Emballages plastiques : un pacte pour quel impact ?

Emballages plastiques : un pacte pour quel impact ?
Plusieurs grandes entreprises françaises, parmi lesquelles Coca-Cola European Partners France, Carrefour, L’Oréal et Danone, ont signé le 21 février un “Pacte national sur les emballages plastiques”. Si ce pacte a vocation à inciter les entreprises signataires à mieux recycler leurs emballages, plusieurs associations environnementales dénoncent son caractère peu contraignant, et son manque d’ambition quant à la vraie source du problème : la production de déchet plastique.


 

 

100 % d’emballages recyclés, réutilisés ou compostés d’ici 2025

 

“Une étape majeure dans la lutte contre la pollution plastique”. Brune Poirson, secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition Écologique et Solidaire, s’est félicitée de la signature du Pacte national sur les emballages plastiques, ce 21 février, avec treize grandes entreprises françaises (Coca-Cola European Partners France, Auchan Retail France, Biscuits Bouvard, Carrefour, Casino, Franprix, L’Oréal, LSDH, Monoprix, Danone, Nestlé France, Système-U, Unilever), mais aussi avec la Fondation Tara Expéditions et l’ONG WWF France.

 

Avec ce nouveau pacte, les entreprises signataires s’engagent à revoir leur production d’emballage et à favoriser le recyclage du plastique, pour réduire la production de déchets plastique. Avec des objectifs à court terme : atteindre 60 % d’emballages plastiques effectivement recyclés d’ici 2022, et 100 % d’emballages réutilisables, recyclables ou compostables d’ici 2025. Les signataires devront également, d’ici 2025, établir la liste des emballages considérés “problématiques” ou “inutiles” et prendre des mesures pour leur élimination.


 

Le meilleur déchet, c’est celui qu’on ne produit pas

 

Si Pascal Canfin, directeur de WWF France, a considéré que cette signature était un “événement fondateur”, toutes les associations de protection de l’environnement ne sont pas de cet avis. Nombre d’entre elles, membres du mouvement Break Free From Plastic, à l’image de Zero Waste et de la Surfrider Foundation Europe, déplorent un manque d’ambition et de précision du pacte quant à la réduction même du plastique. Elles dénoncent un pacte “insuffisant pour inverser cette tendance de croissance exponentielle”, alors qu’aujourd’hui, 55 % des unités d’emballages mises sur le marché en France sont en plastique.

 

“La grande avancée de ce pacte, c’est de reconnaître pour la première fois que le recyclage n’est pas la solution première”, reconnaît Laura Châtel, responsable de plaidoyer chez Zero Waste France. “Mais dans les engagements concrets du pacte, il n’y a pas d’objectifs chiffrés quant à la réduction à la source. Les engagements pris restent très vagues”, souligne-t-elle. L’association regrette également un manque de consultation de la part des pouvoirs publics et des entreprises : “Nous, les associations, avons souvent une interprétation très différente de celles des entreprises sur ce qui est utile en matière d’emballages plastiques”, souligne-t-elle.


 

Inciter plutôt que contraindre

 

Antidia Citores, porte-parole de Surfrider Foundation Europe, regrette quant à elle le choix du gouvernement de privilégier une vision incitative plutôt que contraignante en matière de pollution plastique : “Il est plus que temps pour les pouvoirs publics de prendre de vraies mesures législatives contraignantes pour réduire la pollution plastique à la source, conformément aux obligations de l’Union Européenne et à l’urgence environnementale". Un choix justifié, selon le ministère de la Transition écologique, par le caractère complexe et hétérogène des déchets plastiques, et par des raisons sanitaires.

 

Brune Poirson a néanmoins assuré que des sanctions seraient appliquées en cas de non-respect du pacte et de ses engagements, avec un suivi des engagements effectif dès 2021, et des travaux réalisés tous les 6 mois sur les avancées et publiés annuellement. La chaîne de magasins Carrefour a déjà annoncé plusieurs mesures pour 2019, comme le remplacement des barquettes de polystyrène par du carton pour les fromages, ou encore un dispositif de cerclage en carton pour certains fruits et légumes.


De son côté, le gouvernement s’est également engagé à travers le pacte, dans le cadre de sa Feuille de Route de l’Économie Circulaire (FREC). L’État s’est engagé en particulier à interdire l’utilisation du PSE dans les contenants alimentaires et les gobelets plastiques à usage unique à l’horizon 2022, et à adopter des mesures incitatives pour éliminer le PVC dans les emballages ménagers, commerciaux et industriels, ainsi qu’à “évaluer des pistes concrètes d’amélioration des schémas de collecte, de tri, de recyclage, et de valorisation”.

 

 

 

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