[POSITIVONS] De jeunes Indiens en situation d’exclusion deviennent entrepreneurs

[POSITIVONS] De jeunes Indiens en situation d’exclusion deviennent entrepreneurs
Dans l'État de Chhattisgarh en Inde, la majorité des jeunes sont issus du milieu rural et les opportunités professionnelles se font rares. Dans ce contexte, l’association Life Project 4 Youth (LP4Y) a décidé de lancer un projet pilote : un centre d’excellence à Raipur en partenariat avec le gouvernement et les centres de formation existants. L’objectif ? Permettre l’intégration sociale et professionnelle de ces jeunes victimes d’exclusion grâce à l'entrepreneuriat.


 

Créée en 2009, l’association LP4Y a fait le pari d’installer à proximité des bidonvilles, des incubateurs de projets entrepreneuriaux, les Life Project Centers (LPC) pour accompagner ces jeunes jusqu’à leur insertion professionnelle et sociale. Au sein de chaque LPC, une équipe de 17 jeunes réunis dans un programme consacre la moitié de son temps à développer une activité micro-économique. Début 2019, LP4Y compte 44 programmes développés, 22 LPC présents dans 5 pays : les Philippines, le Vietnam, l’Inde, le Népal et l’Indonésie.

 

Le défi de l’intégration professionnelle des jeunes de Raipur

 

En Inde, à Raipur, une mosaïque humaine et écologique appelée « Green Village » est en cours de réalisation depuis juillet 2018, soutenue par la Fondation Rexel, l’AFD, la Fondation BIC et l’UNICEF. « Même si le gouvernement indien a mis en place beaucoup de centres de formation dans la région dans le cadre de la campagne nationale « Skill India » pour faciliter l’accès des Jeunes à des formations techniques courtes et professionnalisantes, il n’y a que 4 à 5 % des jeunes qui trouvent un travail décent », explique Gaëlle Muraca, volontaire et coordinatrice du projet.

 

Les premiers volontaires sont arrivés en décembre 2017 afin de réaliser une prospection dans cet État considéré comme l’un des plus pauvres de l’Inde. « Il y a beaucoup d’aides locales ici qui permettent d’avoir suffisamment de riz et rester  travailler à la ferme. Mais cela n’encourage pas forcément les jeunes à faire des études. C’est un cercle vicieux. En général, les parents espèrent soit que leur enfant devienne opérateur informatique pour gagner de l’argent soit qu’il travaille pour le gouvernement », raconte Gaëlle.

 

Un programme entrepreneurial intense de trois mois

 

Grâce au « responsable » de Raipur, l’équivalent de préfet en France, un accord de soutien à LP4Y a été signé moyennant une aide pour le projet et en particulier pour trouver un terrain. L’objectif final ? Recruter 80 jeunes pour intégrer un programme intensif de trois mois 6 jours sur sept, soit 240 jeunes par an. Le profil de ces jeunes ? Ils sont généralement âgés entre 17 et 25 ans et plus de la moitié sont des filles. Pour cette troisième session, ils sont 40 jeunes dont 50 % de filles à construire leur avenir professionnelle. Depuis le lancement du projet, 100 jeunes ont pu y participer et acquérir des compétences. Contrairement aux autres Life Project Centers de LP4Y implantés dans les autres pays, le Green Village de Raipur accueillera des jeunes sélectionnés à la sortie de leur formation technique. En effet, cette ville recense plus de 7 000 centres professionnels en comptabilité, informatique, couture, cuisine, etc. « Les trois quarts ne sont pas sérieux et de qualité et profitent des subventions du gouvernement », souligne t-elle.

 

Après un entretien de motivation à l’entrée avec un test d’anglais, le jeune intègre le programme. « L’aspect communautaire est fort car ils vivent sur place. C’est intense mais passionnant car nous pouvons vivre beaucoup de moments informels avec eux. On les voit progresser en peu de jours ! », explique cette volontaire déterminée, membre d’une équipe de 10 personnes dont la moitié sont des locaux.

 

Apprendre de A à Z ce qu’est une entreprise

 

Au sein du Green Village, les jeunes commencent par lister leurs besoins divers - se nourrir, avoir accès à l’eau grâce à un forage et utiliser du matériel informatique - et montent leur entreprise. « L’objectif principal pour ces jeunes ? Apprendre ce qu’est une entreprise de A à Z, de l’idée à la réalisation. Cela signifie trouver des solutions, gérer les achats, créer les factures... », précise t-elle. Actuellement, 4 entreprises sont entièrement gérées par les jeunes : une banque de monnaie locale, un restaurant, un café muni d’ordinateurs et une entreprise de location et d’achat de matériel. Les sensibiliser à la protection de l'environnement fait également partie de la formation. Pour chaque entreprise, les jeunes évaluent leurs pratiques sous le prime de l'écologie avec par exemple une analyse des déchets ou la recherche de techniques de contruction écologiques.


Afin d’acquérir les savoir-être et les compétences qui manquent à leur formation initiale, ils participent également à des trainings portant sur la communication, le travail en équipe et le management. La bilan est encourageant. À l’issue de cette formation, 80 % des jeunes trouvent du travail et ceux-ci sont autonomes dans leur recherche.

 

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