[ÉTÉ] 2018-2019 : une année d’engagement  ! 

[ÉTÉ] 2018-2019 : une année d’engagement  ! 
Quartorzième article de nos cahiers de vacances sociaux et solidaires. L’été est enfin arrivé, le soleil brille, la chaleur est au rendez-vous. Tous les éléments pour être de bonne humeur sont réunis et Carenews n’échappe pas à un élan de « positive attitude ». Pour rester dans ces « good vibes », voici quelques bonnes nouvelles qui ont marqué l’année. Petit indice : citoyens, entrepreneurs, grands groupes, politiques... Qu’il s’agisse de levée de fonds, d’ISR, d’évènements... Tout le monde s’est (un peu) engagé ! 


 

 

Les belles levées de fonds de l’ESS

 

Phenix : le gaspillage renaît de ses cendres ou plutôt évite l’incinérateur. Depuis sa création, l’entreprise connaît une superbe croissance. Cette année, elle a racheté Graapz, réussi une levée de fonds de 15 millions d’euros et lancé sa propre appli anti-gaspi, Wearephenix. 

 

Simplon.co a bouclé un tour de table de 12 millions d’euros auprès d’investisseurs à impact pour réussir son changement d’échelle. Décide de partager sa méthodologie en open source. 

 

 La coopérative Aptic a levé 2 millions d’euros en décembre 2018. Elle déploie le pass numérique, une sorte de carte cadeau ou de titre restaurant qui permet à son bénéficiaire de payer une partie ou la totalité de services numériques proposés dans des lieux précis. 

 

Hydrao a récolté 2 millions d’euros en début d’année. Avec ses pommeaux de douche, l’entreprise veut réduire la consommation d’eau pendant les douches. 

 

Alenvi a levé 1,1 million d’euros pour continuer à « humaniser l’aide à domicile » en renforçant la formation des auxiliaires et facilitant la prise en charge grâce au digital. 

 

Les fonds qui misent sur le social et l’environnement 

 

La région Île-de-France a récolté 3 millions d’euros supplémentaires pour le nouveau fonds d’investissement régional InvESS Ile-de-France, qui remplace Equisol. Objectif : augmenter les subventions apportées aux projets d’impact. 

 

L’incubateur Makesense a lancé SEDD 1, un premier fonds d’investissements dédié aux startups à fort impact social qui sont en phase de démarrage. Son enveloppe s’élève à 8,2 millions d’euros et a été financée par le Fonds européen d’investissements, la Banque des Territoires, BNP Paribas, Revital’Emploi et des investisseurs individuels. 

 

 

Tous les acteurs au diapason ! 

 

Réveil étudiant ! 

Dès le début de l’année universitaire (octobre 2018), des étudiants français et étrangers ont lancé un « manifeste étudiant pour un réveil écologique ». À travers cette initiative, ils appellent les entreprises à renforcer leur politique RSE et agir dans des valeurs écologiques, sociales et sociétales. À ce jour, le manifeste a récolté plus de 30 000 signatures. 

 

Les entreprises s’engagent ! 

En janvier dernier, une alliance composée de dirigeants de grandes entreprises* signe un « Manifeste du mécénat de compétences ». Chaque dirigeant s’engage ainsi à déployer un programme de mécénat de compétences sur le temps de travail de leurs salariés et à encourager d’autres entreprises à suivre le mouvement. D’ici à 2021, ils espèrent ainsi mettre en place un véritable écosystème valorisant cet engagement. 

 

Entrepreneurs, mobilisez-vous ! 

Le collectif #noussommesdemain regroupe des organisations qui veulent promouvoir l’engagement social et environnemental des entreprises. Ce collectif, initié en 2018 par le Mouves, organise la première Université d’été de l’économie de demain les 3 et 4 septembre prochain. Durant ces deux jours, les entrepreneurs seront invités à explorer de nouveaux modèles économiques durables et responsables lors de talks, de workshop et de débats. 

Notons également l’immense succès de ChangeNow, un sommet international qui célèbre les changemakers. Durant 3 jours, startups innovantes triées sur le volet et acteurs engagés partagent leur vision du monde et les stratégies à adopter pour développer une économie plus responsable. L'événement, tout juste âgé de deux ans, organisera son prochain sommet au Grand Palais début 2020. 

 

Le Gouvernement légifère ! 

 

Loi Pacte : une raison d’être et d’espérer

En mai 2019, la loi PACTE de transformation des entreprises, en discussion depuis 2017, a été promulguée. Son entrée en vigueur annonce des avancées pour le secteur de l’ESS : 

- renforcer l’engagement des entreprises en leur permettant d’inscrire leur raison d’être dans leur statut ou en devenant des « sociétés à mission ». 

- obligation pour les assureurs d’inclure, d’ici 2022, des investissements labellisés ISR, TEEC ou Finansol dans les assurances vies. Elles devront aussi clarifier leurs offres en précisant quelle partie de leurs produits financent des projets sociaux et environnementaux. 

- élargissement du label ESUS pour renforcer le secteur de l’ESS.  

 

Début juillet 2019, Brune Poirson, secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, a présenté son projet de loi économie circulaire devant le Conseil des ministres. Ce texte comprend notamment l’interdiction, pour les entreprises, de jeter leurs invendus non alimentaires. 

 

Finance verte : un nouveau but ? 

 

La finance a aussi réalisé sa mue cette année. Consciente de la nécessité de se tourner davantage vers le financement de projets durables, les acteurs économiques se mettent au « vert ».

Le président de la compagnie pétrolière BP, Heldge Lund, a ainsi expliqué dans le Financial Times que « l’avenir de l’entreprise passerait par un modèle bas carbone ». Un appel entendu par les actionnaires qui ont voté pour une résolution en ce sens (proposée par le groupe d’investisseurs Climate Action 100+).

De son côté, Aviva s’est vue décerner le label Finansol de la finance solidaire pour son fonds d’investissement Aviva Impact Investing France dédié au financement de l’innovation sociale et environnementale.

La banque BNP Paribas, quant à elle, s’est vue décerner le titre de « meilleure banque au monde pour la finance durable » en 2018 lors de la cérémonie des Euromoney Awards for Excellence. Le prix a souligné la décision du groupe de ne plus financer les énergies fossiles ou encore le tabac pour contribuer à la réalisation des ODD. BNP Paribas Asset Management (le métier gestion d’actifs de BNP Paribas) a par ailleurs renforcé sa politique d’engagement envers les ODD en annonçant en mars dernier l’intégration de ces critères à l’ensemble de son portefeuille via un programme de Stratégie Globale « Sustainability ».

 

En juin dernier, Paris et Londres ont lancé un appel commun en faveur de la finance verte. Les deux villes veulent développer un outil de vérification des engagements pris par les principaux investisseurs des places financières. À terme, la France souhaiterait uniformiser cette pratique au sein de Bruxelles. 

 

Malgré des indicateurs au vert (clair) dans de nombreux domaines, la tâche est encore grande. Le climat est au cœur des enjeux politiques, économiques et stratégiques d’aujourd’hui et de demain. Pourtant, devant l’inaction du Gouvernement, Nicolas Hulot, alors ministre de la Transition écologique et solidaire, donne sa démission. Quelques mois plus tard, c’est au tour de François de Rugy de laisser la place à Elisabeth Borne. 

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