[SANTÉ] Veiller sur la santé des fleuves et des hommes : le cas du Maroni

[SANTÉ] Veiller sur la santé des fleuves et des hommes : le cas du Maroni
La santé humaine est étroitement liée à la santé des fleuves. La 8ème session internationale d’IAGF se penchera du 15 au 19 avril sur le cas du Maroni en Guyane avec trois sujets d’échanges : la prévention des maladies infectieuses et hydriques ; l’accès à l’eau potable et à l’assainissement ; les activités d’orpaillage illégal et la santé.


L’interaction permanente entre eau douce et salée, atmosphère et humains fait de la pollution des eaux une problématique majeure aux conséquences multiples. Elle peut d’ailleurs se résumer en une phrase : de la santé des fleuves dépend la santé des hommes. En octobre 2017, IAGF s’est penché sur cette question tant sur les méthodes et outils d’analyse nécessaires pour comprendre et évaluer le phénomène de pollution que sur les leviers d’action expérimentés sur les fleuves pour le combattre.

Nous poursuivons ce travail cette année en consacrant notre 8ème session mondiale (du 15 au 19 avril) à la question sanitaire en prenant l’exemple du bassin du fleuve Maroni, en Guyane. Sur invitation de l’Institut Pasteur, nos experts rencontreront les parties prenantes locales à Cayenne et à Saint-Laurent du Maroni, autour de trois grandes thématiques : la prévention des maladies infectieuses et hydriques ; l’accès à l’eau potable et à l’assainissement ; les activités d’orpaillage illégal et la santé.

L’eau, une richesse structurante

La Guyane, le plus grand département français d’Outre-Mer et le seul à être situé en Amérique du Sud, est un territoire qui fait face à de multiples enjeux : démographique, migratoire, économique… Le fleuve est au cœur de ces défis. Et ce pour plusieurs raisons.

Si la ressource en eau est en effet abondante (la Guyane est au troisième rang mondial en termes d'eau douce disponible selon l’Unesco), elle est néanmoins inégalement répartie et distribuée.

L’eau est par ailleurs structurante dans la géographie du territoire. Les deux grands fleuves que sont l’Oyapok et le Maroni constituent les frontières naturelles avec le Brésil pour le premier et le Suriname pour le second. L’eau forge l’identité des communautés qui vivent sur leurs berges : Bushinengues, Amérindiens ont toujours vécu avec la riche nature de Guyane, sa forêt amazonienne et ses nombreux cours d’eau.

Principale artère de transport malgré la dangerosité des sauts, le Maroni est aussi depuis toujours un lieu de passage et de brassage de populations entre communes depuis le Haut-Maroni jusqu’à l’estuaire et entre pays des deux rives: accès à l’école, accès aux soins, commerce légal et illégal… Il est essentiel au développement du territoire. Pourtant, le fleuve est encore peu aménagé et valorisé. Ses eaux sont polluées par le mercure qu’utilisent les orpailleurs illégaux pour amalgamer l’or, une pollution qui contamine les poissons et in fine, les habitants. Elles sont aussi vectrices de bactéries et virus. Typhoïde, choléra, diarrhée affectent les populations isolées qui n’ont pas un accès direct à l’eau potable. À cela s’ajoutent les maladies transmises par les moustiques, auxquelles la Guyane est déjà confrontée de longue date : paludisme, fièvre jaune, dengue…

Alors, comment améliorer la prévention et l’accès aux soins pour les populations intérieures ? Agir contre l’orpaillage illégal et protéger la santé des orpailleurs ? Réduire l’exposition aux maladies hydriques ? Quelle coopération entre pays pour mieux gérer la ressource en eau ? Voici plusieurs des questions que les membres d’IAGF traiteront avec les scientifiques, médecins, autorités locales ou encore représentants communautaires réunis à l’occasion de notre session.

Cette session est organisée en partenariat avec la Collectivité Territoriale de Guyane, la Préfecture de Guyane et l’ARS.

 

Crédit Photo : Ronan Liétar 

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