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[ENTRETIEN] Violaine du Châtellier, fondatrice du magazine solidaire debout

[ENTRETIEN] Violaine du Châtellier, fondatrice du magazine solidaire debout
Plus de 11 millions de personnes souffrent de pauvreté ou d’exclusion en France. Pour lutter contre ce fléau et aider au quotidien les personnes atteintes par la précarité sociale et financière, Violaine du Châtellier a fondé debout. C'est un magazine gratuit et pédagogique, qui leur est destiné et qui propose des solutions concrètes sur tous les sujets du quotidien.


Quel est le parcours vous ayant amenée à créer un magazine destiné à ceux qui souffrent de précarité ou d’exclusion ?

Si j’ai commencé mon parcours professionnel dans la finance à la Banque Mondiale. Très vite, et jusqu’en 2009, ma carrière s’est développée dans la presse magazine et la communication. J’y ai surtout traité des questions patrimoniales, fiscales, de crédit et plus généralement abordé tous les thèmes de l’argent. J’ai aussi réalisé des rapports annuels sur l’engagement social des entreprises. Parallèlement j’étais engagée auprès d’associations spécialisées dans la lutte contre l’exclusion. Une situation qui me permettait à l’époque d’aider des associations à se faire connaître car j’assurais leur communication et leurs relations presse. C’est en 2013 qu’épaulée par des entreprises, des associations, des lecteurs et des media, j’ai pu construire le magazine gratuit s’adressant aux 12 millions de personnes traversant des difficultés et n’arrivant pas à joindre les deux bouts.

 

En quoi consiste la ligne éditoriale du magazine ?

L’idée est de rendre l’information pratique et utile aussi attrayante que possible. Raison pour laquelle le magazine est beau et non stigmatisant. Il s’agit de proposer des solutions concrètes, des conseils adaptés et des idées inspirantes sur tous les thèmes du quotidien dans le but de l’améliorer. Sont traités les sujets tels l’argent, l’emploi ou le logement, mais aussi la santé, le sport, la culture, la psychologie et même les vacances. Car la précarité n’est pas seulement financière, beaucoup souffrant surtout d’isolement. A ceux-là nous proposons des solutions concrètes pour revenir vers la société. Car toute information contenue dans debout doit permettre le passage à l’acte. Nous avons d’ailleurs conçu une rubrique consacrée au partage d’initiatives. Dans les 56 pages du magazine dont deux fiches pratiques, nous donnons seulement des informations positives. Et nous voulons installer un lien durable avec nos lecteurs avec les numéros trimestriels et les deux hors-série thématiques prévus pour 2015.

 

Comment assurez-vous la distribution mais aussi le financement du magazine dont le premier numéro a été tiré à 170 000 exemplaires ?

debout doit aussi être un outil de lien social, c’est pourquoi il s’agit d’un magazine papier. Nous souhaitons qu’il soit donné de la main à la main, qu’il s’agisse d’un échange, d’un moment de partage entre les 8 millions d’aidants (travailleurs sociaux, acteurs du tissu associatif, agents publics….) et les 12 millions de personnes qui vivent une situation de précarité. Près de la moitié du volume imprimépart vers les banques alimentaires où les associations le trouvent en venant s’approvisionner. L’autre moitié est distribuée par différentes structures qui accompagnent notre lectorat : associations, centres sociaux, mairies, missions locales, structures d’action sociale ou d’insertion professionnelle et aussi les entreprises partenaires. À terme, nous espérons une distribution dans les hôpitaux, les centres médicaux, les organismes sociaux tels que le Pôle Emploi, voire certains commerces de proximité. Pour financer la fabrication du magazine auquel 14 journalistes et photographes apportent leur contribution, nous faisons appel au mécénat d’entreprise sous toutes ses formes, au soutien des institutions publiques et à la générosité du grand public. Aussi paradoxal que cela soit, nos lecteurs sont de grands contributeurs, certes pour de petits montants individuels, mais c’est un beau témoignage de l’utilité de ce magazine unique en son genre.

La page Carenews de debout et le site.

 

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