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[DANSLESMURS] Hélène Couturier et ses lectrices à la prison de Nice

[DANSLESMURS] Hélène Couturier et ses lectrices à la prison de Nice
Son éditeur dit d’Hélène Couturier qu’elle n’écrit pas beaucoup – un livre tous les 3/4 ans – ses lecteurs et auditeurs qu’elle est en verve. Quand elle parle de son dernier livre, Il était combien de fois, Hélène Couturier fait preuve de beaucoup de générosité, de pédagogie et accueille avec bienveillance les questions. C’est ainsi que les équipes de Lire pour en Sortir ont pu la découvrir ce mardi 18 avril lors d’une rencontre avec les femmes détenues de la Maison d’arrêt de Nice.


Écrivaine, réalisatrice et scénariste, Hélène Couturier parle des difficultés d’aimer, de la sexualité, de l’enfance, de l’immigration : elle a la sensation d’avoir toujours écrit. A la question de Nadine* sur l’origine de son écriture elle répond qu’enfant elle n’aimait pas spécialement l’école, était une élève moyenne, mais qu’elle adorait lire. Elle se souvient qu’à l’âge de 9 ans c’est la lecture du Comte de Monte Christo de Alexandre Dumas qui a fait surgir cette vocation. Une vocation qu’Hélène vit comme une protection voire un exutoire : « le fait de lire et d’écrire me donnent un cadre de vie, et m’ont empêchée de partir en vrille ».

Sur le titre de son livre, Il était combien de fois, qui a intrigué plusieurs lectrices détenues, elle explique avoir voulu réagir aux contes pour enfants qui commencent par « il était une fois » et se termine par un mariage avec le prince charmant. Pour Hélène «on ne vit pas sa vie en une fois mais en plusieurs ».

Suscitant comme souvent dans ces rencontres beaucoup d’interrogations sur la part autobiographique et la part romancée présentes dans son livre, Hélène Couturier répond que selon elle rien n’est jamais ni totalement inventé, ni totalement vrai.

Les vingt personnes détenues présentes avaient presque toutes lu Il était combien de fois : elles avaient toutes travaillé sur l’ouvrage avec Brigitte, leur enseignante qui chaque jour les accompagne qui dans la lecture, qui dans l’écriture, dans la révision de fondamentaux. D’âges et de parcours différents les lectrices de la prison de Nice ont toutes en commun une soif d’apprendre, de s’évader de leur quotidien carcéral. Que ce soit par l’art thérapie, qu’elles peuvent pratiquer dans une salle dédiée aux pratiques artistiques située dans le quartier des hommes, par la lecture avec les bénévoles de Lire pour en Sortir ou grâce à leur codétenue auxiliaire de bibliothèque Virginie*, ou encore au sein de l’atelier théâtre,  les femmes détenues utilisent chaque occasion pour exprimer cette sensibilité aux choses de la vie, cette acuité si particulière que l’on retrouve en échangeant avec les personnes détenues.

Avec Hélène Couturier, dans la salle de classe qui sert aussi de bibliothèque au quartier des femmes** de la prison, la rencontre autour de ce livre situé dans Barcelone s’est terminée par une séance de dédicaces. Sabrina*, la toute petite vingtaine, comme Yvonne*, 73 ans, sont fières d’avoir fait la connaissance d’un auteur. Une « femme qui déchire » pour l’une, une femme qui l’a poussée dans ses retranchements pour l’autre…

Hélène Couturier vit entre Montpellier et Barcelone. Depuis la sortie de Il était combien de fois aux éditions Le Dilettante elle a publié un ouvrage jeunesse, Bye bye Bollywood.

* Les prénoms ont été modifiés.

** Pour mémoire, en mars 2017 plus de 69 000 personnes étaient incarcérées en France dont 2330 femmes (source OIP).

Lire pour en Sortir développe un programme de lecture personnalisé pour accompagner la réinsertion des personnes détenues, quelques soient la durée de leur peine ou leur niveau scolaire. Piloté par des intervenants en prison – souvent bénévoles d’associations comme le Secours Catholique ou l’ANVP (association nationale des visiteurs de prison), ce programme de lecture permet aux personnes détenues qui le souhaitent de recevoir un livre neuf (acheté auprès de librairies locales, à Nice la librairie Masséna). A chaque fiche de lecture rendue un nouveau livre peut être commandé, et les efforts fournis sont indiqués dans le dossier présenté au juge d’application des peines (en vue d’éventuelles RPS – remises de peine supplémentaires). Chaque trimestre une rencontre avec un auteur est également proposée.

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