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[ENTRETIEN] Théo Scubla, Fondateur et Directeur général de Wintegreat

[ENTRETIEN] Théo Scubla, Fondateur et Directeur général de Wintegreat
Plus de 60% des personnes réfugiées ont un niveau secondaire ou plus. Sur la base de ce chiffre, Théo Scubla et ses camarades d’école se sont donnés la mission de favoriser l’insertion professionnelle de ces personnes : Wintegreat est né. Trois ans après, ce programme est présent dans 10 écoles et universités, 1000 personnes ont été accompagnées. L’entreprise sociale prépare aujourd’hui son passage à l’échelle, en France et à l’étranger. La Fondation Groupe EDF oeuvre pour le progrès social et soutient l’économie sociale et solidaire (ESS) car elle participe à une société plus juste et plus humaine. La Fondation a permis à l’équipe de Wintegreat d’assister au Web Summit 2018 à Lisbonne au sein de la délégation du Social Good Accelerator. Théo Scubla, un des fondateurs, nous raconte son expérience.


 

 

Présentez-nous Wintegreat.

C’est une solution pour redonner vie aux personnes réfugiées et permettre aux entreprises de découvrir de nouveaux talents auxquels elles n’ont pas accès et pouvoir recruter différemment. C’est un programme tremplin, organisé dans les écoles et universités, au travers duquel les personnes réfugiées, qui ont de 25 à 55 ans, vont pouvoir reconstruire leur projet, recréer un capital social, apprendre le français, se projeter et déboucher sur des opportunités de formation,  d’études ou d’emploi via notre plateforme Wero, entreprise sociale qui dépend de Wintegreat.

 

Comment s’est passé le WebSummit pour vous ? Cet événement a-t-il répondu à vos attentes et vos besoins ?

C’était très utile ! Ça nous a permis de vraiment sentir quelles étaient les opportunités de développement à l’étranger : avoir des feedbacks avec des acteurs opérationnels, des entreprises qui pourraient devenir des futurs partenaires, recruteurs ou sponsors de nos programmes, même des impact investors, intéressés par le développement d’un tel projet au niveau européen. Ça nous a fait prendre la décision d’accélérer notre implantation à l’étranger. Par exemple, de partir plus vite en Allemagne, car il y a des partenaires opérationnels déjà en place, des besoins réels et des entreprises prêtes à recruter dans nos programmes. Nos contacts du Web Summit vont s’avérer très utiles sur l’année prochaine. On va gagner du temps à tous les niveaux car on peut d’ores et déjà trouver des partenaires stratégiques qui vont « incuber » notre implantation.

 

Comment la Fondation Groupe EDF vous accompagne-t-elle depuis ce voyage ?

On a tissé des liens forts en se rendant compte qu’on partageait la même vision de l’ESS [économie sociale et solidaire], de la philanthropie et de l’impact investment. On a vu qu’on pouvait vraiment travailler ensemble plus loin et ça ne se serait pas passé sans tout ce temps passé ensemble au Web Summit. On a trouvé ici des partenaires qui peuvent réellement nous accompagner dans notre développement dans un partenariat fort et pas seulement par une philanthropie de « saupoudrage ».

 

Quelle est votre vision du mécénat ?

Il me semble qu’il y a deux écoles : celle de soutenir des plus gros projets qui tendent vers une logique d’autofinancement afin de les aider à passer à l’échelle, et celle de soutenir des plus petits projets pour les aider à se lancer car ils n’ont pas d’autres moyens de financement. L’équipe de la Fondation EDF est très clairvoyante sur les évolutions du mécénat, qui ne sert plus seulement qu’à « financer le courant » mais qui se rapproche de l’impact philanthropy décrite par Alexandre Mars. C’est presque un investissement : même si c’est un don, il fait émerger des projets qui, demain, ne dépendront plus du mécénat.

 

Et Wintegreat s’intègre dans cette dynamique ?

Oui, nous sommes une organisation hybride car pour moi, sans hybridation, on meurt. Sans mécénat, on n’existe pas car c’est un moyen de se développer quand on construit son modèle économique. C’est un moyen intéressant d’engager la société et les entreprises pour accroître son impact, mais ce n’est plus forcément une perfusion ad vitam aeternam. En pourcentage, nous avons moins besoin de mécénat aujourd’hui qu’hier et demain, nous en aurons de moins en moins besoin.

 

Quelle est la première chose que vous avez faite en rentrant du Web Summit ?

Laisser décanter, pendant 3 jours. Puis, lister les contacts, les reclasser, faire une synthèse de ce que l’on avait pu avoir, et de là où ça pouvait aller afin de relancer la dynamique et le développement de Wintegreat. Surtout, on a fait un point d’équipe pour motiver tout le monde en se concentrant toujours plus sur la question de l’essaimage. Il faudra très vite réfléchir avec des grands nombres. Cela a une influence directe sur la façon dont on conçoit notre accompagnement, nos services et la solution qu’on propose à chacun pour reconstruire un projet professionnel.

 

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