[EN IMAGES] Pas d’école pendant les règles : l’ONG Care soulève les tabous

[EN IMAGES] Pas d’école pendant les règles : l’ONG Care soulève les tabous
Pour de nombreuses jeunes filles à travers le monde, les règles sont un obstacle à la scolarisation : pour des raisons économiques, culturelles, hygiéniques, elles doivent parfois renoncer à aller à l’école pendant leurs règles. Une situation dramatique qu’a souhaité dénoncer l’ONG Care France avec sa campagne de sensibilisation.


 


 

Une situation dramatique et méconnue

 

Care, une ONG de solidarité internationale qui agit dans 90 pays sur de nombreuses thématiques (santé, éducation, environnement, droit des femmes…), a lancé en France une campagne vidéo de sensibilisation intitulée #RespectezNosRègles. La campagne s’attaque à une cruelle réalité : dans de nombreux pays en développement, les règles sont un frein à la scolarisation des jeunes filles. Un phénomène dont l’ampleur est souvent ignorée par les pays occidentaux. L’UNESCO estimait en 2014 qu’en Afrique, 1 jeune fille sur 10 manquait l’école lors de sa période de règles.

 

Dans ce court-métrage d’une minute réalisé par l’agence CLM BBDO, l’action se déroule dans un pays d’Afrique non identifié. Une mère et sa fille, jeune adolescente, se préparent pour aller à l’école, dans ce qui semble être une routine bien établie. Mais des regards et des gestes finissent par trahir une inquiétude... qui pas celle que l’on attendait : c’est la mère, désormais ménopausée, qui rejoint les bancs de l’école. Sa fille, quant à elle, reste à la maison pour s’occuper des tâches ménagères.


 

Des tabous, des traditions et des barrières économiques

 

Les raisons de ces difficultés sont diverses. Dans certaines cultures, en Afrique ou en Asie en particulier, les filles et les femmes sont considérées comme impures ou même “contagieuses” lorsqu’elles ont leurs règles, à l’image de l’Inde, où les femmes, dans certaines régions, ont interdiction de toucher la nourriture pour ne pas la contaminer. Dans certains pays encore, elles sont même mises à l’écart du reste de la société pendant leurs règles, comme au Népal, selon la coutume Chaupadi (source : Sang tabou. Essai intime, social et culturel sur les règles, de Camille Emmanuelle, éd. La Musardine). Les croyances et les ignorances sur les règles ont la peau dure : en Iran, selon une étude Unicef, 48 % des jeunes filles pensent que les règles sont une maladie.

 

Les raisons peuvent aussi être tout simplement économiques et/ou hygiéniques : lorsque les protections hygiéniques coûtent trop chers, ou encore lorsque les établissements scolaires ne proposent pas d’endroit approprié (toilettes insalubres, non-mixtes ou inexistantes) pour se changer, les jeunes filles sont souvent contraintes de rester chez elles.

 

L’ONG Care mène un important travail de sensibilisation et d’information auprès des femmes et des filles, mais aussi des hommes et des garçons, pour faire évoluer les mentalités, et mettre fin au tabou des règles. L’ONG construit des toilettes et des points d’eau adaptés à l’hygiène des filles dans les écoles, distribue des protections périodiques et informe également sur la santé sexuelle et reproductive. L’initiative est soutenue par Yann Arthus-Bertrand et Anastasia Mikova, co-producteurs du film WOMAN, mais aussi par des personnalités comme l’animatrice Énora Malagré, l’humoriste et youtubeur Tristan Lopin, la chanteuse Lio ou Flora Coquerel, miss France 2004.

 

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