Antoine Sire (BNP Paribas) & Bertrand Kern (maire de Pantin) : interview croisée

Antoine Sire (BNP Paribas) & Bertrand Kern (maire de Pantin) : interview croisée
L’un est maire de Pantin, l’autre directeur de l’engagement pour BNP Paribas, premier employeur de la ville. Bertrand Kern et Antoine Sire ont ensemble récompensé deux lauréats lors de la cérémonie de remise des prix 2019 de La France s’engage à la Cité Fertile. Tous deux reviennent sur les liens, très fertiles, qui les unissent dans le projet de transformation de la ville.


 



 

Quels liens existent-ils entre BNP Paribas et la ville de Pantin ? Quel rôle joue BNP Paribas dans les transformations de la ville de Pantin ?

 

Bertrand Kern : BNP Paribas est aujourd’hui le premier employeur de la ville. Nous avons travaillé entre 2004 et 2009 à sa venue sur Pantin. Le groupe emploie ici aujourd’hui plus de 3 500 salariés. Avec BNP Paribas, nous avons réussi à réhabiliter ces deux très beaux grands moulins de Pantin qui dominent le périphérique à l’Est. Cela a été la première pierre du renouveau économique de Pantin. BNP Paribas est une entreprise qui répond aux demandes de la ville, celles d’être une entreprise citoyenne, présente et qui n’est pas là que pour gagner de l’argent. L’entreprise irrigue le territoire et fait vivre les solidarités. BNP Paribas passe des conventions avec la ville pour participer aux financements des médiateurs de rue ou de différentes associations en lien avec la jeunesse. Une entreprise, ce n’est pas un lieu qui s’ouvrirait le matin pour accueillir les salariés jusqu’au soir. Ce doit être un acteur du territoire ! 

 

Antoine Sire : Quand nous sommes arrivés en 2009, nous nous sommes dits que l’on ne pouvait pas devenir le premier employeur privé dans un département comme la Seine-Saint-Denis, qui avait ses problèmes, sans créer une relation particulière avec ce territoire. Nous sommes une banque urbaine. Nous essayons de créer un écosystème positif : nous sommes à la fois un banquier, un employeur, un acteur du mécénat, un partenaire de l’économie sociale et solidaire. Nous voudrions développer l’habitat et nous avons aidé à l’installation de  transports en commun. Act for Impact, notre incubateur, accueille les entreprises clientes pour les aider à essaimer et à se fertiliser ensemble. Participer à la rénovation et à la transformation d’un quartier et aux expérimentations, au-delà d’y installer des immeubles, c’est le type d’empreinte que nous souhaitions laisser à Pantin.

 

Nous sommes ici à la Cité Fertile, pourquoi avoir fait ce choix pour accueillir les 5 ans de La France s’engage ?

 

Bertrand Kern : Cela avait du sens, car la Cité Fertile est un lieu urbain éphémère dans l’attente de la construction d’un éco-quartier. Aujourd’hui tout l’enjeu de la transition écologique est  qu’elle ne soit pas punitive, mais sociale et solidaire. Quand on regarde les initiatives soutenues par La France s’engage et qui ont été primées ce soir, on voit bien des innovations sociales, solidaires, écologiques, techniques qui visent à aider le plus grand nombre et ceux qui en ont le plus besoin. C’est un message fort envoyé pour dire : voilà, la Cité Fertile, La France s’engage, sont des choses qui marchent ensemble, main dans la main, en complémentarité et cela est important.

 

Antoine Sire : Quand nous avons appris que les anciens terrains de la SNCF de Pantin allaient servir à créer la Cité Fertile, un tiers-lieu d’agriculture urbaine et d’expérimentation, nous avons décidé de devenir partenaire. Nous sommes également partenaire de La France s’engage depuis ses débuts en 2014. Nous soutenons son éco-système qui veut réveiller des lieux, des campagnes, aider les personnes handicapées, les personnes réfugiées… Nous nous sommes dits que la Cité Fertile serait le meilleur endroit pour fêter les 5 ans de cette formidable fondation. Nous avons donc mis le lieu à disposition pour cette cérémonie.

 

Le président de la Fondation la France s’engage, François Hollande, a dit dans son discours de clôture que  « l’État ne peut pas tout » pour soutenir l’innovation sociale et que l’on a besoin de « plus de financements privés ». Qu’en pensez- vous ?

 

Bertrand Kern : Lionel Jospin l’a dit il y a quelques années, et cela lui avait été reproché. Mais je suis d’accord avec François Hollande, l’État ne peut pas tout. Il faut qu’il y ait une complémentarité entre l’action publique et des acteurs privés qui s’investissent, pour compléter cette action publique. Ce n’est pas un remplacement mais un complément indispensable. L’action publique sera toujours à l’initiative : celle qui fera que les choses se passeront, que les actions sur nos territoires seront aussi intéressantes que celles qui ont été récompensées ce soir.  

 

Antoine Sire : Nous en sommes absolument convaincus. Le fait de travailler sur l’innovation sociale, sur l’égalité des chances et l’écologie sont des sujets qui, chez nous, sont essentiels et ancrés dans la culture de BNP Paribas. Aujourd’hui nous nous fixons les 17 objectifs développement durable de l’ONU. Ces objectifs d’entreprise sont au même niveau que nos objectifs financiers. Par exemple, en ce moment plus de 300 cadres de BNP Paribas donnent de leur temps pour mentorer les jeunes aidés par l’association Nos quartiers ont du talent. L’association agit pour la réussite de tous dans les quartiers politiques de la ville.  Ce soir, parmi les initiatives récompensées par La France s’engage, le projet Résonantes qui vient en aide, grâce à une application, aux femmes victimes de violence. Ce qui est intéressant est que notre agence de Nantes avait décidé de soutenir cette association avant de savoir qu’elle serait récompensée par La France s’engage. Cela montre bien que nous sommes à l’écoute de ces sujets et c’est une satisfaction !

 

 

 

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