[ON Y ÉTAIT] Viva Tech 2019 : la Tech For Good à l’honneur

[ON Y ÉTAIT] Viva Tech 2019 : la Tech For Good à l’honneur
Du 16 au 18 mai se tenait le salon Viva Tech à Paris. Après une édition axée #TechForGood l’année dernière, l’évènement 2019 organisé par Les Échos et Publicis a également présenté un certain nombre de projets dits à impact positif. Le salon affiche un réel succès avec une hausse de la fréquentation de 24 % sur un an,  125 nationalités représentées, plus de 450 speakers et plus de 13 000 startups présentes. Entre l’avenue dédiée au sujet, les divers prix du secteur, les stands d’applis ou d’entreprises ESS (économie sociale et solidaire), les conférences axées sur les techs au service de l’inclusion, du lien social, de la santé, il y avait à boire et à manger. En attendant un sommet où le « good » sera omniprésent, et un peu moins sanctuarisé. Retour sur une immersion d’une journée.


 

De la Tech for Good disséminée dans le grand hall, mais une avenue consacrée dans le Hall 2


 

Pour appréhender le côté for Good de la Tech, vous pouvez aller faire un tour sur mon thread Twitter, mini reportage des initiatives positives et des conférences que j’ai repérées lors de mon passage. Vous y trouverez la présence sur des stands d’Orega, d’Enercoop (écoutez le podcast Changer La Norme avec le DG Emmanuel Soulias) ou encore Lita.co dans l’avenue « For Good ».

 

Il y avait à côté de l’avenue dédiée au sujet la scène Y, qui dédiait l’après-midi à la présentation de projets internationaux. Ces sessions étaient animées par Dan Sobovitch qui m’a fait découvrir la profession de « Tech4Good evangelist ». Des Educ Tech, des think tanks comme doteveryone (Think tank championing responsible technology for a fairer future), des technologies blockchain ou encore cryptomonnaies au service d’ONG se sont succédés. L’après-midi s’est fini par une table-ronde (salle comble) sur l’inclusion par le numérique avec le président de La France s’engage François Hollande, Sandrine Gros d’IBM, François Durollet de Simplon, Antoine Sire de BNP Paribas, Claire Duizabo d’Entourage.

 

Dans le grand hall, des applis et des projets « For Good » étaient répartis ainsi que plusieurs startups de lutte contre le gaspillage alimentaire comme Meal Canteen. BNP Paribas tenait un immense stand aux couleurs du positive banking et les startups, partenaires associatifs ou projets intrapreneuriaux exposés, combinaient tous (selon la banque) développement économique et impact positif. Cet espace abritait par exemple Lactips, startup qui transforme le lait en plastique, citée par Emmanuel Macron. Une conférence intéressante a présenté des innovations (santé et sociales) portées les ONG Care, Médecins sans frontières et la Croix-Rouge. La banque a profité du salon pour annoncer le lancement de P-Tech avec IBM et Orange. Il s’agit d’un programme lancé par IBM aux États-Unis et qui est un véhicule d’insertion pour des jeunes de milieux défavorisés ou les décrocheurs scolaires. Il répond à deux enjeux : l’accessibilité à une formation en numérique pour tous et l’employabilité des jeunes. Cette « nouvelle école » complète l’enseignement classique par des cours donnés par des salariés des entreprises qui seront également les mentors de ces jeunes. Les deux premiers lieux d’implantation sont Douai et La Garenne-Colombe. Selon Antoine Sire, directeur de l’engagement de BNP Paribas : « Le programme P-Tech crée de bons parcours scolaires, dans le secteur du numérique, au sein des quartiers défavorisés. Il s’agit d’apporter aux élèves un savoir-faire numérique, un développement du “savoir-être” et une compréhension du milieu de l’entreprise. » Il annonce également que les trois entreprises ont l’ambition d’être rejointes par d’autres pour un investissement démultiplié et une multiplication des programmes.


 

De l’Élysée aux annonces : un débat autour du concept de Tech For Good

 

La veille de l’ouverture du salon avait lieu comme l’année dernière un « sommet » Tech for Good au palais de l’Élysée. L’occasion pour certaines entreprises d’annoncer des engagements envers l’innovation sociale ou le secteur du non-profit, comme google.org qui a relancé le Google Impact Challenge avec des dotations importantes à la clé.

 

L’entreprise sociale HelloAsso a profité de l’occasion pour lancer sur les réseaux sociaux un jeu : #TechForGood ou #JustTech. À ce propos, on peut noter qu’après une tribune l’année dernière pour souligner que les « vraies » Tech For Good (comprendre les entrepreneurs sociaux qui ont fait de l’impact leur cœur de métier, à différencier des boîtes de la Tech qui ont des projets annexes) n’étaient pas conviées au sommet, l’entreprise affiche cette année encore des points de vue affirmés contre le #TechForGood-washing. Les arguments de Ismaël Le Mouel sont à lire dans La Tribune Bordeaux. HelloAsso vient de conclure un partenariat avec le moteur de recherches français Qwant pour lancer Qwant causes qui permet, à la manière de Ecosia ou Lilo, de faire des dons à des associations en effectuant des recherches sur le web.



 

Des remises de prix et des évènements imbriqués : émulation autour de la Tech à impact


 

Des remises de prix ESS ou Tech For Good et des annonces se sont imbriqués dans la grand-messe. En parallèle du salon, BFM Business et France Digitale ont organisé la première cérémonie des Tech For Good Awards, qui récompensent les startups françaises alliant technologie et innovation au changement. La remise de prix a récompensé un projet pour 6 catégories. Parmi les lauréats, on retrouve l’application de décryptage des étiquettes Yuka dans la catégorie « Santé », ou encore microDON, qui développe des solutions technologiques pour soutenir les associations via le microdon, et qui a remporté le prix dans la catégorie « Action citoyenne ».

Dans le cadre de son concours « Precious Water! », la Fondation FAMAE a récompensé 6 projets d’une dotation totale de 2 millions d’euros. Parmi ceux-ci, l’entreprise française Fonto de vivo a gagné le prix Sparknews pour ses purificateurs d’eau low-tech et durables destinés aux acteurs de l’humanitaire.

Par ailleurs Make.org a annoncé lors de l’évènement son plan d’action pour sa Grande Cause « Donner une chance à chaque jeune », établie après une consultation nationale qui a réuni 220 000 participants et 1,5 million de votes. Ce programme réunit 8 actions qui seront mises en œuvre sur les deux prochaines années avec le soutien des entreprises, associations et médias partenaires. Parmi celles-ci, on trouve notamment Mentor Express, une solution numérique qui proposera aux jeunes de milieux défavorisés de découvrir un métier grâce à un échange avec un professionnel avant d’être dirigés vers des dispositifs d’orientation et d’insertion. Ce projet est porté et soutenu par JobIRL, Article 1, NQT, BNP Paribas, Accor, Rectorat de Versailles et PwC.



 

Et pour écouter une vingtaine de minutes de débat entre 4 journalistes (Patrick Lonchampt, Antonin Amado de RSE Data News, Maud Vincent et votre serviteuse) sur leur expérience Viva Tech, vous pouvez écouter le replay de l’Éco des solutions du 27 mai 2019.

 

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