[CNJ] Parole de mal-logée : Samia, le parcours du combattant pour un logement

[CNJ] Parole de mal-logée : Samia, le parcours du combattant pour un logement
« Je suis fatiguée, je suis épuisée…» Samia est à bout. Depuis plus de 5 ans, cette mère célibataire de 54 ans tente tant bien que mal d’obtenir un logement, pour elle et son fils, aujourd’hui âgé de 18 ans.


 

 

En mai 2012, Samia quitte un logement social trop petit pour deux personnes. Et c’est « là que la galère a commencé», se souvient-elle. Depuis, elle et son fils sont trimbalés d’hôtels en chambres meublées, attribués par sa permanence sociale d’accueil. Des logements parfois inadaptés, comme cette chambre dans le 19e arrondissement avec un seul lit. «J’ai un gamin, il faut au moins qu’il ait sa chambre ! Ils se foutent de la gueule des gens !» On lui propose alors une chambre dans un hôtel du 18e arrondissement. Problème, c’est au 4e étage sans ascenseur et Samia est atteinte d’une maladie chronique qui l’handicape et l’empêche de monter les étages. « En plus il y avait des prostituées dans l’hôtel », ajoute-t-elle. « Elles font ce qu’elles veulent, je ne juge pas, mais vivre là-dedans avec un enfant de 15 ans, c’est pas normal ! »

 

Quand elle n’a plus de solution, Samia s’installe avec son fils dans un box de voitures qu’elle loue dans un parking. Parfois, la situation semble s’améliorer. L’assistante sociale de Samia parvient à lui trouver un logement décent, et adapté à sa situation. Mais à chaque fois, elle est remise à la rue, car la permanence sociale ne paie pas le loyer à temps.

 

Aujourd’hui, Samia s’est vue attribuer une chambre dans un foyer du 12e. Mais, encore une fois, pas de pièce séparée pour son fils. Alors elle le laisse seul dans le foyer et elle passe ses nuits chez des amis, ou dans le box de voitures… «Je ne sais plus quoi faire, se lamente Samia, j’appelle tout le monde, j’écris partout, et ça ne bouge pas. Mon fils n’est pas bien… Il a redoublé sa terminale. Ça me rend malade ! ‚»

 

Devant son garçon, Samia tente de faire bonne figure, mais il lui arrive de craquer. «Parfois dans le métro je pleure. Je n’en peux plus… Je ne demande pas l’impossible, juste un logement normal pour mon fils et moi ! »

 

Article extrait du Carenews Journal n°12, printemps 2019, consacré au mal-logement.

 

, , , ,