[CALENDRIER DE L’APRÈS] Vœu n°5 : un congé paternité obligatoire

[CALENDRIER DE L’APRÈS] Vœu n°5 : un congé paternité obligatoire
Écarts de salaire, droits de congé inégaux, plafond de verre... Les combats sont nombreux avant d’atteindre une véritable égalité entre les femmes et les hommes, en particulier dans le milieu professionnel. Et l’économie sociale et solidaire (ESS) n’est pas épargnée : Anne-Cécile Mailfert, ministre des Droits des femmes du Gouvernement ESS et présidente de la Fondation des Femmes, formule le cinquième vœu pour l’ESS en se concentrant sur le congé paternité/maternité, particulièrement révélateur des inégalités entre femmes et hommes, pour demander un congé paternité obligatoire.



 

Un système de congés très inégal

 

Aujourd’hui en France, l’égalité salariale est inscrite dans la loi depuis près d’un demi-siècle et constitue un principe essentiel des relations d’entreprise. Néanmoins, l’écart des revenus demeure très significatif entre les femmes et les hommes : en 2017, selon les chiffres de l’Observatoire des inégalités, les femmes sont payées en moyenne 18,6 % de moins que les hommes, tous postes confondus.

 

La grossesse demeure l’un des moments forts de la rupture d’égalité entre les femmes et les hommes dans la vie professionnelle. Ce sont les femmes qui continuent de connaître les répercussions les plus fortes sur leur vie professionnelle suite à la naissance d’un enfant : carrières en pointillés, mise au placard au retour du congé, plafond de verre pour les postes à haute responsabilité, sont malheureusement le lot de beaucoup de femmes.

 

Et la législation française n’est pas pour contrecarrer cette différence de traitement : alors que les femmes travaillant dans le privé bénéficient d’un congé maternité allant de 16 semaines pour un premier ou deuxième enfant, à 34 semaines pour une grossesse gémellaire (voire 46 semaines pour des triplés ou plus), les pères ne bénéficient que de 11 jours calendaires de congé, dont 3 seulement sont vraiment obligatoires au titre du congé de naissance. Une différence abyssale, qui ne permet pas aux pères de prendre davantage part à l’éducation des enfants.


 

Pour un congé paternité allongé

 

Pour Anne-Cécile Mailfert, la France aurait tout intérêt à s’inspirer des systèmes mis en place par ses voisins européens. En particulier la Suède, qui a rendu obligatoire le congé paternité sous la forme d’un congé parental de 15 mois à répartir entre les deux parents, avec deux mois obligatoires pour le père comme pour la mère, les 11 mois restant étant à répartir entre le couple. Par ailleurs, ce congé est rémunéré à hauteur de 80 % du salaire, ce qui contribue au succès du dispositif.

 

Si cette mesure serait coûteuse pour la protection sociale, la présidente de la Fondation des femmes souligne qu’elle permettrait d’atteindre une véritable égalité entre femmes et hommes dans le monde professionnel, et estime que cette égalité salariale permettrait de gagner jusqu’à 6 points de croissance. Par ailleurs, une telle mesure aurait une vraie vertu éducative pour les futures générations, puisqu’elle transmettrait aux enfants un modèle dans lequel tant la mère que le père participent à la vie du foyer et à l’éducation.

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