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[ON Y ÉTAIT][BILAN DU MÉCÈNES FORUM DE L’ADMICAL] Inventer de nouveaux modèles

[ON Y ÉTAIT][BILAN DU MÉCÈNES FORUM DE L’ADMICAL] Inventer de nouveaux modèles
Plus de 400 personnes et de nombreux intervenants ont participé à la 2e édition du Mécènes Forum de l’Admical qui s’est tenue le 5 octobre dernier au Collège de France. #MécènesForum a même été hissé en « Trending Topic France » sur Twitter. La journée s’est axée sur la particularité de la temporalité du mécénat : entre urgence et temps long. La problématique de la porosité entre les secteurs s’est également révélée comme un sujet essentiel. Enfin, c’est la notion de prise de risques et d’audace qui a également été au cœur des discussions.


Mots d’accueil de François Debiesse et de Christophe Itier

 

L’an dernier, François Debiesse (dont vous pouvez retrouver l'interview au bas de cette page dans le Carenews Hebdo du 2 octobre) avait clos le Mécènes Forum en livrant son crédo sur le « nouveau mécénat en marche, en construction ». Lors des mots d’accueil de la session de 2017, il affirme que « le mécénat est en train de devenir un levier de plus en plus important de changement social ». La marche est enclenchée, donc. Heureusement, car « notre société manque épouvantablement de liens », précise-t-il, avant de mettre le terme d’engagement « au cœur des discussion de cette matinée du Mécènes Forum ». Christophe Itier, récemment nommé, le 18 septembre 2017, Haut-commissaire à l’Économie Sociale et Solidaire et à l’innovation sociale, a ensuite pris la parole pour présenter sa feuille de route : le mécénat, qualifié d’« intelligence collective au service de l’intérêt général », « est au cœur de notre projet politique en faveur de l’ESS ». Ce faisant, il a annoncé les grands thèmes de la matinée. « La notion du risque doit être revue si nous voulons être au rendez-vous du changement social », a-t-il déclaré, en pointant du doigt la situation de la France au niveau mondial concernant le mécénat. Il est en effet nécessaire d’«inventer de nouveaux modèles pour l’intérêt général ».

 

Le forum Mécènes & société : Audace et risque, éducation, porosité…

 

Plusieurs tables rondes s’en sont suivies. Celles du matin s’ancraient dans le cadre du « Forum Mécénat & Société » et ont eu beaucoup de succès. La première a mis l’accent sur les liens entre mécénat et recherche, pointant ainsi du doigt des questionnements temporels auxquels Carenews a consacré un focus. Après, c’est la notion d’audace dans le mécénat qui a été mise au centre des débats. Antoine Compagnon a ensuite partagé le plateau avec deux philanthropes particuliers : Antoine et Alice, 10 ans, élèves de l’École de la Philanthropie (Fondation de France et Fondations Edmond de Rothschild). Pour finir, Ariane de Rothschild, Manoelle Lepoutre, Philippe Aghion et Pierre-Michel Menger sont venus parler de leur vision du mécénat en tant que terrain nouveau de l’innovation. « Ma vision de la philanthropie est la prise de risque, qui est la volonté de pousser les barrières. Je cherche à créer des synergies en permanence. Je crois vraiment à la porosité. Un des maux de la France, c’est la volonté de créer des cases précises », déclare Ariane de Rothschild, avant d’avouer « s’inspirer de ce que font les pays dits du Sud qui ont des modèles philanthropiques inspirants ».

 

Le Forum Mécènes Pro : étude Admical, amour, art…

 

Après le déjeuner, le temps était venu de la révélation de l’étude Admical sur l’opinion des Français sur le mécénat. Frédérique Bedos, fondatrice du Projet Imagine, ajoute un peu d’amour après cette présentation tout en chiffres, tout en créant un lien avec la notion de risque déjà abordée : « comment s’approcher de son voisin si on a peur de lui ? Comment partager lorsqu’on a peur de manquer ? La peur fait bâtir des murs physiques. Il faut prendre le risque d’aimer, rencontrer l’autre et se demander en quoi je peux l’aider ? Car donner donne une grande joie ». Pour finir, elle enjoint à « connecter nos cerveaux et nos cœurs. Le mécénat, c’est de la love money. Le cerveau doit être au service du cœur et non pas l’inverse. Il faut évidemment mettre de l’intelligence, de la logique, de l’efficacité au mouvement du cœur.

Après l’art de l’amour, l’amour de l’art : le Mécènes Forum a accueilli avec joie une performance délicate par un duo d’anges blancs. Nous parlons bien sûr des danseuses du ballet Preljocaj. Angelin Preljocaj avait livré auparavant un témoignage sur le mécénat, depuis son statut d’artiste. C’est donc sur la Sonate au clair de lune de Beethoven que s’est ouvert le « Forum Mécènes Pro » de l’après-midi qui accueillait des conférences autour de thématiques stratégiques telles que les innovations pour soutenir le bien vieillir, ou autour de questions importantes comme : « comment susciter le désir d’agir ? ». Le focus a également été mis sur le mécénat des TPE/PME, sur la problématique mécénat et emploi, sur l’intrapreneuriat, sur le mécénat dans les territoires. Le panorama des conférences pro a été varié et contrasté : Stéphane Couchoux a exposé ses 27 propositions juridiques et financières, qui ont créé le débat, pour améliorer le mécénat en France avant de laisser place à Firoz Ladak et Marie-Stéphane Maradeix et à leur conviction du rôle fondamental de l’art dans la citoyenneté. Ils ont en effet exposé avec fierté une approche moins descendante et plus impliquante de la démocratisation culturelle (AIMS). 

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