[RADIO] Les mécènes : bienfaiteurs philanthropes ou patrons véreux ?

[RADIO] Les mécènes : bienfaiteurs philanthropes ou patrons véreux ?
Une chose est sûre : pas de musique sans mécènes ! Avant l'invention du ministère de la Culture, les artistes musiciens grâce au mécénat, cette action de personnes privées qui permet de financer les œuvres. Dans son émission "Vous avez dit classique ?" (France Inter), Elsa Boublil a abordé ce thème, en se demandant si les mécènes étaient des bienfaiteurs philanthropes ou des patrons véreux.


Mozart, Bach, Haydn, Monteverdi, Jean-Philippe Rameau, ces grands noms de la musique classique ont tous bénéficié du mécénat afin de développer leur carrière. Si le mécène aide à vivre son artiste, normalement sans contrepartie, la réalité est bien plus complexe.

Le mécénat peut être bienveillant mais également engendrer un rapport de dépendance de l'artiste à son commanditaire.

Elsa Boublil le rappelle : "Il n’est pas rare que les musiciens soient traités comme des domestiques. Les géniaux Bach, Haydn, Mozart dépendent de ces riches amateurs de musique, princes, archevêques ou rois et leur liberté en est souvent réduite." Si bien qu'une relation dominé-dominant se créé. Certains mécènes n'ont pas hésité à s'approprier les oeuvres de leur pupille. C'est le cas du comte Franz von Walsegg qui a commandité le Requiem de Mozart et aurait voulu s'en attribuer la paternité. Il fallut d'ailleurs beaucoup de courage à Mozart pour s'émanciper de sa tutelle.

Un lien d'autorité et un contrat d'exclusivité peuvent ainsi relier le mécène à l'artiste. Joseph Haydn pouvait cumuler de nombreuses activités mais toutes ses oeuvres appartenaient à son mécène, le Prince Franz Joseph Maximilian qui n'était autre que le mécène de Beethoven.

Il arrive néanmoins que le mécène soit un bienfaiteur bienveillant. La pianiste américaine, Nina Simone, a ainsi pu bénéficier de l’aide de nombreux mécènes pour lancer sa carrière. Au XXesiècle, de nombreuses salles de concerts ont pu ouvrir grâce au mécénat, qui a également permis à des artistes peu connus de s’y produire.

Aujourd’hui le mécénat s’est étendu à des domaines variés soutenus, pour beaucoup, par des entreprises.


Pour écouter l’émission “ "Vous avez dit classique ?" d’Elsa Boublil, c’est ici.

, , , , ,