La Fondation Groupe EDF participe à l’ouverture d’une Maison Rose à Paris

La Fondation Groupe EDF participe à l’ouverture d’une Maison Rose à Paris
Le cancer est en progression. On compte aujourd’hui 385 000 nouveaux cas de cancer par an. Rose up, association nationale de patients atteints de cancer de tous types, principalement des femmes, vise à accompagner les malades pendant et après leur maladie pour que ces personnes restent actrices de leur vie. Elle publie notamment Rose Magazine, un magazine d’information pour les malades créé sur les modèles des magazines féminins, tiré à 180 000 exemplaires et distribué dans tous les centres de cancérologie gratuitement. Depuis 2017, l’association met en place des Maisons Rose, pour accueillir les malades dans un lieu convivial et les accompagner tout au long de leur parcours. Une Maison Rose vient d’ouvrir à Paris le 3 juin et sera officiellement inaugurée mardi 18 juin, avec notamment le soutien de la Fondation Groupe EDF. Isabelle Huet-Dusollier, directrice adjointe de Rose Up en charge du développement et des partenariats, explique ici tout ce que cette maison pourra apporter aux victimes de cancer, notamment sur la question du retour à l’emploi.


 

Une Maison Rose a ouvert récemment au coeur de Paris. De quoi s’agit-il ?

 

Rose Up est née d’une expérience personnelle d’une journaliste atteinte du cancer, Céline Lis Raoux, qui s’est retrouvée totalement démunie en matière d’information et d’accompagnement sur sa maladie et sur sa vie avec la maladie. Elle a donc lancé un féminin gratuit, Rose magazine. L’objectif est de fournir de l’information aux femmes touchées par le cancer dans une démarche d’empowerment. Le succès du magazine a donné l’idée aux fondatrices de l’association de transposer cet esprit dans un lieu, La Maison rose. La première a ouvert à Bordeaux. On l’appelle « maison » parce que c’est un appartement en centre-ville, bien décoré, très féminin, avec une salle de sport, une cuisine ouverte, un salon de beauté. Vous êtes accueillie dans un petit salon où vous pouvez prendre un café, rencontrer d’autres femmes et échanger car le sentiment d’isolement et de solitude des malades est très fort. La maison est un tiers lieu qui n’est ni l’hôpital ni la maison, car en tant que mère de famille ou épouse, on a tendance à beaucoup prendre sur soi pour protéger son entourage. La Maison Rose est un sas au sein duquel vous pouvez être vous-même et souffler. Les femmes accueillies peuvent assister à des conférences, des ateliers sur différentes thématiques : sport, nutrition ou encore beauté, massage et bien-être avec une socio-esthéticienne ; car la chimiothérapie constitue une grosse atteinte à la féminité, la peau change énormément et le corps est très endolori. Il y a des ateliers avec les enfants les mercredis et un samedi par mois avec les conjoints. La Maison à Paris est gérée par une équipe de 4 permanents.

 

Quel accompagnement vers l’emploi proposez-vous ?

 

1 malade du cancer sur 4 en activité au moment de l’annonce de la maladie change ou perd son emploi deux ans après son traitement. Le maintien le retour à l’emploi est un point très important pour nous dans cette démarche d’empowerment. Nous avons mis en place plusieurs outils comme des entretiens individuels avec un coach, à raison de 3 à 4 séances. Pour celles qui souhaitent changer d’emploi, nous les aidons à préciser leurs souhaits, à rédiger leur CV. Celles qui retournent dans leur entreprise sont accompagnées pour aborder cette question avec leur management car il est parfois très délicat de retrouver sa place lorsqu’on est parti pendant plusieurs mois. Nous proposons aussi des journées dédiées ainsi qu’un accompagnement collectif sur 3 à 4 mois, Rose Coaching Emploi. En groupes de 8 à 10, elles rencontrent plusieurs professionnels sur toutes les problématiques liées à l’emploi : coaching type bilan de compétences ; un psychologue du travail intervient sur les questions de confiance en soi et de positionnement ; un juriste et une assistante sociale interviennent pour les questions liées aux droits. Des médecins interviennent sur tout ce qui est lié aux troubles cognitifs car la chimiothérapie et l’hormonothérapie peuvent nuire à la capacité de concentration et à la mémoire. Le dernier volet est le travail sur le bien-être physique et l’image de soi avec la socio-esthétique. Ce programme est destiné en priorité aux femmes qui ont perdu leur emploi ou qui sont cheffes de familles monoparentales.

 

Comment cet accompagnement complète-t-il ce qui existe au niveau public ? Rose Up a-t-elle un rôle de lobbying ?

Le problème est qu’il n’existe pas grand-chose. Pôle emploi ne sait pas bien gérer ces problématiques spécifiques des malades du cancer et se tourne vers nous pour travailler en complémentarité. Nous agissons comme une sorte de « hub » rassemblant les différents acteurs du territoire. Nous nous sommes beaucoup investis sur la question de l’accès à l’emprunt, notamment pour les femmes qui souhaitent créer leur entreprise ou acheter un logement, en faisant voter un dispositif dans le cadre la loi de modernisation du système de santé de 2016 sur le droit à l’oubli, c’est-à-dire le droit au bout d’un certain temps de ne plus déclarer sa maladie à l’assureur.

 

Quel accompagnement de la Fondation Groupe EDF ?

 

La fondation nous accompagne financièrement pour monter les programmes d’accompagnement au retour à l’emploi. Nous venons de signer la convention et nous allons aussi bénéficier d’un soutien humain car le Groupe EDF mettra à notre disposition des salariés qui interviendront bénévolement sur ces aspects de coaching et d’insertion professionnelle. C’est très utile pour nous.

 

, , , , , ,