Philanthropie : huit tendances pour 2019

Philanthropie : huit tendances pour 2019
Le site américain Chronicles of Philanthropy publie ses 8 tendances à suivre pour 2019. Petite revue de l'année à venir à l'aune du marché français.


1. La montée des "donor advised fund". C'est l'outil philanthropique qui explose aux USA depuis deux ans : des fonds abrités par des véhicules ombrelles (créés par des associations opératrices ou par des structures abritantes) et sur lequel le fondateur garde la possibilité de soutenir la cause de son choix. Considéré sur le marché US comme les "fondations de la classe moyenne", ils sont souvent accessibles à partir de 10 000 euros de dons. En France, pas certain que les évolutions fiscales bénéficient en 2019 à une création aussi massive de fondations ou fonds de dotation abrités...

2. Facebook entre collecte et désavoeu... Le réseau social ne cesse de développer ses outils de collecte (collecte d'anniversaire, etc.), affichant sur la masse des résultats intéressants. Nouvel incontournable de la palette du fundraiser ? Son rôle dans la diffusion des fake news, la montée de la défiance envers lui et d'un mouvement de désinscription incitent à l'aborder avec prudence. En France aussi !

3. Le livestreaming plus que les téléthons ? Gamers et Youtubers deviennent des fundraisers à l'efficacité redoutable grâce à leurs communautés sur-engagées. Ils renouvellent en outre les populations de donateurs face aux grands messes télévisées qui perdent un peu en traction. Un mouvement qui émerge en France, mais qui sait déjà faire recette (voir notre récent article sur le gaming). A surveiller (et investir) de près cette année.

4. La course aux supra-campagnes ? Harvard a cloturé en 2018 une campagne de levée de fonds de 9,6 milliards de dollars, la plus importante jamais menée par une instition non profit et le reflet d'une course à l'ambition du "milliard et plus" au sein des universités américaines. En France, le sujet ne se pose pas à ces hauteurs d'objectif. Mais dans l'adversité sociale et fiscale, pourquoi ne pas prendre le contre-pied en réaffirmant fermement ses missions et en relevant en conséquence ses ambitions.

5. Les assistants vocaux ouvrent une voix. Ce sont les prémices, mais depuis cette Année, Alexa – l'assistant vocal d'Amazon – permet de faire des dons. En toute logique la compétition devrait se développer dans l'année à venir.

6. Coopérer pour collecter. S'allier entre associations partageant des buts ou un même état d'esprit afin de monter d'importantes opérations de collecte. La tendance monte aux USA, dans l'esprit de Giving Tuesday, lancé cette année en France. A suivre – et à méditer - d'ici le 3 décembre, date du prochain Giving Tuesday (voir le site du mouvement français) !

7. La loyauté avant tout. Alors que le recrutement de nouveaux donateurs se fait parfois aléatoire, le travail de fidélisation des soutiens existants devient de plus en plus stratégique. Campagne pour relever les niveaux de contribution mensuelle, réorganisation de sa base de données en persona, etc. En France aussi il est temps de se reposer la question de la reconnaissance et de la cultivation des donateurs. Tous les niveaux de donateurs...

8. Secousses dans le paysage de la collecte digitale. Alors qu'aux USA le marché des acteurs de la collecte en ligne est en consolidation, de nouveaux entrants sont attendus et risquent de secouer le paysage. En France, le mouvement de digitalisation de la collecte est plus tempéré, mais il est temps pour chacun de se poser la question de sa collecte en ligne. Pour cela, un premier pas : se plonger dans l'ouvrage Les Clés du Fundraising Digital, publié en 2018 par l'AFF !
 

>> Lire par ici l'article de Chronicles of Philanthropy (en anglais, abonnés uniquement).

Article initialement paru dans la newsletter de l'Association Française des Fundraisers

 

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