[Interview] La Fondation SNCF, mécène de la culture dans les territoires

[Interview] La Fondation SNCF, mécène de la culture dans les territoires
Amener la culture au cœur des territoires, partout et pour tous. Telle est l’ambition de la Fondation SNCF qui souhaite, par son mécénat, favoriser la création artistique mais aussi faciliter l’éducation à l’art et la pratique culturelle de tous les publics. La fondation s’appuie pour cela sur l’ancrage territorial du Groupe SNCF et l’implication des salariés. Marianne Eshet, déléguée générale de la Fondation SNCF, explique en quoi l’axe d’intervention Culture et le travail en coconstruction avec les porteurs de projets répondent aux besoins de notre société et participent à la formation des citoyens de demain.


 



 

Pourquoi la Fondation SNCF intervient-elle sur les sujets de culture dans les territoires ?

 

Comme l'entreprise SNCF couvre tout l’Hexagone, le travail de la fondation ne peut être que territorial ! Notre action est donc logiquement une réponse à des besoins locaux.

Les publics bénéficiaires de notre mécénat sont éloignés de la culture pour des raisons sociales ou géographiques. Pourtant, la culture est au cœur de l’éducation et des apprentissages. Elle permet de construire la citoyenneté, l'ouverture au monde et aux autres.

Ainsi, notre action en faveur de la culture pour tous fait écho à la raison d'être de la Fondation : « Pour mieux vivre ensemble ». Une raison d’être qui s’exprime également à travers les autres champs d’action de la Fondation, l'éducation et la solidarité et ses trois leviers : la coconstruction, l’ancrage territorial et l’implication des salariés.



 

Comment l'axe Culture est-il porté par la Fondation SNCF dans les territoires ?

 

L’apport de la fondation n'est pas seulement financier, c'est un travail de coconstruction qui s’installe dans la durée. Nous avons régulièrement avec nos partenaires des échanges nourris qui nous permettent d'appréhender les perspectives, mais aussi les difficultés rencontrées. Réciproquement, les associations ont besoin de notre recul et de notre vision apportée par le monde de l'entreprise. Nous sommes à un poste d'observation privilégié ! Connaissant les acteurs dans leur globalité, nous pouvons ainsi aiguiller des mises en relation et initier des projets communs. Notre priorité est de soutenir les projets qui réunissent sur un territoire les publics privés, publics et citoyens. Ces alliances sont nécessaires et salutaires.

L’engagement des salariés SNCF est transverse et nourrit toutes les actions menées, en bénévolat et mécénat de compétences. Une illustration : Via Ferrata, une classe préparatoire publique aux examens et concours d’entrée dans les établissements supérieurs d’enseignement artistique. 10 salariés SNCF coachent  en fin d’année les 20 étudiants et les préparent aux oraux. Les retours sont positifs pour les deux parties !

 

Vous avez animé, lors du Mécènes Forum, la table ronde « Culture, créer avec et dans les territoires, une affaire de volonté » . Pourquoi avoir choisi ce titre ?

 

Le titre de cette table ronde souligne que rien n'est simple dans la coconstruction, du fait de la diversité des acteurs et de la variété de leurs problématiques. J'ai souhaité inviter trois grands partenaires de la fondation qui agissent sur leur territoire,  chacun d'une façon différente. Les Concerts de poche se déploient partout. Ils s'installent pendant quelques semaines dans des petites communes pour y préparer des concerts de grande qualité. La Fabrique Opéra travaille quant à elle avec des villes, par exemple Grenoble, Orléans, Colmart ou Mulhouse. Elle fabrique, comme son nom l'indique, un opéra pendant six mois en mobilisant des élèves de lycées professionnels sur les aspects techniques et logistiques du spectacle. Enfin, Le Plus petit cirque du monde est localisé à Bagneux (Hauts-de-Seine) et il essaime en Ile-de-France. En construisant son cirque en bois et en accueillant spectacles et formations, il est devenu un partenaire de la ville pour la transformation urbaine. Ces trois beaux projets montrent que quand il y a une jonction de volonté, des initiatives inspirantes voient le jour.


 

Quels sont vos défis en tant que mécène dans les territoires ?

 

Privilégier le soutien à des actions également réparties dans les territoires pour combler plus efficacement les inégalités. Par exemple, Les Concerts de poche qui vont dans des lieux où personne ne va.

Identifier des partenaires divers en termes de discipline artistique (théâtre, musique, opéra, arts plastiques…).

S’inscrire dans la durée est essentiel, c’est pourquoi nous nous engageons dans des partenariats de trois à cinq ans. Les associations ont besoin d'équilibre alors qu’elles sont fragilisées par la diminution des subventions publiques.
Aux côtés des autres mécènes, contribuer à rendre accessible la culture au plus grand nombre quand seuls 17% des Français ont vu un spectacle vivant. Un vrai défi !

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