[ENTRETIEN] Trophées des Associations 2017 : Nicolas Valentim, Handischool

[ENTRETIEN] Trophées des Associations 2017 : Nicolas Valentim, Handischool
L’association Handischool, basée à Enval, près de Clermont-Ferrand, sensibilise aux handicaps, plus précisément au handicap moteur, grâce au handisport et au rugby fauteuil en particulier, depuis 2010. Fondée par Adrien Chalmin, ancien espoir de l’ASM Clermont Auvergne et international français dans la catégorie jeunes paralysés en 2005 à la suite d’un accident de rugby, l’association prône la reconstruction par le sport et utilise le handisport pour faire bouger les mentalités autour du handicap. En 2017, l’association est lauréate des Trophées des Associations de la Fondation Groupe EDF dans la catégorie « inclusion sociale » pour son programme proposant des ateliers sportifs de mise en situation de handicap dans le milieu carcéral. Nicolas Valentim, animateur au sein de Handischool, nous raconte ce que cette récompense a apporté à l’association.


 

Pouvez-vous nous décrire l’histoire de votre projet récompensé l’année dernière ?

 

Historiquement, notre association sensibilise les publics scolaires et les entreprises au handicap. Par des connaissances, nous avons commencé à intervenir au sein de la prison de Riom. Il s’agissait d’abord d’interventions ponctuelles mais, grâce aux retours des détenus, on s’est dit qu’il fallait développer le projet et intervenir plus d’une fois dans l’année. L’aide de la Fondation Groupe EDF nous a permis cela. Nous proposons aujourd’hui un cycle de huit séances de rugby fauteuil où les détenus pratiquent ce sport. Nous échangeons ensuite avec eux sur le quotidien des personnes handicapées. Nous organisons également une sortie sportive ou culturelle avec des détenus en voie de réinsertion qui vont bientôt sortir. L’année dernière, nous avions planifié une sortie ski dans la station du Mont d’or avec cinq détenus.

 

Qu’avez-vous remporté grâce au Trophée des Associations ?

 

Nous avons reçu 5 000 euros, ce qui a permis de financer le premier cycle de notre programme, l’amortissement des fauteuils car ils coûtent très cher ainsi que la sortie à ski. Il s’agit pour nous d’une somme importante qui nous a aidé à développer le programme dans de bonnes conditions. Ce trophée a donné de la visibilité à l’association, car nous avons pu nous exprimer dans plusieurs radios. La Fondation Groupe EDF nous mentionne aussi assez souvent, ça nous a aussi beaucoup médiatisés .

 

Comment envisagez-vous le développement de votre projet et d’Handischool aujourd’hui ?

 

Nous renouvelons le projet cette année avec une sortie sportive différente pour nous adresser à d’autres détenus. Nous avons discuté avec le personnel de la prison pour imaginer un programme sur du plus long terme. C’est faisable mais plus complexe. Nous aimerions aussi proposer ce dispositif à d’autres prisons mais la population est un peu plus compliquée. Le public à Riom est très variée : il y a des personnes en attente de jugement, des personnes en courtes peines et en longues peines. On ne choisit pas les détenus qui participent aux ateliers. Les moniteurs de sport de la prison les désignent parmi les volontaires en fonction de leur profil et leur comportement.

 

Qu’est-ce que l’inclusion sociale pour vous ?

 

C’est l’inclusion de tous les publics, malgré les difficultés. Ce qui nous a poussé à continuer ces interventions, c’est la phrase d’un détenu : « Vous êtes handicapés physiques et nous, on a un handicap social ». Peu importe la situation de départ, on doit pouvoir avoir des objectifs. Notre but est de donner envie aux détenus de se dire qu’après leur détention, ils pourront faire plein de choses ; comme nous, après notre accident, avons réussi à retrouver un travail, retrouver un sport, une vie de famille.

 

Auriez-vous des conseils à donner aux nouveaux lauréats 2018 et aux associations qui postuleront pour la prochaine édition ?

 

Pour ceux qui veulent postuler, j’ai trouvé le dossier simple à monter comparé à d’autres appels à projets. De plus, nous étions bien accompagnés par le délégué territorial de la Fondation Groupe EDF en Rhône-Alpes Auvergne et par ses collègues. Il ne faut donc pas hésiter à se rapprocher des équipes EDF locales. Quant aux lauréats, profitez au maximum de la communication que peut proposer la Fondation Groupe EDF, parce qu’elle a une grande portée. Ces trophées sont un tremplin pour développer son projet et le porter au bout les années suivantes.

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