile encore à cultiver. L'enjeu de la prise en compte de l'Agenda 2030 n'est pas seulement l'information mais aussi la mobilisation. L'intégration des ODD au système éducation et au monde de l'enseignement est l'une des priorités mises en avant.

 

Pour les associations, la reconnaissance du rôle crucial des ONG pour l'appropriation est soulignée : communication auprès du Grand Public, mobilisation de différents réseaux, tiers de confiance de l'action des pouvoirs publics... Il est néanmoins fait le constat d'une disparité entre les ONG "averties" et celles qui expriment certaines réticences. Là encore, l'importance des corps intermédiaires est mentionnée pour développer des outils méthodologiques ou de sensibilisation.

 

En somme, malgré ces progrès manifestes bien qu'inégaux, il reste encore difficile de répondre précisément à la question posée de l'impact réel de l'Agenda 2030 sur les comportements des acteurs non-étatiques.


 

Des initiatives concrètes et systémiques soutenues par le langage "commun" des ODD


 

Le rapport présente un certains nombre d'initiatives et de bonnes pratiques. Le caractère systémique des ODD, leurs interrelations, leur complexité intrinsèque apparaissent dans nombre d'entre elles. Elles constituent, pour les contributeurs, un socle de langage commun par la vision intégrée et le partage qu'elles induisent.

 

Il reste néanmoins complexe de discerner ce qui ressort de l'impulsion donnée par les ODD de celle émanant de la mise en oeuvre des politiques et des actions traditionnelles. On peut néanmoins affirmer qu'elle apporte de la "lisibilité à la transformation", d'ailleurs inscrite dans l'intitulé de de l'Agenda 2030, ce qui n'est pas le moindre des facteurs de l'acculturation par l'exemple.


 

Appropriation de l'ODD 17


 

Constante du rapportage annuel des pays devant les Nations Unies, sa qualité transversale en fait un pilier de l'appropriation et de la mise en oeuvre des ODD thématiques. Dans cet esprit, le rapport 2018 sur l'appropriation des acteurs non-étatiques met en lumière l'importance des niveaux et corps intermédiaires pour faire valoir l'idée d'une "co-construction du bien commun", qui inspirera sans nulle doute la Feuille de route nationale de mise en oeuvre des ODD.

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