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Faire de la diversité culturelle un espace créatif pour les tout-petits

Faire de la diversité culturelle un espace créatif pour les tout-petits
Au sein d’un même quartier, la diversité linguistique n’est pas un obstacle au vivre ensemble. Bien au contraire. La Compagnie théâtrale L’Eygurande invite les tout jeunes enfants à découvrir auprès de leurs parents des sons venus d’ailleurs. Les mots n’ont pas de frontières, les échanges n’ont plus de barrières. Et le langage devient espace de mixité.


S’éveiller aux cultures du monde

Dans le quartier du Champtier du Coq, à Evry, le théâtre du Coin des Mondes et sa compagnie L’Eygurande sont bien connus des parents d’enfants en bas âge. Entre septembre et décembre, par groupes de 10 à 12, les tout-petits – 18 mois à 3 ans – se réunissent sous l’égide d’une comédienne professionnelle et d’une équipe d’artistes composée d’un musicien, d’une danseuse et d’un plasticien. En présence de leurs parents, assistantes maternelles ou responsables de crèche, ils construisent ensemble une histoire un peu particulière : une « polyphonie langagière » inspirée des langues parlées à la maison  ou faisant partie de l’histoire  de leurs  familles.

Car dans ce quartier d’Evry, on accueille beaucoup de « primo-arrivants » sur le territoire français. Près de 90 nationalités s’y croisent chaque jour. L’éveil artistique proposé par la Compagnie aborde la langue comme un instrument de musique. Les sons, les mots, sont des notes que l’on reproduit en puisant dans la musicalité des langues de tout pays. En réunissant les familles autour des petits, un lien fort se crée entre parent et enfant, mais aussi entre habitants et entre cultures.

Lydie Staszak, collaboratrice Bouygues Telecom, a parrainé le projet auprès de la Fondation de son entreprise : « C’est une compagnie que je connais depuis 20 ans. Le travail qui est fait est culturel, artistique, de très haut niveau, avec ce plus de lien social et d’ouverture à l’art pour ceux qui n’y ont pas accès. Ça me paraît très important, c‘est un moyen d’intégration. On a vu le résultat au sein de ce quartier d’Evry, ça a un réel succès. »

Un travail artistique sur le langage et ses richesses

Pendant une heure (ou moins), chaque participant partage avec le groupe un conte, une comptine ou un rituel de l’enfance issus de son pays natal. On respire, on chante, on bouge, et peu à peu s’instaure un dialogue créatif où petits et grands s’éveillent aux sons de tous horizons. Isabella Keiser, comédienne, est en charge de la conception artistique du projet : « à Evry, les parents se demandent quelle langue parler avec leur tout-petit. Les mamans cherchent à transmettre un univers poétique, émotionnel, qui est important pour la construction de l’enfant et ne s’oppose pas du tout à l’acquisition du français. »

Au fur et à mesure des ateliers, dans l’ambiance feutrée du théâtre, on apprend à prendre le temps de s’écouter, d’imiter, de se comprendre. Pour ensuite, à la maison, retrouver le goût de lire un livre ou de se raconter une histoire en naviguant entre plusieurs langues. « Ce n’est pas juste un moment où ils viennent consommer une activité. C’est bien plus que ça. On essaye d’amener une réflexion sur l’éveil artistique et sur les pratiques de la langue. »

Juste avant Noël, tout ce qui s’est dit pendant les temps d’échange est devenu le matériau artistique d’un spectacle participatif, joué à huis-clos. « Nous, artistes, explique Isabella Kaiser, on récolte ce qui se passe en ateliers. Puis on va en faire une proposition artistique sous la forme d’un parcours que parents et enfants vont faire ensemble. ». Comédiens, musiciens et plasticiens de la Compagnie ont mis en scène cette belle promenade au fil des cultures, par des sons, des objets à toucher, des scénographies colorées. Pour faire de l’art un langage commun qui éveille à la citoyenneté.

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