[CNJ] Les maux du logement

[CNJ] Les maux du logement
Les chiffres que vous découvrirez dans ce dossier thématique cette semaine sont parlants, la France et l’Europe souffrent du mal-logement depuis plusieurs décennies. Logements vides, insalubrité et marchands de sommeil défraient l’actualité de temps à autre. Pourtant, l’indifférence est souvent de mise. Le mal-logement apparaît comme un pis-aller alors que tant sont sans abri. Ce que l’on se dit souvent, c’est alors que ce n’est “pas si pire”, puisque avoir un toit, c’est déjà quelque chose.


 

Beaucoup de silences se cachent derrière cette question, entre le désaveu des pouvoirs publics et la honte des personnes mal-logées… Les chiffres sont souvent militants et les témoignages difficiles à trouver. Cette question traitée en demi-teinte est pourtant dramatique quand on sait les problèmes physiques et psychiques qu’elle entraîne : difficultés professionnelles, cassures sociales et familiales, mauvaises rencontres et vice immobilier... On bascule vite dans le mal-logement. Mais la pudeur nous fait souvent fermer les yeux. Par peur d’identification certainement ; par honte d’une situation d’ampleur nationale aussi.

 

Être logé·e dignement : un droit fondamental

 

La Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 statue : « Considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde. » Les recherches sur le droit au logement nous ont amené ainsi à différencier les droits « liberté » comme ceux de presse ou de pensée, très identifiés. Et les droits « créance » plus difficilement décelables dont le droit au logement fait partie. Il est intrinsèque à la notion de dignité ou encore, comme l’explique l’association DALO [Droit Au Logement Opposable], inclus « dans la référence à des “ moyens convenables d'existence ” – une décision du 19 janvier 1995 du Conseil constitutionnel a qualifié le droit au logement d' “objectif à valeur constitutionnelle ”.» La société a ainsi l’obligation de s'organiser pour qu'une « offre de logements d'un coût compatible avec les ressources des plus pauvres soit disponible». Car c’est bien de dignité qu’il s’agit. Être logé·e dignement est un droit fondamental et les consciences, acteurs publics et citoyens, doivent s’emparer du sujet. Faire société, c’est aussi bien loger.  

 

Devant une situation critique, des notes très positives contrastent. Quelques associations en ont fait leur fer de lance. Quelques fondations d’entreprises l’ont incluse dans leur champ d’intervention. Le potentiel de progrès sur cette question est immense, et l’action de celles et ceux qui s’engagent au quotidien pour le développer est à saluer et à mettre en lumière. C’est tout le propos de ce numéro 12 du Carenews Journal.  

 

Article extrait du Carenews Journal n°12, printemps 2019, consacré au mal-logement.



 

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