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[ENTRETIEN] Sylvaine Parriaux, déléguée générale d’Admical

[ENTRETIEN] Sylvaine Parriaux, déléguée générale d’Admical
“Bâtir l’Europe des mécènes”. Le projet est ambitieux, mais Sylvaine Parriaux, qui a rejoint Admical en 2010, est confiante. La troisième édition du Mécènes Forum, qui se tiendra le 11 octobre 2018 au Collège de France à Paris, réunira pour sa “première édition européenne à grande échelle” plus de 80 intervenants s’exprimant dans dix langues différentes. Vraie preuve de cette volonté de dépasser les frontières, un village européen a été monté avec des partenaires belge, luxembourgeois, italien et allemand, pensé comme un lieu de rencontre et d’échange entre homologues européens. Autre grande ambition de cette édition, le Mécènes Forum souhaite que l’évènement serve de catalyseur pour faire naître des passerelles entre les acteurs du mécénat et accompagne le passage à l’action.


 

Pouvez-vous nous présenter le Mécènes Forum ?

 

Admical souhaite faire du mécénat un vrai sujet de société, et lui donner une nouvelle ampleur. Pendant une journée et grâce à différents types d’intervenants, c’est le rôle du Mécènes Forum. Aujourd’hui, la société a vraiment besoin du mécénat. Avec la loi PACTE, nous allons vers des entreprises dites responsables, et le mécénat est une partie intégrante de cette vision de l’entreprise “encastrée” dans la société et responsable de l’ensemble de ses parties prenantes. Le Mécènes Forum n’est pas une fin en soi, mais il introduit de nouveaux débats et des pistes de réflexion. C’est un endroit d’échange et de rencontres, qui cette année aura particulièrement vocation à devenir un laboratoire d’innovation et de passage à l’action. Nous souhaitons susciter le débat et la réflexion pour que les acteurs de l’engagement s’en emparent et avancent ensuite sur ces sujets.

 

Pourquoi avoir choisi le sujet de l’Europe ?

 

L’Admical a revu sa feuille de route en 2015. Pour les premières années, nous voulions nous concentrer sur des actions menées sur le territoire national. Nous entrons aujourd’hui dans la deuxième phase, avec l’ambition de dépasser les frontières du pays. Le développement du mécénat passe par la prise en compte des enjeux européens : la problématique climatique par exemple ou la crise migratoire. Par ailleurs, il existe un vrai mécénat “à la française” que nous souhaitons faire rayonner au niveau européen. D’un point de vue politique, les élections européennes auront lieu l’an prochain, il est donc judicieux de fluidifier la philanthropie à l’échelle européenne si l’on veut porter des choses auprès de la Commission Européenne et des pouvoirs publics d’ici 2019.  

 

Quelles sont les grands enjeux du mécénat à l’heure de l’Europe ?

 

Le mécénat européen a une vraie identité, mais qui manque de structure et de notoriété. Une table ronde sera consacrée à cette question en début de matinée, “L'Europe des mécènes : une culture à révéler, un cadre à construire”. Nous sommes dans une culture constante de comparaison par rapport à la philanthropie anglo-saxonne, mais il faut élargir cette vision et l’élargir aux autres pays voisins. Le rôle de l’état par rapport au développement de la philanthropie est également un sujet clé que l’on abordera en filigrane, notamment à travers l’intervention de Kerstin Jorna (directrice générale adjointe de la branche Affaires Économiques et Financières de la Commission Européenne) ou l’éclairage de Pierre Rosanvallon en fin de matinée.

 

Quels sont les grands éléments de la programmation de cette troisième édition ?

 

Sur la forme, le Mécènes Forum s’articule autour de quatre temps : des débats, des interventions inspirationnelles, la production d’innovations et le partage de connaissances.  Nous présenterons également les résultats de notre baromètre du mécénat d’entreprise en perspective avec d’autres études européennes. La matinée sera donc consacrée en grande partie à cette question de l’identité du mécénat à l’échelle européenne et aux questions d’innovations, alors que l’après-midi sera davantage un temps de réflexion autour du passage à l’action avec un point important sur la cause des réfugiés. Le défi migratoire est un exemple typique d’un enjeu que l’on ne peut pas régler à l’échelle nationale. Nous avons choisi cette thématique forte et symbolique pour réfléchir de façon concrète à l’émergence d’un mouvement, de synergies ou actions communes entre les acteurs déjà impliqués, et on l’espère, d’autres qui ne le sont pas encore. A travers une table ronde autour du mécénat territorial, une réflexion autour de l’objet social de l’entreprise, nous en profitons pour infuser notre volonté de faire rayonner les pratiques françaises à l’échelle européenne. Nous souhaitons mobiliser l’écosystème du mécénat, politiques, mécènes comme porteurs de projets. C’est ensemble que l’on se construit. Sans les comités de travail et des échanges permanents avec nos partenaires, nous n’aurions nous non plus pas pu monter cette 3e édition du Mécènes Forum et devenir ce rendez-vous annuel qui provoque l’échange et la réflexion.


 

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