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Mois de la photo : Mathieu Pernot et son exposition aux Archives Nationales

Mois de la photo : Mathieu Pernot et son exposition aux Archives Nationales
Les Archives nationales inaugurent une exposition présentant le travail du photographe Mathieu Pernot : En avion au-dessus de.... L'exposition, lancée dans le cadre du Mois de la Photo, est visible à Paris et à Pierrefitte-sur-Seine jusqu'au 19 septembre 2017. L'entrerprise Doublet est le mécène de ces expositions. Entretien avec Mathieu Pernot, artiste photographe qui travaille régulièrement sur des images d'archives.


Mathieu Pernot, né en 1970 à Fréjus, vit et travaille à Paris ; il est diplômé de l’École nationale de la photographie d’Arles en 1996. Une rétrospective de son travail a été organisée au musée du Jeu de Paume en 2014. Il a obtenu le prix Niépce en 2014 et le prix Nadar en 2013.
Plusieurs de ses séries procèdent d’une appropriation d’images d’archives à partir desquelles il élabore des déplacements de sens.

- Quel est le regard que vous portez sur les paysages français ?

L'idée du "Dorica Castra" est de donner à l'oeuvre une dimension cartographique à travers un jeu d'assemblage rendu possible par la spécificité du fonds, intégralement constitué de vues aériennes. J'ai voulu créer une grande carte de la France des années 50/60 en établissant des continuités de paysages ou d'infrastructures par la mise en réseau des cartes postales. Une chaîne de montagnes improbable s'est constituée dans laquelle les sommets des Pyrénées cohabitent avec ceux des Alpes et du Massif Central. Le littoral s'est développé par des collages successifs d'images de bords de mer où les côtes Atlantique pouvaient voisiner avec celles de la Manche ou de la Méditerranée. Des ponts de différentes générations traversent la carte, tout comme les routes, voies ferrées ou fleuves. Les premières villes nouvelles apparaissent et voisinent avec les centrales nucléaires. La carte n'est pas complète et de nombreuses pièces manquantes sont rendues visible par les espaces vides, chacun pouvant remplir ou imaginer cette part absente du paysage. J'ai voulu faire de ce travail un puzzle, un jeu d'enfant qui dessine une image à la fois légère et complexe du territoire. La vision possible d'une pie volant au-dessus de nos têtes.

- Pourquoi exposer des paysages sur des bâtiments ? 

Je suis photographe et je prends des images. Celles-ci peuvent provenir de mon expérience du monde réel tout comme de  photographies déjà existantes dont je me saisis pour en proposer une nouvelle lecture. Photographier est un acte de re-présentation d'un réel déjà existant. Dans le cas où je travaille sur des images trouvées, on pourrait dire que je présente une nouvelle fois ces re-présentations. Il s'agit d'une couche supplémentaire dans la mise à distance du réel que constitue l'acte photographique. J'entreprends alors une conversation avec ces images, je les regarde et discute avec elles en essayant d'inventer de nouvelles formules. Cela pourrait s'apparenter à une démarche conceptuelle alors que le travail relève avant tout d'intuitions et de jeux d'associations.

- Quel est l'intérêt de travailler sur ces formats / ces matières ?  

[L'exposition En avion au-dessus de...  se base sur les images du fonds Lapie, entreprise qui produisaient des cartes postales.]

Il y a peut être quelque chose qui est lié à mes souvenirs d'enfance et à une pratique générationnelle. Ces images ont toujours représenté une image heureuse et optimiste du monde pour moi (même si elles ont pu quelques fois montrer des lieux de la douleur tel que les prisons ou les hôpitaux psychiatriques).  La carte postale est à la fois l'image qu'on envoie et celle au dos de laquelle on écrit. Elle est également celle qui arrive un jour dans la boite aux lettres pour donner des nouvelles.  Ce sont des photographies voyageuses qui  circulent entre deux personnes.  L'image est multiple mais l'usage qu'en fera chacun est unique avec le tampon de la poste faisant foi.

 

 

Les Archives Nationales 

Site de Pierrefitte-sur-Seine 59 rue Guynemer, 93383 Pierrefitte-sur-Seine, du lundi au samedi de 9h00 à 16h45.

Site de Paris 60 rue des Francs-Bourgeois, 75003 Paris, tous les jours de 8h à 20h

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