[ENTRETIEN] Cécile Jouenne-Lanne, Directrice Citoyenneté de Société Générale

[ENTRETIEN] Cécile Jouenne-Lanne, Directrice Citoyenneté de Société Générale
La loi Aillagon de 2003 a ouvert de nombreuses possibilités pour le mécénat d’entreprises en France. Cécile Jouenne-Lanne, alors chez SFR, a fait partie des premières personnes mobilisées pour défricher le champ des possibles à la suite de ce bouleversement. Depuis 2010 elle est directrice de la Citoyenneté chez Société Générale et a permis de structurer l’engagement de milliers de collaborateurs, développer les activités solidaires de la fondation et a contribué à faire intégrer la mobilisation citoyenne des salariés du groupe au cœur des objectifs de performance de la banque. Rencontre avec une actrice importante du mécénat d’entreprise.


 

Pouvez-vous nous raconter votre parcours : comment devient-on directrice Citoyenneté de Société Générale ?

 

J’ai fait des études de droit et me destinais à devenir avocate. Ma première expérience m’a fait comprendre que ce n’était pas là que j’allais m’épanouir professionnellement. J’étais plus attirée par la gestion des ressources humaines. J’ai fait ça pendant plus d’une dizaine d’années. J’ai ensuite eu l’opportunité de rejoindre SFR pour y construire un programme de citoyenneté. C’était juste après la promulgation de la loi Aillagon qui réformait le mécénat pour les entreprises françaises. Dès l’origine chez SFR, l’objectif était de structurer le mécénat financier et d’y adjoindre du mécénat de compétences. Je suis restée un peu moins de 7 ans, avant de rejoindre Société Générale. J’ai pris la tête de la Fondation en 2010 avec comme feuille de route de la faire vivre, de lui donner plus de rayonnement, de structurer et de développer les programmes d’engagement des collaborateurs pour le groupe.

 

Vous occupez ce rôle depuis bientôt 10 ans. Qu’est-ce qui a changé ? Comment votre rôle a-t-il évolué ?

 

Beaucoup de chemin a été parcouru. Les bénéfices de l’engagement des équipes pour l’entreprise sont aujourd’hui connus et reconnus, et la volonté de développer les possibilités des collaborateurs de donner de leurs compétences à l’intérêt général est très présente. Près de 19 000 personnes se sont engagées en 2018 dans l’ensemble du groupe et ce chiffre est en constante augmentation. Notre rôle aujourd’hui est d’intervenir soit comme un opérateur, soit comme un cabinet de conseil : soit on propose aux collaborateurs une typologie d’engagement identifiée et précise, soit on intervient en réponse à une demande d’un manager et on imagine avec le manager des programmes ad hoc. Mon rôle est également d’être en veille de ce qui peut exister ailleurs et qui pourrait être dupliqué dans notre groupe ou d’imaginer de nouvelles choses.

 

L’engagement et le mécénat sont très présents dans le débat public aujourd’hui. Comment l’expliquez-vous ? L’engouement pour ces thématiques est-il durable ?

 

Lorsque je suis arrivée chez Société Générale, des actions d’engagement existaient déjà : le parrainage, par exemple, ou des actions en faveur d’associations locales, faites de manière très généreuse et très spontanée. La France était probablement l’un des pays où ces actions étaient le moins structurées, malgré leur existence. Je ne dirais donc pas qu’il s’agit d’un engouement ponctuel, ou d’un sujet à la mode. . Simplement, on met aujourd’hui un nom sur des choses qui existaient déjà. C’est un sujet important pour l’entreprise. Si cela peut sembler naïf, c’est la meilleure façon de le dire : les gens, les êtres humains, ont envie de se sentir utiles. Je fais partie de ces doux rêveurs qui sont convaincus que les gens sont foncièrement bons. Personne n’est insensible à la détresse, à la souffrance, à l’appel à l’aide. Pourquoi parle-t-on beaucoup de ce sujet-là en entreprise aujourd’hui ? Parce qu’on a évolué par rapport à l’attention que l’entreprise prête au salarié en tant qu’être humain.



 

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