Entrepreneuriat et ESS : Camilo Sanchez, B-moville, la logistique douce en ville

Entrepreneuriat et ESS : Camilo Sanchez, B-moville, la logistique douce en ville
L'entrepreneuriat est aujourd'hui un vecteur capital du lien social et de la cohésion des territoires, particulièrement lorsqu'il a une portée sociale et solidaire. Acteur majeur du financement des TPE franciliennes, Paris Initiative Entreprise (PIE) est un tremplin pour les entreprises de l'ESS. Elles peuvent avec le soutien de PIE créer et développer leur activité économique. Une contribution qui ne se limite pas à un apport financier, puisque PIE accompagne également le lancement des start-ups et peut être caution bancaire. Tous ces outils mis à disposition des petites entreprises ont permis de créer ou de sauvegarder plus de 4 000 emplois en Île-de-France depuis la création de l'association. Au fil de notre série d'entretiens, découvrez le portrait des fondateurs de startups de l'ESS accompagnés par PIE. Aujourd'hui, partons à la rencontre de Camilo Sanchez, fondateur et directeur de l’entreprise B-Moville.


« Des opérateurs propres sont indispensables pour la qualité de vie des urbains »

 

Spécialisée dans la livraison du dernier kilomètre, la collecte de matières recyclables et dans les solutions de logistique urbaine en triporteur et biporteur dans la capitale, la start-up parisienne B-Moville, 35 % de croissance en 2018, démarre sa cinquième année et vient de terminer sa première levée de fonds. PIE accompagne cette démarche de développement, permettant donc indirectement aux PME et TPME qui le souhaitent d’aller jusqu’au bout de leur démarche avec une livraison 0 carbone. Derrière ce acteur innovant et militant de la mobilité urbaine, il y a son fondateur et président, Camilo Sanchez.


 

Comment avez-vous eu l’idée de B-Moville et quelle est votre vision derrière cette aventure entrepreneuriale ?


 

Camilo Sanchez : Jusqu’à l’âge de 26 ans, j'ai grandi à Bogota, en Colombie, une ville avec un énorme réseau de pistes cyclables. Depuis 40 ans, tous les dimanches les principaux axes sont rendus aux citoyens et aux vélos. Le vélo a été donc toujours présent dans ma vie. En habitant sur Paris, je me suis dit qu'il fallait développer son utilisation et son impact comme un véhicule propre. Avec B-Moville, crée en 2014 et qui propose des services et prestations en logistique urbaine, nous travaillons pour la démocratisation, l’intégration et le développement de ce moyen de transport, en solo ou en multimodal. Le vélo peut supporter une grande quantité d'activités logistiques urbaines, principalement sur le dernier kilomètre. En l'état actuel, les vélos cargo pourraient par exemple livrer 50% des marchandises transportées au quotidien.

 

Comment définiriez-vous B-Moville et se cache-t-il un rêve, une utopie derrière sa création ?


CS : B-Moville c’est pour moi un vecteur de changement. Les gens sont interpellés quand ils voient passer nos cargos. Mon rêve c’est de voir disparaître les camions et véhicules lourds du paysage urbain, de voir au moins 90 % des embouteillages disparaître car les citoyens utiliseront des véhicules monoplace et plus des véhicules de 5 places pour une seule personne.

 

Les villes et agglomérations sont sommées de repenser leur système de mobilité et de transport, publique ou non. Quel est le rôle d’une solution comme B-Moville dans cette grande mutation ?

 

CS : Les services de mobilité évoluent ainsi que la législation et les restrictions en matière de protection de l'environnement. Des opérateurs propres sont donc indispensables pour la qualité de vie des urbains ainsi que du service. Le multimodal est une des options permettant au vélo d'occuper une place stratégique. Les grands entrepôts à l'extérieur de la ville ne seront pas performants, comme par exemple les hypermarchés. Les villes durables doivent donc intégrer des infrastructures et moyens intramuros. Les solutions de B-Moville sont en accord avec ces évolutions nécessaires.

 

Dans votre phase actuelle de développement, quel a été l’impact de PIE ?

 

CS : PIE est venu accompagner le projet financièrement avec un prêt d'honneur de 30 000 euros et un statut de garant, via France Active, à hauteur de 50 % pour un prêt bancaire de la Nef [coopérative financière, ndlr] de 50 000 euros. C’est d'ailleurs PIE qui m'a présenté la Nef en direct.

, , , , ,