Syrie: pression sur les observateurs de l'ONU
Alors qu'il fait désormais de moins en moins de doute que le régime de Bachar Al-Assad a utilisé des armes chimiques contre les rebelles à Damas, la mission d'observation d'urgence de l'ONU n'a eu accès qu'à certaines zones... Dont Damas ne faisait pas partie.


Des corps de femmes, d'enfants, de familles entières détruites ou suffocant sous le terrible gaz sarin: ces images font froid dans le dos mais sont bien réelles, actuelles, et font depuis hier le tour des chaînes de télévision.

Nous sommes à Damas, capitale syrienne vivant au rythme d'un conflit qui a déjà fait plus de 100 000 morts. Bien que les fronts soient bloqués sans que l'avantage se décide véritablement pour l'une au l'autres des parties engagées dans cette terrible guerre, Bachar Al-Assad aurait franchi une ligne rouge de la communauté internationale, celle de l'utilisation des armes chimiques.

Le Conseil de Sécurité de l'ONU, réuni mercredi soir, a dépêché en urgence une mission d'observation afin de vérifier l'utilisation d'armes chimiques et, selon les conclusions de cette enquête, de décider des actions à prendre. Pour rappel, la Charte de l'ONU prévoit l'usage de la force dans l'optique de protéger les civils.

Problème: alors que le Raïs avait promis la plus totale transparence au Conseil de Sécurité, les observateurs n'ont eu accès qu'à une poignée de sites où, bien entendu, ils n'ont pu vérifier l'usage d'aucune arme chimique.

Autre problème: Damas, ne faisiat pas partie de ces zones "visitables"...

Ce qui est sûr, c'est qu'une offensive vient d'avoir lieu dans une région aux mains de rebelles près de Damas et qu'elle a fait un grand nombre de victimes, même si le bilan reste imprécis. Alors que l'opposition a fait état de plus de 1 300 morts, le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane, n'a comptabilisé que 170 morts dans une attaque menée par les troupes du régime, mais sans pouvoir confirmer un recours aux armes chimiques. Et selon l'OSDH, qui s'appuie sur un large réseau de militants et médecins sur place, les forces aériennes et militaires du régime ont de nouveau frappé jeudi le même secteur de l'attaque de la veille.

Si ces faits d'utilisations d'armes chimiques étaient avérés, Barack Obama serait au pied du mur: il a en effet promis une intervention militaire si cette fameuse ligne rouge était franchie.

Selon un haut responsable de Washington "Il y a de fortes indications sur une attaque aux armes chimiques(...), clairement par le gouvernement, mais il faut rassembler tous les faits pour déterminer notre action".

Dans le même temps, la communauté des ONG, avec en figure de proue Human Rights Watch, plaide pour une liberté d'action pour les observateurs onusiens. Une réaction en chaîne partira, ou non, de cette mission.

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