[CALENDRIER DE L'APRÈS] Voeu n°1 : mieux étudier les évolutions de l’engagement

[CALENDRIER DE L'APRÈS] Voeu n°1 : mieux étudier les évolutions de l’engagement
Que peut-on souhaiter à l’ESS pour cette nouvelle année ? Chez Carenews, on a décidé de formuler des voeux 2019 pour l’économie sociale et solidaire (ESS), inspirés des propositions du Livre Blanc que sont en train d’écrire les 18 ministres du Gouvernement ESS ! Parce que la Careteam oeuvre tous les jours à mieux faire connaître l’ESS et à donner de la voix à ses acteurs, notre premier voeu est celui formulé par Charlotte Debray, ministre de la Vie associative du Gouvernement ESS et déléguée générale de La Fonda, le laboratoires d’idées du secteur associatif. Son souhait : mieux étudier les modes d’engagement et d’action collective, qui évoluent en permanence, pour mieux les comprendre et mieux les intégrer dans la société.


 

 

Le secteur associatif, un acteur de poids dans l’économie française

 

 

“La France s’engage, avec force et constance”, déclarait Nils Pedersen, président de La Fonda, dans une tribune publiée sur Carenews en octobre dernier. C’est un fait : le secteur associatif est loin d’être un secteur marginal dans le paysage économique et social. Il représenterait environ 3,5 % du PIB français, pour un budget cumulé d’environ 70 milliards d’euros, auxquels il faut ajouter toutes les organisations informelles (comités, collectifs, groupements ponctuels) qui forment des “associations de fait” dont l’impact et l’ampleur sont, en conséquence, difficiles à mesurer.

 

Il existe aujourd’hui en France 1,5 million d’associations actives, animées par 1,8 million de salariés et un peu moins de 22 millions de bénévoles ; une force vive qui représente environ 1,4 million d’emplois équivalents temps plein (ETP), selon les chiffres d’une enquête menée par le CSA et le Centre de Recherche sur les Associations (CRA), “Le bénévolat en France”. Et les plus jeunes ne sont pas en reste : le service civique a accueilli près de 125 000 jeunes en 2017, dont une très grande majorité par des associations. Par ailleurs, 44 % des lycéens de terminale affirment s’être engagés bénévolement en 2017.


 

Des évolutions structurelles encore mal évaluées

 

 

Encouragées par l’essor du numérique, de nouvelles pratiques émergent au sein du bénévolat, qu’il soit exercé dans un cadre associatif ou non. Les causes privilégiées des bénévoles évoluent avec le contexte national et international, le profil des bénévoles se transforme et de nouvelles formes de bénévolat prennent de l’importance, comme le mécénat de compétences. La pratique du bénévolat devient également plus ponctuelle, et plus variée.

 

Parallèlement, le secteur associatif est contraint de modifier son business model pour tendre à se professionnaliser et à diversifier ses ressources de financement (désormais majoritairement privées), face à des défis logistiques et budgétaires, en particulier la baisse des subventions publiques.

 

Tous ces paramètres rendent très difficile la mesure et l’étude des évolutions de l’engagement et de l’action collective. “Les chiffres les plus récents dont nous disposons proviennent d’initiatives privées dont la rigueur ou la régularité sont insuffisantes”, assure Charlotte Debray. “Afin d’aider les responsables associatifs à adapter leurs pratiques en termes de mobilisation collective et de gestion des richesses humaines, il conviendrait d’encourager et soutenir la recherche – a minima que la statistique publique s’engage à monitorer les évolutions rapides de l’engagement au sein des associations et autres collectifs d’utilité sociale”.

 

 

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