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SAGES-FEMMES SANS FRONTIÈRES POUR UNE NAISSANCE JUSQU’AU BOUT DU MONDE

Bénin, Togo , …
SAGES-FEMMES SANS FRONTIÈRES POUR UNE NAISSANCE JUSQU’AU BOUT DU MONDE
Depuis 2007, l’association Sages-Femmes Sans Frontières contribue à combattre la mortalité infantile et maternelle dans les régions du monde privées de structures sanitaires. Un travail que les bénévoles réalisent dans le respect des rites et des coutumes.


Accoucher à même le sol ou totalement seule, voici quelques exemples auxquels sont confrontés les bénévoles de Sages-Femmes Sans Frontières (SFSF). Des méthodes bien éloignées du confort et de la sécurité des maternités occidentales. Depuis 2007, l’association a pour ambition de lutter contre la mortalité infantile et maternelle dans des zones reculées et privées de tous soins de santé.

Bénin, Burkina, Sénégal, Togo ou Inde... Pour chaque pays, le constat est le même. La mortalité des bébés à la naissance peut être réduite. L’association, elle, a choisi de miser sur l’accompagnement de ces populations, bien souvent ignorantes de leurs corps, de leurs besoins et des gestes de santé. Pour cela, les membres réhabilitent des dispensaires, des bâtiments pour que les naissances se déroulent dans un endroit sain. « Nous montons des projets de A à Z, explique Delphine Wolff, la fondatrice et présidente de SFSF. Nous allons à la rencontre des habitants et des autorités pour créer des relais sur place puis nous partons une fois que le projet est autonome. »

« On partage tout avec eux, ils sont étonnés que ce soit nous qui posions des questions »

Cette ambition repose sur une valeur fondamentale : former sans juger et sans se substituer. Pour mettre en application cette devise, l’association écoute, observe, s’immerge entièrement dans ces villages. « On partage tout avec eux, ils sont étonnés que ce soit nous qui posions des questions », confirme Delphine Wolff. Si la technique est payante, comme l’accrédite le succès des consultations, les 56 bénévoles, venus de tous bords et partant sur leur temps libre, sont souvent confrontés aux rites et cultures locaux : « Dans des villages très reculés en Inde, les femmes accouchent à même le sol. Une fois le bébé sorti, ils le roulent avec le cordon ombilical dans la terre et la bouse de vache pour perpétuer le lien avec les ancêtres. »

Mais si un accouchement est naturel, il n’en reste pas moins un acte à risque. Sauf que le rapport à la mortalité dans ces villages n’est pas le même qu’en Occident et la santé n’est pas la priorité. Alors pour respecter cette coutume, par exemple, les membres de SFSF l’ont adaptée pour plus d’hygiène. « Nous leur avons proposé de poser l’enfant sur sa mère et de placer le cordon dans un bocal avec de la terre et de la bouse », détaille la fondatrice de l’association. À chaque fois, les populations locales montrent une soif d’apprendre et de reconnaissance. En retour, l’apprentissage auprès des « matrones », ces femmes au statut particulier dans les villages, est riche. Ces échanges créent ainsi une confiance réciproque.

« Ce qui est plus dur c’est que les familles viennent vous dire merci. »

« Elles attendent qu’on fasse nos preuves », poursuit Delphine Wolff, qui décrit un accueil magique et des liens puissants entre les locaux et les équipes de SFSF. Voilà plus de 13 ans que Delphine Wolff, âgée de 36 ans et sage‐femme de formation, sillonne le monde. Un engagement précoce qui l’a forcé à apprendre son métier sur le terrain. À peine diplômée, elle réalisait des points de suture. En zone de guerre, elle a dû réaliser des césariennes alors que le gynécologue avait fui. Aujourd’hui, Delphine a arrêté de compter combien elle avait mis d’enfants au monde. Il y a ces petits succès comme la naissance de triplés ou sept fois de jumelles. Il y a aussi ces nombreux décès de nourrissons ou de mères, malgré ses efforts. « Ce qui est le plus dur, c’est que les familles viennent vous dire merci », confie‐t‐elle.

La venue de SFSF dans ces villages est aussi l’occasion de se faire soigner. « On voit tout le village », détaille la présidente, qui parle de véritable médecine de campagne allant de l’orthopédie à la chirurgie. Pourmener à bien ces missions de santé, l’association repose sur une mécanique bien rodée. Comme pour les soins, SFSF envoie sur le terrain des professionnels. C’est le cas de Nicolas. Originaire d’Agen, ce père de famille revient d’une mission de 15 jours en Inde où il a appris tout ce qu’il savait sur la logistique, de l’organisation d’un camp à l’acheminement des médicaments, à celui qui est devenu son « collègue », son ami, Anbu, un villageois. Logisticien, infirmier, enseignant... chacun peut trouver sa place.

2016, Objectif inde : une maison de naissance va voir le jour

Avec un taux de mortalité infantile de 42 pour 1 000 en 2012, l’Inde représente toujours 22 % des décès d’enfants de moins de 5 ans dans le monde et plus d’un quart des décès de nouveau‐nés, selon un rapport conjoint de l’ONU, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et la Banque mondiale publié en 2013. En novembre 2014, l’association se rend à 200 kilomètres au nord de Pondichéry, dans le sud du pays. Cette fois‐ci, Delphine Wolff, en partenariat avec l’ONG indienne Community Seva Center, a lancé une campagne de soins itinérants pour ces populations éloignées de tout système de santé. Avec sa version indienne, Midwives Without Borders, SFSF a mené cette hiver une campagne de consultations obstétriques. Avec comme idée de créer une maison de naissance cette année. Pour cela, Delphine Wolff a formé une nurse indienne, qui est devenue son bras droit. D’autres femmes sont ou vont être formées au travail de sage‐femme. Grâce à cette mission et à sa médiatisation, l’association reçoit de nouvelles aides dont le Trophée des Associations de la Fondation Groupe EDF.

 

Cet article est extrait du Carenews Journal n°5.

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