[ENTRETIEN] Arnaud Saurois,  maître de conférence associé,université de Poitiers

[ENTRETIEN] Arnaud Saurois,  maître de conférence associé,université de Poitiers
Arnaud Saurois est un fidèle. À sa région de Poitiers où il enseigne après y avoir été formé à l'université. À sa passion pour le mécénat sportif qu'il essaie de transmettre à travers enseignement, formation et conseil depuis près de quinze ans. L'intérêt général de proximité est son moteur.


Comment êtes-vous arrivé à un tel engagement dans le mécénat sportif  ?

Mon master de management sportif en poche j'ai tout de suite commencé à travailler en 2002 au Comité Départemental Olympique et Sportif (CDOS) de Charente-Maritime puis dans celui de la Vienne. En 2005 j'ai rejoint le Comité Régional de Poitou-Charentes comme directeur avant de devenir en 2001 responsable du Club Ambition Sport au Comité National Olympique et Sportif français. Dans ces quatre comités, j'ai travaillé sur les opportunités de financement privé des associations sportives amateurs. À l'époque le sujet du mécénat était en pleine évolution largement favorisée par la naissance de la loi Aillagon et les opportunités fiscales qu'elle offrait aux entreprises comme aux particuliers.

J'ai alors beaucoup travaillé à l'accompagnement de présidents et dirigeants de clubs sportifs dans leur développement. L'idée étant d'augmenter les moyens de financement en jouant une nouvelle carte, celle du mécénat, qui permet de faire plus de volume avec des petits montants. Car les clubs sportifs sont souvent de petites associations, mais elles sont très nombreuses puisqu'il existe 180 000 clubs en France.

Pour accompagner les dirigeants de clubs et les comités sportifs dans la recherche de financement privé j'ai réalisé en janvier 2004 un guide du mécénat sportif d'abord distribué dans tous les clubs de la Vienne. Celui-ci a été repris et utilisé sur tout le territoire national. Parce le mécénat était à l'époque surtout connu dans le milieu culturel, mais balbutiant dans le domaine sportif. C'est pourtant un moyen idéal d'établir un partenariat entre les entreprises (souvent de petite et moyenne taille) et les clubs sportifs locaux.

Parallèlement j'ai poursuivi mes activités de formation dans les collèges du Comité Régional Olympique et Sportif  (CROS). Maintenant je suis maître de conférences associé à l'Université de Poitiers où je forme les étudiants au mécénat dans le cadre du Master2 Management du sport.  J'interviens également dans la chaire de recherche et enseignement Sport et Santé Bien-Etre sous l'égide de la Fondation Poitiers Université

 

Comment voyez-vous évoluer le mécénat sportif  ?

La loi Aillagon a très bien fonctionné. Force est de reconnaître qu'en dix ans l'engagement de la sphère privée dans le mécénat s'est considérablement accru, y compris dans le domaine du sport. Malgré la crise qui sévit depuis 2008. Sous la pression de l'opinion publique, les entreprises sont de plus en plus engagées dans leur politique de Responsabilité Sociale et Environnementale (RSE). Elles cherchent à fonctionner de manière différente avec la sphère de l'intérêt général et l'on constate dans le sport la poursuite d'un glissement du sponsoring vers le mécénat.

Une nouvelle forme de relation a tendance à s'installer entre les entreprises et les présidents de clubs qui pourtant n'ont rien à leur vendre que d' accompagner des bénévoles engagés dans un travail collectif d'intérêt général.

Le mécénat est aussi une façon d'être acteur de la répartition d'une partie de son impôt en choisissant de soutenir un club sportif près de chez soi.

Je suis parfois surpris de voir  à quel point les adhérents bénévoles sont prêts à mettre la main au portefeuille pour le mécénat sportif.

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