Le mécénat de compétences de la Fondation Groupe EDF au service du patrimoine

Le mécénat de compétences de la Fondation Groupe EDF au service du patrimoine
Depuis 30 ans le mécénat de compétences scientifiques d’EDF s’appuie sur une collaboration étroite entre la Fondation et la direction Recherche et développement qui met ses outils de pointe au service de la préservation du patrimoine. L’opération Château Dubuc a permis la restauration d’objets du XVIIIe siècle qui apportent un éclairage essentiel sur l’histoire de l’esclavage en Martinique.


C’est un travail de plus de trois ans qui a été réalisé dans le cadre de ce mécénat de compétences scientifiques de la Fondation. Il  porte sur une collection de 170 petits mobiliers usuels métalliques que le temps vouait à la destruction.  Une aventure scientifique qui constitue aussi une belle histoire : l'opération est en effet le fruit d'une collaboration exceptionnelle entre la Fondation Groupe EDF, l'Inrap, la direction des affaires culturelles de Martinique et le Parc Naturel régional de la Collectivité.

Le château Dubuc situé sur la presqu'île de la Caravelle appartenait à la famille du même nom de 1727 jusqu'à son abandon en 1797. Durant cette période, l'endroit faisait tout à la fois office d'habitation et d'exploitation agricole, mais était également un lieu de contrebande et de trafic d'esclaves. Commencées en 2012, les fouilles sur le site mettent au jour une importante collection d'objets métalliques sur une île où le minerai natif n’existe pas. Quincaillerie d'architecture (gonds), outils de culture (houes), ustensiles domestiques (écumoire), mais aussi – incarnation de la violence de l'époque – des armes, des boulets de forçats et des colliers d'entrave utilisés à l’encontre des populations victimes de l’esclavage.

 

Stabilisation et restauration au laboratoire

Arrivés en 2015 dans les laboratoire de la Direction Recherche et Développement d’EDF sur le site des Renardières en Seine-et-Marne, ces objets rares fragilisés par le temps, réclamaient des interventions importantes de stabilisation et de restauration afin d’assurer leur préservation. “Nous avons commencé par effectuer des prélèvements pour les observer et les analyser. Pour cela, nous avons utilisé la microscopie à balayage électronique ou la numérisation 3D habituellement mobilisées pour étudier les composants des centrales”, a expliqué Emmanuelle Pons du département Matériaux et Mécaniques des Composants qui a mené le programme.

Les objets ont ensuite été soumis à un traitement de stabilisation. “Ils ont été plongés pendant 11 à 16 mois dans un bain d’électrolyse afin de permettre à l’électricité d’accélérer l’extraction des chlorures et ainsi de les sauver de la corrosion, a continué la scientifique. En partenariat avec les archéologues de l’Inrap, les équipes du laboratoire se sont ensuite livrées à un travail de restauration sur les ferreux et les cuivreux : nettoyages des surfaces au scalpel,  microsablages, finitions…”

Ce mécénat de la Fondation EDF a mobilisé les outils de pointe de l’industrie au service de l’histoire de l’esclavage ; il va permettre à la collection d’être restituée à l’île. « Ces objets ne sont pas neutres, ils ont une valeur symbolique très forte, a expliqué Damien Leroy, conservateur régional de l'archéologie de la DRAC de Martinique. Le vernissage de la future exposition va sans nul doute marquer les esprits », a-t-il prévenu.

 

Une approche systémique du dossier

 « Archéologues, spécialistes des matériaux, professionnels du patrimoine... Cette collaboration exceptionnelle a ouvert la voie à une approche systémique du dossier, » a indiqué pour sa part Dominique Garcia, président de l'Inrap. « Les archéologues sont parfois producteurs de ruines. Grâce au partenariat avec les autorités de l’île, le site a été préservé, restauré et sera restitué au public. Au-delà de la conservation de cette collection, le travail d'expertise réalisé par la R&D d’EDF a une forte valeur scientifique. Ensemble nous avons produit de la connaissance», a-t-il affirmé.

“En mettant à disposition l’expertise de ses laboratoires et le savoir-faire de ses chercheurs, EDF participe au rapprochement de la science et de la culture, a indiqué pour sa part Laurence Lamy, déléguée générale de la Fondation. Et en soutenant ce travail archéologique qui apporte une pierre importante à l’histoire de l’esclavage, nous sommes au cœur de notre vocation : contribuer à construire une société plus solidaire, plus juste et plus humaine. » 

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