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Finaliser des études supérieures en École de Commerce

Finaliser des études supérieures en École de Commerce
Laetitia-Rachel, 24 ans, a été lauréate de la Fondation en 2012 pour son projet d’études supérieures en vue d’obtenir un Master à l’École Supérieure de Commerce de Clermont, accompagnée par le site-relais de Clermont-Ferrand.


"Après la mort de mon père en 2010, je suis passée par une période difficile qui s’est très vite ressentie dans mes résultats scolaires. J’effectuais alors une licence en Sciences et Techniques à l’Université de Bourgogne.

Cette nouvelle situation m’a fait réfléchir sur le futur et j’ai ressenti le besoin de changer complètement d’horizon et d’environnement.

C’était un moyen de m’en sortir psychologiquement, avoir une nouvelle raison de vivre, de nouveaux rêves, réapprendre à faire les choses sans un père qui m’avait toujours soutenue en tout et pour tout, quelles que soient mes décisions.

J’ai passé les concours Passerelle en 2011 et parmi les écoles qui avaient retenu mes candidatures, j’ai choisi l’ESC Clermont-Ferrand en me basant sur l’idée que je m’étais faite du campus, de la ville le jour de mon examen d’entrée, le prix de la scolarité à l’année et la réputation de l’école auprès des entreprises.

Le projet semblait parfait : j’allais changer de cursus scolaire, de ville, d’environnement ; mais le problème financier est très vite arrivé.

Avant de quitter Dijon pour Clermont-Ferrand, j’ai dû rompre un CDI avec KFC Dijon où je travaillais plus de 20H par semaine en plus de l’Université.

Dans ma nouvelle ville, j’ai envoyé de centaines de CV pour retrouver un emploi à temps partiel afin de financer mes études, mais je n’arrivais même pas à décrocher un simple entretien.

Le mois de Septembre s’est rapproché à vitesse grand « V ».

J’avais pendant tout l’été démarché les banques pour obtenir un crédit étudiant, mais toutes me demandaient une caution. Et ma mère se retrouvant seule sans le soutien financier de notre père, les banques refusaient toutes de l’accepter comme caution.

Je me suis alors retournée vers les associations auprès desquelles mon père faisait souvent du bénévolat. Restos du Cœur, Secours Catholique, et j’ai même contacté les Conseils Généraux ainsi que les Mairies.

Un jour, en allant au Secours Populaire, la directrice m’a présenté le Président d’une structure clermontoise qui lui, a mis en marche son réseau. De bouche à oreille, j’ai rencontré Pierre Croisille, de l’association Malakoff Mederic, qui m’a présenté la Fondation de la 2ème Chance et qui devenu mon parrain.

La Fondation m’a octroyé une aide de 5000 euros qui m’a permis de financer plus de 70% d’une des trois années scolaires payantes. C’est le coup de pouce qui me manquait afin de compléter des crédits étudiants que j’ai finalement réussis à obtenir, grâce à un nombre incalculable de personnes qui m’ont soutenue durant tout le processus.

Mon parrain m’a non seulement soutenue lors de ma demande de financement, mais aussi moralement en me prodiguant des conseils sérieux.

Quelquefois j’avais l’impression d’avoir la figure paternelle que j’avais perdue.

Bien entendu, nous sommes toujours en contact.

Au niveau académique, j’ai réussi à atteindre les objectifs que je m’étais fixés. J’avais les bases, la volonté, l’audace et le courage. Ma plus grosse difficulté était financière, mais je l’ai résolue en partie grâce à la Fondation, entre autres. Sans cette aide financière, je n’aurais même pas terminé ma première année à l’école.

Je serais sûrement retournée à Dijon supplier mon patron chez KFC pour qu’il me reprenne aux côtés des poulets frits ! J’aurais surtout renoncé aux études malgré moi.

L’objectif académique est atteint effectivement. Cependant, le chemin est encore long et rempli de barrières.

Il me faut encore trouver très vite un premier emploi afin de commencer à rembourser le crédit étudiant que j’ai dû prendre ; même si, grâce au soutien de la Fondation, j’ai moins à rembourser que mes camarades de promotion qui ont dû emprunter des montants beaucoup plus élevés que moi.

J’ai l’impression qu’il reste encore ce gros poids à enlever avant de penser vraiment à gagner ma vie pour moi-même et m’épanouir.

La Fondation a été pour moi un « ange gardien » à un moment où j’étais prête à tout laisser tomber. Je suis reconnaissante et surtout je veux prendre le temps de la remercier tout simplement.

Mon plus grand souhait aujourd’hui est de passer à la vitesse supérieure en trouvant rapidement un travail correspondant à ma formation, me libérer de mes démons (mes dettes) que je considère aujourd’hui comme une forme d’esclavage et de prendre le temps de renvoyer l’ascenseur à ceux qui, comme moi, vivent ce que j’ai moi-même vécu.

Un proverbe africain dit qu’un seul doigt ne peut pas laver un visage tout entier. Alors si je peux être même une petite partie d’un doigt d’une main qui s’apprête à laver un visage, je serai encore plus épanouie de voir que la relève est assurée."

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