L'artiste B. Toguo, mécène et créateur d'un lieu culturel original au Cameroun.

L'artiste B. Toguo, mécène et créateur d'un lieu culturel original au Cameroun.
Barthélémy Toguo est un artiste camerounais qui vit en France. En 2008, partant du constat que la plupart des grandes œuvres d'art africaines, aussi bien classiques que contemporaines, ne se trouvent plus sur le continent africain mais dans de prestigieux musées européens ou américains, Barthélémy Toguo a entrepris de créer, en mobilisant ses fonds propres, un lieu culturel original dans la région natale de ses parents – les hauts plateaux bamilékés, à l'ouest du Cameroun.


Cette nouvelle institution a été baptisée Bandjoun Station et comprend une salle de spectacle d'environ 1000 places, ainsi que 3 plateaux d'exposition. L'une de ces expositions présente une collection de près de 1000 œuvres d'art contemporain et d'art classique africain.

L'originalité de l'initiative réside notamment dans l'existence d'un espace cultivable au sein duquel une agriculture de consommation bio est déployée sur quatre hectares, où poussent de la banane douce, du haricot blanc, du maïs jaune. Outre le fait que le chantier a permis de faire travailler quarante maçons, et donc de faire vivre quarante familles pendant toute sa durée, la double dimension artistique et agricole du projet a contribué à ce que les habitants de Bandjoun s'approprient petit à petit le lieu, qui avait d'abord pu paraître étrange ou inquiétant à certain d'entre eux, avec ses grandes baies vitrées et les installations artistiques parfois déroutantes qu'ils pouvaient y voir.

L'existence et les activités du centre reposent sur une réflexion politique affirmée : l'idée même de sa création est née de l'analyse critique que Barthélémy Toguo fait de « l'absence d'une vraie politique culturelle en Afrique » ; le terrain dédié à l'agriculture bio vise à contrer l'implantation de multinationales qui utilisent des graines génétiquement modifiées et utilisables une seule fois ; enfin, l'existence de trois hectares de cafetiers plantés en 2010 s'inscrit dans le cadre d'un projet critique sur les échanges Nord / Sud, visant à dénoncer le processus d'appauvrissement des agriculteurs africains engendré par la possibilité pour l'Occident de fixer les prix du café à l'échelle mondiale.

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