Des lycéens de Bangkok organisent une levée de fonds contre le trafic d'enfants

Des lycéens de Bangkok organisent une levée de fonds contre le trafic d'enfants
28 lycéens de la classe de Seconde B du lycée français de Bangkok ont organisé, à la fin de l'année 2014, un projet de levée de fonds destiné à la lutte contre la prostitution enfantine et le trafic d'enfants en Thaïlande. Un projet d'autant plus fort que la Thaïlande est le deuxième pays du monde à présenter les chiffres les plus dramatiques en termes de trafic d'enfants.


Selon l'UNICEF, environ 1 million d'enfants sont enlevés pour devenir, dans leur pays d'origine ou à l'étranger, des travailleurs clandestins, des domestiques, parfois exploités dans des conditions proches de l'esclavage, des mendiants ou des petits délinquants. L'adoption illégale, l'escroquerie aux prestations sociales et le transport de drogues sont d'autres motifs d'enlèvement. Certains enfants sont même forcés de devenir des bombes humaines, comme cette petite fille de 7 ans qui a commis un attentat-suicide au Nigeria le 22 février dernier.

Ces enfants entrent parfois illégalement dans les pays industrialisés d'Europe ou aux États-Unis, mais des trafics existent également entre les différentes régions d'un même continent. En Afrique, par exemple, des enfants venus du Bénin, du Togo et du Nigeria sont vendus comme domestiques au Gabon ; En Asie, des enfants du Cambodge, du Vietnam, de Birmanie et de Thaïlande sont déplacés des zones rurales et deviennent des travailleurs forcés ou se prostituent dans les grandes métropoles.

La situation de la Thaïlande est, à cet égard, particulièrement préoccupante. C'est seulement depuis 1934 qu'il y est complètement interdit de vendre un enfant. Mais beaucoup de familles pauvres continuent de laisser partir leurs enfants car on leur promet qu'ils auront une vie meilleure et accès à l'école en ville.

La prostitution d'enfants et de jeunes filles, souvent âgées de moins de quinze ans, est également très répandue, notamment à cause du poids des tradition : en Thaïlande, la famille est parfois toujours considérée comme détentrice d'un pouvoir sur les enfants, si bien que certains enfants qui se prostituent perçoivent leur situation comme l'accomplissement d'un devoir filiale, leur permettant de travailler pour la prospérité et la survie de leur famille.

Le gouvernement thaïlandais a commencé à mettre en œuvre des mesures concrètes de lutte contre ce problème majeur. Il a notamment adopté de nouvelles lois contre le trafic humain et pour le respect des droits des enfants et signé des accords avec d'autres pays de l’Asie du Sud-est comme le Laos et le Cambodge qui connaissent les mêmes difficultés. Plusieurs rapports de HumanTrafficking.org montrent toutefois que ces mesures restent insuffisantes à l'heure actuelle.

Conscients des situations dramatiques et de l'environnement terrible auxquels sont confrontés certains enfants qui vivent tout près d'eux, les 28 élèves de la classe de seconde B du lycée français de Bangkok ont donc entrepris de récolter des fonds, des vêtements, des jouets mais aussi des pâtisseries provenant de dons de leurs familles, leurs amis, d'autres particuliers et des sponsors de l'opération (EDF, Michelin et Geodis). Les pâtisseries et certains de ces objets ont été vendus par les lycéens. Les fonds récoltés, ainsi que les objets restants, ont été redistribués à des enfants âgé de 6 à 16 ans et victimes de prostitution en Thaïlande.

 

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