Journée mobilité sociale de la Fondation Transdev : focus sur l’atelier culture

Journée mobilité sociale de la Fondation Transdev : focus sur l’atelier culture
Mardi 18 juin 2019, la Fondation Transdev organisait une journée autour des enjeux liés à la mobilité sociale au théâtre Gérard Philippe de Saint-Denis. Après les interventions magistrales du matin, les différents ateliers de l’après-midi – éducation, santé, culture, emploi, sport, cohésion sociale – ont permis d’échanger avec les acteurs associatifs, experts et parrains du groupe Transdev. Focus sur l’atelier consacré à la culture.


Julien Bassouls de la compagnie de théâtre d’enfants Tamèrantong!, Amandine Le Moan de l’association de cinéma itinérant à vélo Cinécyclo, Philippe Mourrat, ex-directeur de la Maison des Métallos et Laure Grangeon, salariée du groupe Transdev, également correspondante de la Fondation (en Île-de-France) étaient présents aux côtés de Simon Bitaudeau, modérateur et responsable Mécénat et Investissements citoyens du réseau Les entreprises pour la Cité. « L’accès à la culture est-il le premier pas sur la voie de l’émancipation sociale ? », interroge Simon Bitaudeau en guise d’introduction. 

 

Démocratie et droits culturels

 

« L’accès à la culture est un terme qui me rebute un peu, prévient Philippe Mourrat, ex- directeur de la Maison des Métallos. L’accès sous-entend s’élever alors qu’il faut s’en emparer. Je crois à une démocratie culturelle plutôt qu’à une démocratisation de la culture. »  Julien Bassouls de la compagnie Tamèraentong! acquiesce et poursuit : « Il y a un mot que je n’ai pas entendu ce matin lors des interventions et que j’aime bien, c’est empowerment, c’est-à-dire non pas la culture descendante mais celle qui vient d’en bas. » Le directeur de la compagnie en sait quelque chose. Depuis sa création en 2001, Tamèrantong! crée et met en scène des pièces de théâtre avec des enfants en difficulté à partir de leurs envies et préoccupations.

Au fond, de quelle culture parle-t-on ? « Nous sommes tous porteur d’une culture et nous avons tous droit à la reconnaissance de cette culture », insiste Philippe Mourrat, rappelant ainsi la déclaration de Fribourg de 2007 sur les droits et la diversité culturels. Avant d’être directeur de la Maison des Métallos, Philippe Mourat a créé les Rencontres de la Villette, un évènement annuel populaire et engagé autour de toutes les dimensions artistiques – danse, théâtre, musique. 

 

Le relais indispensable des fondations

 

Pour Amandine Le Moan de l’association de cinéma itinérant Cinécyclo qui organise des projections en France, au Sénégal et en Equateur, il faut « favoriser les partenariats » pour renforcer les projets et valoriser l’échange de bonnes pratiques. « Comment mesurez-vous l’impact de votre action ? », demande une auditrice aux intervenants.  De l’avis de tous, il est très difficile de mesurer avec précision les effets d’une action culturelle. Pour Julien Bassouls de Tamèraentong!, la plus grande réussite, c’est lorsqu’il y a une réappropriation des pratiques ou quand « un jeune qui est passé par la troupe revient des années plus tard et devient encadrant ».

Autre point très discuté lors de cet atelier, celui des freins dans le fonctionnement des associations culturelles. « Trop peu de financements de fonctionnement existent, les emplois aidés ont été supprimés, on tire sur l’engagement associatif », rappelle Julien Bassouls. Il détaille  les difficultés de sa compagnie. Autour de la table, les intervenants se désolent des baisses de financements publics mais reconnaissent le relais salutaire pris par les fondations telles que Transdev. À l’écoute, Laure Grangeon de Transdev, acquiesce. La correspondante Île-de-France de la fondation, également marraine de plusieurs associations, connaît leurs difficultés. En guise d’encouragement, elle conclut : « Il faut garder l’envie. »

 

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