Quelles solutions pour les prisons?
Les chiffres sont édifiants. Près de 70 000 personnes sont détenues en France, pourtant le nombre de place en établissement pénitentiaire est de 58 500. La différence, ce sont des matelas par terre. La surpopulation carcérale, qui atteint 140% dans les Maisons d’arrêts, est souvent pointée du doigt pour dénoncer les conditions de vie inacceptables des personnes détenues dans les prisons françaises. Déshumanisation, rupture avec la société, perte d’intimité et d’identité ou encore infantilisation, sont autant de maux que l’on retrouve dans les témoignages des personnes sous mains de la justice et des professionnels qui les accompagnent.


Ces conditions ne sont pas sans conséquence puisque plus les peines sont longues, plus les chances de récidiver sont importantes. Alors que 61% des sortants de prisons sont réincarcérés dans les 5 ans, seules 32% des personnes condamnées à une peine de prison avec sursis mise à l’épreuve et 23% des personnes placées sous surveillance électronique sont recondamnées à la prison ferme*.

La réponse du Gouvernement est la création d’ici 2024 de 10 000 places supplémentaires. Pourtant, s’il est une chose sur laquelle s’accordent tous les professionnels du milieu judiciaire c’est bien que le problème des prisons ne se limite pas au surnombre et que la peine de prison n’est pas la réponse la plus adaptée. Les chiffres précédemment cités en sont témoins. Et cette solution n’est pas nouvelle, entre 1990 et 2016, plus de 20 000 places supplémentaires ont été mises en service. Dans le même temps, le nombre de détenus a augmenté de près de 24 000 personnes.

Quelles sont alors les réponses possibles ? Des établissements de plus petite taille et moins isolés, une augmentation des liens sociaux, des formations et du travail (à peine un quart des personnes travaillent en détention) et une préparation à la sortie dès l’arrivée en détention. De nombreuses associations tentent d’apporter des solutions et proposent des visites, des activités culturelles, des rencontres, qui permettent d’abord de rompre l’isolement mais aussi de rythmer les journées, à l’image de D. un détenu inscrit au programme de lecture Lire pour en Sortir « Merci de m’avoir redonné le goût de la lecture ! Je ne lisais plus depuis que j’ai quitté l’école ! Tous les jours je me donne rendez-vous avec mon livre de 18h à 20h et cela me fait du bien. » Des réponses existent, elles ont fait leur preuve, mais elles ne solutionneront pas le problème des prisons françaises sans être accompagnées d’une vraie remise à plat du système judiciaire dans son ensemble.

*Source : Prévention de la récidive et individualisation des peines – Chiffres clés – Juin 2014

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