[CHIFFRE] 81 % des fondations existantes en France sont distributives

[CHIFFRE] 81 % des fondations existantes en France sont distributives
Tous les quatre ans, l’Observatoire de la Philanthropie publie une étude approfondie sur les fondations et fonds de dotation en France. Plusieurs tendances émergent dans le secteur philanthropique depuis 2013, en particulier, l’importante progression des fondations distributrices et de flux.


 

 

L’Observatoire de la Philanthropie, pôle d’expertise et de veille de la Fondation de France, vient de publier une étude sur les fondations et fonds de dotation en France. Son premier constat : le secteur philanthropique est en plein développement depuis 10 ans. En effet, plus d’un tiers (34 %) des 2 500 fondations aujourd’hui existantes ont été créées depuis 2010, et les fonds de dotation ont tous été créés depuis 2009.

 

Avec l’augmentation en nombre des véhicules juridiques de la philanthropie, vient leur augmentation en poids économique. En quatre ans (de 2013 à 2017), les ressources ont augmenté de 28 %, les actifs de 21 %. Les dépenses annuelles ont également explosé, augmentant de 36 % sur la période, pour atteindre 10 milliards d’euros annuels.


 

“Répondre à des besoins contemporains sans immobiliser les capitaux”

 

Pour l’Observatoire de la Philanthropie, “le rythme de croissance particulièrement rapide des ressources et des dépenses reflète le développement des fondations établies sur un modèle de flux”. Ces dernières, opposées aux fondations “pérennes” se constituent sans dotation et les apports annuels ont vocation à être dépensés à court terme pour des actions prédéfinies. Les fondations de flux deviennent majoritaires dans le paysage philanthropique, et le modèle traditionnel de la fondation avec dotation (capital bloqué) devient de plus en plus rare. Ainsi, plus de la moitié des fondations créées depuis 2010 sont des fondations de flux.

 

“Cette évolution est caractéristique de la philanthropie contemporaine, en France comme en Europe : les philanthropes souhaitent engager une action d’intérêt général de leur vivant pour répondre à des besoins contemporains, sans immobiliser leurs capitaux à long terme”, analyse l’Observatoire de la Philanthropie.

 

Parallèlement, les fondations distributrices – par opposition aux fondations opératrices, bien que certaines structures combinent les deux modes – , qui ont pour fonction de financer et d’accompagner des projets extérieurs avec des ressources essentiellement privées, connaissent un développement très important. Elles représentent aujourd’hui 81 % des fondations existantes (contre 74 % en 2013), et représentent même 90 % des fondations créées ces dix dernières années.

 

Les fondations distributrices représentent désormais 25 % du total des dépenses des fondations, soit 2,5 milliards d’euros, contre 18 % en 2013. Malgré cette augmentation, les fondations opératrices restent prédominantes dans le poids économique des fondations, étant gestionnaires d’établissements qui demandent un budget conséquent, essentiellement pour la masse salariale.

 

Priorité sur l’action sociale

 

L’étude menée par l’Observatoire de la Philanthropie permet de valider la tendance observée depuis 2013 quant aux domaines d’intervention des fondations, tous types confondus. L’action sociale reste le principal domaine d’intervention des fondations françaises (24 %), devant la santé et recherche médicale (17 %) et les arts et la culture (17 %). Mais en termes de dépenses, la répartition est sensiblement différente, puisque la santé et la recherche médicale représentent 47 % des dépenses, contre 29 % pour l’action sociale.

 

L’Observatoire de la Philanthropie note une différence d’action entre fondations distributrices et fondations opératrices : les premières sont très engagées pour l’insertion des personnes en difficulté économique, quand les secondes œuvrent davantage pour les personnes handicapées et âgées.

 

Consulter la synthèse de l'étude de l'Observatoire de la philanthropie sur les fonds et fondations en France

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