Header logo

Le portail n°1 dédié à l'intérêt général

Tournesol, Artistes à l’hôpital dans les Hauts-de-France

Tournesol, Artistes à l’hôpital développe depuis de nombreuses années des actions artistiques en milieu hospitalier. Une antenne régionale existe depuis 12 ans dans les Hauts-de-France, et des projets artistiques pluridisciplinaires ont vu le jour dans plus d’une dizaine d’établissements : l’epsm de l’agglomération lilloise, l’epsm Lille Métropole, des Centres Hospitaliers (Loos-Haubourdin, Douai, Roubaix…), le CHRU de Lille, plusieurs Établissements d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes ou encore des Maisons d’Accueil Spécialisées… L’epsm de l’agglomération lilloise et Tournesol, Artistes à l’Hôpital collaborent depuis 2007. Aujourd’hui les bureaux de l’antenne Hauts de France sont hébergés sur le site de Saint André lez Lille et en 2015, une convention confie à l’association la coordination d’une partie des actions culturelles et artistiques à destination des usagers, des familles et des personnels de l’établissement dans les différents services de l’EPSM. Découverte de deux projets artistiques menés à l’epsm de l’agglomération lilloise auprès de publics hospitalisés en psychiatrie :


LA PART BELLE, UN PROJET DE RÉALISATION COLLECTIVE

C’est en 2016, qu’un nouveau projet artistique a débuté dans différentes structures rattachées à l’epsm de l’agglomération lilloise : la clinique de l’adolescent à Wasquehal, les CMP ados de Mons-en-Barœul et de Roubaix. De ce projet artistique est né un film de réalisation collective, "La Part Belle", créé en partenariat avec le collectif L a c a v a l e et le réalisateur Antoine D’heygere.

Neuf adolescents se sont projetés à l’âge de 30 ans et se sont racontés à travers des lieux et des personnes. Ce sont différentes rencontres avec des professionnels qui leur ont permis d’imaginer une vie future et de s’interroger sur leur avenir : qu’est-ce que ça veut dire être adulte ? Les adolescents ont participé à la création du film du début à la fin, c’est-à-dire de la recherche des professionnels à interviewer jusqu’au rush à réaliser pour le montage du film, réelle création collective d’une oeuvre d’art.

Ce projet a également permis d’entreprendre une réflexion sur les liens entre l’intérieur et l'extérieur, sur la frontière entre l’hôpital et la ville ou encore l’espace protégé, la clinique et la vie en dehors. Par les rencontres avec des adultes extérieurs au champ du soin, l’équipe soignante a pu re-découvrir les adolescents autrement.

Un an après la réalisation du film, plusieurs projections ont été organisées dans différents lieux culturels de la métropole lilloise. Pour l’occasion, c’est toute l’équipe du film qui s’est réunie pour présenter le projet et proposer une discussion avec les publics à la suite des diffusions. Ces rencontres ont permis, à la fois à l’équipe soignante et aux adolescents, de s’exprimer sur l’impact qu’a eu cette aventure sur leur projet de vie.

 

CLOVIS OU L'INSENSÉ, UNE SCULPTURE MONUMENTALE

Les jardins du site de Saint André s’étendent sur 24 hectares. Ils offrent aux usagers de l’epsm, mais aussi aux riverains, un espace propice à la promenade, à la rencontre, à la réflexion.

C’est dans ces jardins (mais également sur le site de Bonnafé à Roubaix), que le sculpteur Fred Martin, en résidence de création pendant plusieurs mois, a choisi d’installer une tête monumentale de six mètres de haut surnommée “Clovis, ou l’insensé” en référence à l’un des premiers patients hospitalisés en 1826 à Lommelet.

Fred Martin entretient un rapport direct avec la nature, sa matière, le paysage et le corps. Il travaille avec la terre, la malaxe, s’en recouvre, se confond avec elle, s’y abandonne. Il retrouve le chemin d’un lien très ancien entre notre humanité et l’argile dont nous sommes constitués, celui des gestes premiers, ceux que nous avons petit à petit refoulés, censurés, oubliés… Laisser des traces, travailler sur la trace, l’empreinte, symbole de ce qui a été et qui n’est plus, le passage de quelque chose dans une temporalité, la vie, la mort, la disparition, la mémoire. «J’appartiens à la terre, mais je ne suis pas la terre, je suis en devenir terre. Je marche dessus, je la parcours, je la pénètre, je tâche d’en révéler une essence, de me retrouver dans la terre, par l’empreinte, en y laissant une part de moi.» Face à deux éléments différents mais profondément et primitivement liés, la terre et l’homme, l’empreinte signe leurs rapports. Un travail symbolique de mise en relation avec la terre, la trace et l’image permettant de rendre présent ce qui est devenu absent, représenter la rencontre, le contact, la sensation.

Les éléments du visage de Clovis (nez, bouche, œil, oreille…) ont été installés dans différents espaces des jardins de l’espm pour quelques semaines puis réunis assemblés et recouverts d’une « peau » (enduit terre et ciment) par l’ensemble des participants.

L’œuvre finale est une tête avec un escalier intérieur, qui donne accès à un belvédère, duquel on peut voir par-dessus les grilles, duquel on a un point de vue différent sur l’epsm et son environnement direct, duquel on peut prendre de la hauteur.

La participation des patients, des soignants, des personnels, mais aussi des riverains, s’est concrétisée à différents stades de ce projet :  lors de sessions de "rencontres créatives" avec l'artiste en amont avant la phase de construction, afin d'expliquer la suite du projet (présentation du travail de l’artiste / performances participatives / masques aveugle). Pendant la phase de construction (mise en oeuvre de la sculpture /processus de création/mettre la main à la pâte/ apporter, construire un matériel/une matière afin de constituer l’œuvre / lits de paille / piétinement et fabrication collective du torchis).

Une fois l’œuvre installée, les possibilités sont multiples de créer des passerelles entre la ville et l’hôpital, et d’inviter chacun à porter un autre regard sur la psychiatrie.

Lors de la clôture de la résidence, les participants donnent la parole à Clovis, en répondant, sur des morceaux de tissus installés sur les grilles de l’hôpital, à la question : “Si Clovis pouvait parler, que nous dirait-il ?”

 

 

, , , , , , , ,