Recueillir la parole avec les cahiers « Le dire pour agir »

Recueillir la parole avec les cahiers « Le dire pour agir »
Depuis 30 ans, le Comité national du Secours populaire français met à disposition des cahiers pour recueillir la parole des victimes de la pauvreté et de la précarité et des collecteurs-animateurs bénévoles. Dans le cadre du Grand débat national initié par le Président de la République au sujet des grands enjeux de la nation en décembre 2018, ce comité a souhaité mettre à disposition ces paroles sous la forme de cahiers appelés « Le dire pour agir ».


 

Selon le Baromètre Ipsos-SPF 2018, les Français étaient 37 % en 2017 à connaître une situation de pauvreté au cours de leur vie. Ils sont désormais 39 %. Acteur de la solidarité depuis 1945, le Secours populaire français accompagne les populations victimes de la précarité, de la pauvreté, des catastrophes naturelles et des conflits en France et sur tous les continents.

 

“Faire en sorte que les personnes qui ne prennent pas souvent la parole puissent la prendre”

 

« Dans le cadre du Grand débat national, nous avons réfléchi à la manière dont pourrait s’incarner notre rôle d’alerte sur la précarité que connaissent certaines personnes », explique Thierry Robert, directeur général de l'Association nationale Secours populaire français. L’idée ? Mettre à disposition des cahiers au sein des permanences d’accueil et des antennes sur le territoire national au sein desquels chacun peut s’exprimer ; les personnes accompagnées et les bénévoles témoins de leurs conditions de vie et de l’énergie que déploient ces personnes.

 

« Les cahiers “Le dire pour agir” sont plus qu’un projet mais une démarche initiée en 1989 par les cahiers de doléances avec cette volonté que les personnes en situation de précarité puissent s’exprimer », complète Thierry Robert avant de préciser que « En tant qu’acteur citoyen et associatif, nous ne souhaitons pas entrer dans un débat politique. La meilleure solution serait que les personnes qui ne prennent pas souvent la parole puisse la prendre.»

 

Des cahiers qui génèrent des espaces de discussion

 

« C’est difficile de payer les factures et des faire plaisir à ses enfants. Il faut toujours compter » raconte Frédéric, originaire de Brest et sans emploi dans l’un des cahiers où deux question sont posées ; « mes difficultées quotidiennes ? »  et « mes souhaits ? ». Son rêve serait de « Pouvoir travailler, remplir son frigo et offrir des loisirs à sa famille ». Dans un autre cahier, on peut lire le témoignage de Mathéo, 12 ans, « Un jour j’avais tellement faim que maman m’a donné son assiette et je n’ai pas voulu. Je sais que maman se prive de manger pour nous. »

 

Ces témoignages récoltés grâce à ces cahiers Le dire pour agir permettront de nourrir les échanges pour ce Grand débat national. « Permettre aux personnes de s’exprimer, c’est déjà un pied vers la citoyenneté qui signifie “J’ai le droit de parler mais en plus j’ai le droit d’agir” », ajoute ce directeur général. Selon lui, ces cahiers représentent une expérience positive qui permet aux gens de repartir la tête haute et surtout d’échanger entre eux. C’est une démarche qui génère des lieux de rencontres !


 

, , , ,