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[Entendu] La Fabrique de l’Histoire revient sur l’Histoire du Mécénat

[Entendu] La Fabrique de l’Histoire revient sur l’Histoire du Mécénat
L’émission La Fabrique de l’Histoire animée par Emmanuel Laurentin sur France Culture a récemment consacré une série de trois épisodes au mécénat et à son histoire. Diffusés début novembre, ils se sont concentrés sur Mécène, personnage proche de l’Empereur Auguste puis sur le Théâtre du peuple de Bussang et enfin sur le mécénat religieux des femmes du Moyen-Âge et de l'Époque Moderne. Rattrapage.


Tout a commencé avec le personnage Mécène. Comme l’explique Clément Chillet, maître de conférences à l’Université de Grenoble, qui vient de publier une thèse sur l’homme à l’origine du mécénat, cette figure, conseiller de l’Empereur Auguste, a consacré sa vie aux artistes.

Proche d’Auguste et mécène dans les arts, Mécène est une personnalité beaucoup plus complexe que son nom ne le laisse penser. Célèbre pour avoir consacré sa fortune et son influence à promouvoir les arts et les lettres, il a eu un rôle politique dans la formation de l’Empire mais aussi un rôle policier, diplomatique et fiscal. Il n’a pour autant jamais été élu au sein des magistratures. Il est resté chevalier, un rôle de l’ombre qui le déchargeait ainsi d’un certain nombre d’obligations morales et lui donnait davantage de libertés. Il a réussi à s’éloigner du pouvoir tout en accompagnant la propagande impériale via le mécénat qu’il  versait aux grands poètes de son époque, parmi lesquels Horace, Properce et Virgile. Ces protégés de Mécène lui rendent d’ailleurs hommage dans leurs vers. Si Virgile le représente par des apostrophes, il est davantage caractérisé au coeur des oeuvres d’Horace et de Properce qui vantent sa lointaine ascendance étrusque et royale ainsi que ses capacités administratives et diplomatiques. Mécène savait ainsi être généreux tout en étant capable de conseiller Auguste puis Octave.

Depuis, de nombreuses personnalités se sont essayées au mécénat parmi lesquelles l’homme d’affaires russe Sergueï Ivanovitch Chtchoukine, grand collectionneur d’art moderne, auquel la Fondation Louis Vuitton consacre une exposition actuellement ou encore Maurice Pottecher, industriel vosgien qui créa le Théâtre du Peuple en 1895.

Ce théâtre a inspiré Amélie Meffre et Anne Fleury qui lui ont consacré un documentaire diffusé lors du deuxième épisode de la série portant sur l’histoire du mécénat sur France Culture.

Soutenu financièrement par son père Benjamin, à la tête d'une importante usine de fabrication de couverts et aidé de sa femme, la comédienne Camille de Saint Maurice, Maurice Pottecher ouvre un théâtre dans son village natal Bussang en 1895, un lieu destiné à tous les publics.  

Au Théâtre du Peuple se côtoient sur scène professionnels et amateurs tandis que dans la salle se mélangent toutes les couches de la société : le bourgeois, l'ouvrier, les commerçants et les intellectuels. L'idée est d'impliquer la population locale dans la vie du théâtre, tant dans la construction du lieu que dans la réalisation des décors et des costumes mais aussi en ce qui concerne les représentations. Les pièces de Maurice Pottecher, jouées par des professionnels et des habitants du village, doivent permettre aux spectateurs de réfléchir à une condition meilleure et améliorer la vie quotidienne des ouvriers. Si aujourd’hui la région est sinistrée, le Théâtre du Peuple continue d’attirer un large public et le village de Bussang vit grâce au tourisme.

Enfin, Emmanuel Laurentin a parlé du mécénat des reines et des princesses avec Cécile Vincent-Cassy et Murielle Gaude-Ferreau, auteures de “La dame de coeur” : Patronage et mécénat religieux des femmes de pouvoir dans l’Europe des XIVe-XVIIe siècles.

Durant cette période, le mécénat et le patronage religieux des reines et des princesses est l’un des modes d’expression privilégiés de leur pouvoir. Cette dynamique, représentée par des figures comme Isabelle de Bourbon, Anne d’Autriche ou encore Isabelle de Médicis, permet aux reines, qu’elles soient régentes ou consorts, de s’autonomiser par rapport au pouvoir du roi.

Le mécénat religieux reste un moyen pour ces femmes de mettre en scène leur prestige, notamment grâce aux chapelles, où sont entreposés tapisseries, objets lithurgiques et reliquaires. La chapelle d’Eleonore de Sicile lui servait ainsi à se montrer comme la plus chrétienne des femmes, celle dont les sujets imiteront le modèle.

Cette politique de charité est très importante car elle offre à la reine un pouvoir complémentaire à celui du roi. Une façon de partager l’autorité entre les sexes !

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