Que fait la région Île-de-France pour l’ESS ?

Que fait la région Île-de-France pour l’ESS ?
Chaque année, plusieurs milliers d’entreprises d’Île-de-France bénéficient d’une aide financière de la région ; mais qu’en est-il spécifiquement des entreprises de l’économie sociale et solidaire (ESS) ? Alors que le Conseil Régional d’Île-de-France a présenté le 5 décembre dernier la nouvelle stratégie d’investissement en faveur de l’ESS, Carenews fait le point avec Sylvie Mariaud, déléguée spéciale de la région Île-de-France, sur les orientations définies et les moyens mis en œuvre pour impulser un nouvel élan au secteur sur les prochaines années.


 

 

Une volonté affirmée en faveur de l’ESS

 

En octobre 2017, la région Île-de-France votait sa nouvelle stratégie pour l’économie sociale et solidaire (ESS) et affichait l’ambition de faire de l’ESS une filière prioritaire, en favorisant l’émergence des “champions régionaux de l’ESS”. Si l’Île-de-France fait partie des régions retardataires en matière d’intégration de l’ESS dans le paysage économique (l’ESS y représente aujourd’hui 7 % de l’emploi, contre 10,5 % en moyenne sur le territoire, selon l’Atlas commenté de l'économie sociale et solidaire 2017 de l’Observatoire national de l'ESS - CNCRESS), Valérie Pécresse, sa présidente, a appelé au changement : “Il est temps de passer des bonnes intentions à l’action concrète”.

 

À l’origine de cette évolution, un constat effectué à l’arrivée du nouvel exécutif de la région Île-de-France : “Il y avait une sorte de “saupoudrage” de subventions, mais aucun plan d’action véritablement efficace, le système était même plutôt contreproductif” raconte Sylvie Mariaud, déléguée spéciale à l’ESS pour la région Île-de-France depuis avril 2018. “En conséquence, aujourd’hui, très peu d’entreprises de l’ESS dépassent les 250 salariés, et le secteur reste encore très cloisonné par rapport à l’économie classique”.


 

Accélérer le développement des “champions de l’ESS”

 

Pour la mise en œuvre de sa nouvelle stratégie, la région vise l’efficacité, en concentrant son action sur les “champions de l’ESS”. C’est dans cette perspective qu’est né, en juillet dernier, l’Accélérateur ESS, un programme d’accompagnement dédié aux entreprises de l’ESS. Après un appel à projets lancé en juillet, le nom des dix entreprises lauréates de la première promotion a été révélée fin novembre 2018 : Agapi, Baluchon, Eqosphère, Kelbongoo, La Réserve des Arts, La Table de Cana, Lemontri, Moulinot, Séquence Clés Productions et Simplon seront accompagnées pendant 24 mois sur le plan opérationnel (demande de financement, stratégie digitale, marketing, communication, gestion des ressources humaines…) en s’appuyant sur l’expertise du consortium INCO, HEC Paris et Accenture.

 

Les entreprises lauréates de l’Accélérateur ESS ont été choisies pour “leur impact social et environnemental, et leur potentiel de développement économique et de création d’emplois en Île-de-France”, assure Sylvie Mariaud. Et pour cause, les entreprises sélectionnées sont issues de secteurs prometteurs : si la restauration est traditionnellement un secteur fortement pourvoyeur d’emplois, d’autres secteurs sont en plein essor, comme le paramédical (dont les services à la petite enfance, en tension sur la région Île-de-France) et le numérique, d’après une étude menée par Défis Métiers en Île-de-France. Quant à l’économie circulaire, “elle est en plein essor”, affirme Sylvie Mariaud, portée par les évolutions législatives récentes et par son intégration croissante dans la stratégie des entreprises françaises.

 

Autre nouveauté de l’année 2018 pour l’économie francilienne : le Club Social Business, un dispositif créé à l’initiative du Réseau des Entrepreneurs Citoyens (REC) et subventionné par la région à hauteur de 300 000 euros. Ce club aura vocation à favoriser les rencontres entre entreprises “classiques” et entreprises de l’ESS, une stratégie qui s’inscrit dans la volonté de la région Île-de-France d’être “facilitatrice de business” et de coopération entre les secteurs, pour décloisonner l’ESS et l’insérer pleinement dans le paysage de l’économie francilienne. Avec, notamment, les marchés publics des Jeux Olympiques Paris 2024 en ligne de mire...


 

Un soutien financier accru pour 2019

 

La région a aussi donné un “coup de frais” à un acteur historique du développement de l’ESS : la société de capital investissement Equisol est devenue, en juillet dernier, inv’ESS Île-de-France, et sa dotation a été augmentée de 3,7 millions à 6,7 millions d’euros, grâce à un apport de 1,5 million d’euros de la région et à un abondement des investisseurs privés, avec l’objectif de financer les “pépites” de l’ESS. Cet investissement permettra de “doubler le ticket moyen alloué aux entreprises de l’ESS”, selon Sylvie Mariaud, ticket qui passe donc en moyenne de 100 000 euros à 200 000 euros, avec un plafond d’intervention rehaussé à 300 000 euros contre 150 000 euros précédemment.

 

Et pour les entreprises qui ne sont ni des “champions de l’ESS” ni des “pépites” ? L’Île-de-France a l’ambition d’élargir aux entreprises de l’ESS tous les dispositifs d’aide “de droit commun”, à savoir les programmes de la gamme Up (PM’Up, TP’Up, Innov’Up, Back’Up), à des structures sélectionnées avec le soutien de la CRESS IDF. Ainsi sur l’année 2018, 10 % des bénéficiaires PME étaient des entreprises de l’ESS, pour une enveloppe globale de 1,98 million d’euros. “Notre volonté est d’accroître cette dotation pour l’année 2019”, confirme Sylvie Mariaud.

 

Justement, on leur souhaite quoi aux entreprises de l’ESS, pour 2019 ? “Que l’ESS devienne une filière porteuse de véritables innovations environnementales et sociales, et qu’elle bénéficie au maximum de l’action de la région en ce sens !”

 

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