[CALENDRIER DE L’APRÈS] Vœu n°6 : développer les flux d’affaires de l’ESS

[CALENDRIER DE L’APRÈS] Vœu n°6 : développer les flux d’affaires de l’ESS
Souvent appelée, à tort, “tiers secteur” ou “économie de réparation”, l’économie sociale et solidaire (ESS) prend une part croissante dans le paysage économique français. Fine connaisseuse des besoins locaux et des défis de société qu’elle côtoie au quotidien sur le terrain, l’ESS a beaucoup à apporter à l’économie “classique”, affirme Stéphanie Goujon, directrice générale de French Impact et ministre de la Solidarité du Gouvernement ESSRULES. Ses propositions du Livre Blanc de l’ESS inspirent notre sixième voeu pour cette nouvelle année : développer les flux d’affaires de l’ESS avec les secteurs privés et publics.



 

L’ESS encore en marge de l’économie

 

Aujourd’hui, la commande publique et la commande privée représentent un levier majeur de développement des entreprises de l’ESS. Le secteur privé intègre petit à petit les structures de l’ESS dans son panel de partenaires, dans de nombreux secteurs comme le sanitaire et le social, l’aide à domicile, mais aussi les activités de recyclage et de gestion des déchets.

 

Les acteurs publics (État, collectivités territoriales) affichent également un certain retard mais font preuve d’une certaine leur bonne volonté en la matière, notamment à l’occasion d’évènements d’ampleur internationale comme les Jeux Olympiques de Paris 2024.

 

Le Conseil économique, environnemental et social (CESE), dans une étude sur la commande publique responsable publiée en mars 2018, pointait du doigt le “lent cheminement des clauses sociales et environnementales”, alors même que la réforme de 2015 qui a transposé trois directives européennes de 2014 en droit français a introduit de nombreuses possibilités dans le système de passation des marchés publics.


 

Développer les partenariats entre ESS et économie traditionnelle

 

Privés comme publics, les flux d’affaires avec les entreprises agrémentées ESUS, et de l’ESS de manière générale, demeurent insuffisants selon Stéphanie Goujon, nouvelle directrice générale de French Impact. Pour elle, il s’agit d’accélérer la collaboration avec l’économie “traditionnelle”, par la promotion des offres de services de l’ESS, trop souvent méconnues des pouvoirs publics et des grands comptes. Au soutien de cette évolution, elle propose un listing des entreprises sociales et des structures de l’ESS, qui couvrirait tout le territoire et tous les domaines d’activités concernés, et préconise des rencontres d’affaires plus fréquentes entre acteurs d’un même territoire.

 

Par ailleurs, Stéphanie Goujon plaide pour une meilleure intégration des clauses sociales et environnementales en tant que véritable critère de sélection du marché ; aujourd’hui, alors que le Plan national d’action pour des achats publics durables (PNAAPD) fixe l’objectif, à l’horizon 2020, que 25% des marchés passés comprennent au moins une disposition sociale, que 30 % au moins une disposition environnementale, et que 60 % des organisations publiques soient signataires de la charte pour l’achat public durable, les objectifs sont loin d’être atteints, ainsi que le dénonce le CESE dans son rapport.

 

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