Kering et FACE mobilisent les entreprises contre les violences faites aux femmes

Kering et FACE mobilisent les entreprises contre les violences faites aux femmes
François-Henri Pinault (Kering) et Gérard Mestrallet (Fondation Agir Contre l’Exclusion), espèrent une transition historique. Ensemble, ils présentaient le 9 novembre le réseau “Une femme sur trois”, destiné à mobiliser et outiller les entreprises dans leur démarche de prise en charge des salarié(e)s victimes de violences. Ce projet s’inscrit dans l’initiative européenne CEASE, cofinancée par la DG Justice de la Commission Européenne et portée par FACE, Pour la Solidarité, ainsi que l’entreprise belge DIESIS et l’ONG grecque CSR Hellas. Les représentants de L’Oréal, Carrefour, Korian, SNCF, BNP Paribas et Lagardère à travers la fondation d’entreprise ELLE, sont les premiers signataires de la charte.


 

 

Un réseau européen d’entreprises pour lutter contre les violences faites aux femmes

 

 

Une femme sur trois, c’est le pourcentage de femmes victimes de violences physiques et/ou sexuelles au moins une fois dans leur vie*. Des violences qui ont également des conséquences économiques, puisqu’elles se chiffreraient selon une étude du EIGE (European Institute of Gender Equality) de 2014 à plus de 226 milliards d’euros de perte répartis entre les entreprises privées (production économique due aux absences, baisse de productivité ou même décès de la victime), les services publics (services médicaux, légaux et sociaux) et les victimes (impact physique et émotionnel).

 

Un an après le mouvement #METOO, sept grands dirigeants d’entreprises et de fondations (La Fondation Kering, Korian, L’Oréal, BNP Paribas, Carrefour, SNCF et Lagardère à travers la Fondation ELLE) se sont réunis le 9 novembre au siège de Kering, initiateur du projet avec la Fondation Agir Contre l’Exclusion (FACE) afin de signer une charte d’engagement contre les violences faites aux femmes. Ce nouvel engagement intègre dès à présent leur politique RSE, et s’appuie sur un panel d’actions concrètes menées en collaboration avec des associations spécialisées, comme des formations, des kits de sensibilisation ou encore des événements de mobilisation.

 

À titre d’exemple, Kering a mis en place des formations tripartites avec des associations locales et des salariés du groupe. Carrefour a, de son côté, diffusé un numéro d’écoute ainsi qu’un guide de sensibilisation des managers, mis en place des formations ou encore signé un accord international sur la promotion du dialogue social et de la diversité, qui l’engage sur un plan d’actions sur la prévention et l’accompagnement des victimes de violences. FACE, qui représente 6 000 entreprises de toutes tailles, rappelle qu’il n’existe pas “de modèle universel”, mais que la structure collectera “les meilleures pratiques” auprès des entreprises afin de les mettre à disposition des futurs partenaires.

 

 

Appel à la mobilisation des entreprises

 

 

“Notre engagement ne laisse pas de place à la compétition, l’individualisme ou l’égoïsme. C’est le champ de l’effort collectif, c’est une question de partage et pour les entreprises, de montrer un visage généreux”, traduit François-Henri Pinault. L’objectif du PDG de Kering (et président de la fondation du groupe) et de Gérard Mestrallet est clair : il faut montrer l’exemple, et engager autant d’entreprises que possible dans le réseau. Korian, représenté par sa PDG Sophie Boissard, a partagé ses premiers résultats après avoir mis en place des dispositifs de soutien il y a deux ans à travers un réseau de travailleurs sociaux. “Il a permis de détecter des victimes et de leur présenter des solutions aussi bien financières que pratiques”, assure-t-elle, aujourd’hui, l’enjeu est ailleurs : “Il nous faut contribuer à la prise de conscience collective et libérer la parole. (...) Les entreprises ne sont pas responsables de ce problème, mais il est important d’ouvrir des portes et de faire une différence.”

 

François-Henri Pinault, qui indique avoir commencé par former son COMEX, souligne de son côté l’importance “de travailler sur le terrain, auprès d’associations locales.” Jean-Paul Agon, PDG de L’Oréal, a quant à lui dévoilé sa feuille de route : une étude au sujet des violences faites aux femmes est en cours et il soutiendra les entreprises souhaitant rejoindre le réseau, tout en s’engageant à “être créatif” et “apporter de nouvelles idées”. “Il faut aller plus loin, conclut Gérard Mestrallet. ‘Une femme sur trois’ concerne tout le monde. Ce matin est la première étape d’une action à grande échelle”. Invitant chacun à encourager “ses différents partenaires, sa chaîne de valeur et son écosystème territorial de se rallier au mouvement”, et les entreprises comme les pays à être “plus exemplaires”, l’ancien PDG d’Engie a appelé à “la mobilisation collective”.

 

*Rapport de l’Agence des Droits Fondamentaux de l’Union européenne (FRA) en 2014

 

 

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