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Interview de Bruno Lechevin, président de l'Ademe

Interview de Bruno Lechevin, président de l'Ademe
« Le don de produits agricoles est une solution qui permettrait d’éviter les pertes et de nourrir des personnes en insécurité alimentaire : près de 7 millions de Français ! » selon Bruno Lechevin, président de l’Ademe


Quelles sont les orientations de l’Ademe en matière de lutte contre le gaspillage alimentaire ?

La Loi de transition énergétique pour la croissance verte a renforcé la mission de l’Agence dans la lutte contre le gaspillage alimentaire. Nos orientations sont de trois ordres : améliorer les connaissances, sensibiliser les populations et accompagner les acteurs mobilisés.

Nous travaillons à tous les niveaux de la chaîne alimentaire (de la production à la consommation en passant par la distribution) car chaque acteur a un impact et des moyens d’agir sur le gaspillage alimentaire.  C’est ce qu’ont montré nos récentes études sur le sujet, qui apportent, pour la première fois des chiffres permettant de quantifier le gaspillage et les pertes à toutes les étapes de la chaîne alimentaire, mais aussi d’identifier les potentiels de réduction.  Des opérations « pilotes » menées avec des ménages, distributeurs et restaurants « témoins » permettent également d’apporter la preuve qu’il est possible de réduire le gaspillage alimentaire sans modifier fondamentalement nos organisations et en réalisant des économies très importantes.

Toutes ces données et retours d’expériences, nous les diffusons ensuite via une grande campagne de communication intitulée « Ça suffit le gâchis », qui propose diverses ressources pour comprendre et agir sur le gaspillage alimentaire (http://www.casuffitlegachis.fr/).

Enfin, pour accompagner l’action, nous apportons un soutien technique et financier aux collectivités engageant leurs restaurants collectifs scolaires dans une réduction ambitieuse de leur gaspillage au travers, notamment, la mise à disposition de 250 jeunes en service civique : 14 collectivités en bénéficient déjà. Nous soutenons également les associations  d’aide alimentaire afin d’augmenter le volume de don récupéré et redistribué.

Quel bilan tirez-vous de la dernière Journée de lutte contre le gaspillage alimentaire ?

Cette journée, initiée par le Ministère de l’Agriculture en 2013 et qui est aussi la journée mondiale pour l’alimentation, est une excellente occasion de sensibiliser et de mobiliser le plus grand nombre. On voit que l’intérêt collectif est très fort pour ce sujet. A notre niveau, nous essayons de profiter de cette dynamique pour faire connaître tous nos outils et faciliter cette implication de la société civile.

Quel regard portez-vous sur les dons de produits agricoles ?

Nous avons récemment chiffré le volume de pertes et de gaspillage alimentaires au stade de la production à plus de 3 millions de tonnes par an, c’est très important ! Le don de produits agricoles est une solution qui permettrait d’éviter ces pertes et de nourrir des personnes en insécurité alimentaire : près de 7 millions de Français !

Cette pratique est toutefois encore trop peu répandue, pour des raisons réglementaires, économiques mais aussi culturelles. Il faut donc accompagner les producteurs mais aussi les associations d’aide alimentaire pour développer davantage le don de produits agricoles. Il y a notamment des contraintes logistiques à lever car aujourd’hui, les associations d’aide alimentaire sont implantées plutôt en milieu urbain, à proximité des distributeurs mais aussi de leurs bénéficiaires. Les producteurs sont en revanche éloignés des centres urbains, ce qui implique des moyens financiers et humains importants pour aller récupérer ces produits. Il y a donc un modèle à trouver et nous sommes bien sûr prêts à accompagner ceux qui expérimentent dans ce domaine afin d’identifier les meilleures solutions. En cela, le travail de SOLAAL est tout-à-fait pertinent !

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