[ÉCLAIRAGE] Convergences dévoile le 8e baromètre de la microfinance

[ÉCLAIRAGE] Convergences dévoile le 8e baromètre de la microfinance
Développée pour généraliser l’inclusion financière des plus précaires, la microfinance connaît cette année une nouvelle progression. Le baromètre réalisé par Convergences fait état d’une croissance de plus de 9 % du portefeuille global de prêts et du nombre d’emprunteurs actifs. Au total, ce sont 1 112 institutions de microfinance (IMF) qui œuvrent à travers le monde et participent au dynamisme du secteur.


 

 

Un portefeuille de crédit estimé à 102 milliards de dollars

 

En 2016, la microfinance présente un bilan positif. Ce sont en effet 102 milliards de dollars qui ont été accordés, par le biais de microcrédits, à près de 132 millions de bénéficiaires à travers le monde. Des chiffres en augmentation respective de 9,4 % et de 9,6 % par rapport à 2015 et qui témoignent de la croissance du secteur. Au-delà de ces constats généraux, il est possible d’identifier plusieurs tendances au sein des différents continents. L’Asie du Sud enregistre ainsi les performances les plus importantes et dénombre par exemple 78 millions d’emprunteurs, soit plus de la moitié du total mondial. L’Amérique Latine se présente quant à elle comme la championne mondiale du montant des microcrédits, totalisant 42 milliards de dollars d’encours de prêts. L’Europe de l’Est et l’Asie Centrale restent en revanche en retrait cette année, où l’activité des institutions de microfinance est en baisse, en raison de la crise économique et de la fluctuation des taux de change qui frappent cette zone géographique. Enfin, en Europe de l’Ouest, si la microfinance tend à être plutôt discrète – cette dernière se destinant plus particulièrement aux pays en voie de développement et connaissant des inégalités significatives –, elle présente néanmoins, elle-aussi, des chiffres en augmentation. Les prêts accordés s’élèvent à 2,5 milliards de dollars (+12 %), répartis entre environ 750 000 personnes. À noter également que le microcrédit est rendu possible, à échelle globale, grâce à trois sources de financement : les dépôts (57 %), les emprunts (23 %) ainsi que le capital (20 %).

 

La microfinance au service des plus précaires

 

Initiée à l’origine il y a plus de 40 ans dans les villages du Bangladesh, la microfinance a vocation à fournir aux plus précaires un accès à des services financiers, qui leur sont habituellement refusés. Parmi les bénéficiaires principaux : les ruraux et les femmes. Ces premiers représentent en effet 60 % du public total mondial, tandis que les secondes composent, plus généralement, 84 % des personnes ayant recours à la microfinance dans le monde. Un constat d’autant plus vif en Asie du Sud, où 92% des emprunteurs sont des femmes. Ces populations en difficulté, habituellement marginalisées en raison du manque de garanties qu’elles peuvent offrir aux banques, ont donc désormais à disposition plusieurs dispositifs (microcrédits, microassurance, accès à l’épargne, etc.), pensés pour lutter contre la précarisation. ONG, coopératives, fonds de dotation, banques spécialisés (regroupés sous l’appellation IMF) s’engagent alors pour assurer ces services financiers. 1112 IMF sont à ce jour recensées et s’attèlent à œuvrer pour une meilleure inclusion financière. Néanmoins, les structures et les cadres législatifs sont encore très hétérogènes au sein des pays du globe ; et il apparaît alors d’autant plus complexe de mesurer l’impact réel de ces nouvelles pratiques.

 

Microfinance et performance ?

 

Afin d’homogénéiser le secteur, différents outils ont progressivement vu le jour. En 2004, 11 principes clés ont été adoptés lors du G8, définissant plus clairement les missions et les objectifs de la microfinance. En 2012, ce sont les Normes Universelles pour la Gestion de la Performance Sociale qui ont été introduites, rendant ainsi possible l’utilisation d’un référentiel commun pour analyser les pratiques des IMF et les aider à atteindre leurs objectifs sociaux. Une préoccupation essentielle pour une finance qui se veut plus responsable et qui est toujours sommée de faire ses preuves.

Selon les données présentées par Convergences, il apparaît notamment que l’équilibre entre rendements sociaux et rendements financiers est, toutes régions confondues, majoritairement atteint, tandis que l’engagement pour les objectifs sociaux demeure plus difficile à respecter. À ce sujet, Gaël Marteau, Directeur France Oikocredit veut alors à rappeler : « Le suivi et l’analyse, non seulement des produits mais également des résultats, constituent un processus de transformation patient et qui devrait impliquer tous les acteurs, investisseurs et opérateurs du secteur de la microfinance. Et, dans l’intérêt des bénéficiaires à bas revenus, nous devrions tous rester humbles et continuer à redoubler d’efforts. »

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